Environnement

Cyclone Dumile : l’heure du bilan

Des planteurs sinistrés et des routes coupées

Témoignages.re / 5 janvier 2013

17.400 foyers restaient privés d’électricité, et 40.000 d’eau courante hier soir au moment où le préfet décidait de lever la vigilance cyclonique. C’est dans le Sud et l’Ouest que les dégâts ont été les plus importants. Les radiers de la rivière Saint-Étienne et du Ouaki ont été emportés entre Saint-Louis et Saint-Pierre, ce qui provoquera de grandes difficultés de circulation pendant au moins deux semaines. Nombreux sont les agriculteurs à avoir tout perdu. Principale infrastructure mise en service depuis le dernier cyclone, la route des Tamarins a tenu bon.

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 La route des Tamarins a tenu bon. Le viaduc de la ravine de Trois-Bassins a passé brillamment le test de son premier cyclone : la liaison Ouest-Sud est définitivement sécurisée. (photo Toniox) 

Après que son centre soit passé à moins de 100 kilomètres de nos côtes jeudi à 13 heures, le cyclone Dumile a poursuivi sa course vers les eaux plus froides du Sud de l’océan Indien. Rétrogradé hier au rang de tempête tropicale, il ne représente plus une menace.

Hier, l’heure était au bilan. Au plus fort du cyclone, 125.000 foyers étaient privés d’électricité. Plus de 50.000 étaient dans ce cas hier matin, et hier soir, EDF annonçait que 17.400 abonnés étaient encore coupés du réseau. L’opérateur s’est engagé à un rétablissement du service pour lundi au plus tard. Il a aussi rappelé le danger de s’approcher des lignes électriques, situation à l’origine d’un accident mortel hier à Trois-Bassins.

Pour l’eau, il restait 40.000 foyers sans eau courante hier soir d’après les chiffres de la préfecture. Il faudra compter plusieurs jours avant un retour à la normale, pour que les réseaux soient définitivement purgés des impuretés. Hier, la seule commune où l’eau était totalement potable était celle du Port. C’est parce que la cité maritime s’alimente par forage dans une nappe phréatique, et non pas par captage de l’eau de ruissellement.

Problèmes de circulation dans le Sud

C’est le réseau routier qui gardera le plus longtemps les traces du passage de Dumile. Dans le Sud, outre le radier du Ouaki, celui de la rivière Saint-Étienne a été emporté. Une course contre la montre est lancée pour que le radier soit reconstruit avant la fin des vacances scolaires. À compter de la décrue, deux semaines de travaux seront nécessaires. Le chantier du nouveau pont prendra par conséquent du retard puisque ses accès ont aussi été détruits, ainsi que les échafaudages. Hier soir, la route de Cilaos restait fermée à la circulation.

Dans le Nord, les radiers de Sainte-Suzanne et du Chaudron étaient également interdits à la circulation. La route du littoral a été rouverte hier, mais ses environs devront faire l’objet d’une inspection.

Quant à la route des Tamarins, elle a passé avec brio le test de son premier cyclone. Toutes les infrastructures ont tenu bon, ce qui garantit à notre pays une liaison sécurisée entre l’Ouest et le Sud. Que de progrès par rapport à l’avant-route des Tamarins, quand il fallait se risquer à passer par la zone inondable de l’Hermitage, ou sur les routes de moyenne altitude serpentant entre les radiers.

Catastrophe pour les planteurs et les plus pauvres

Moins médiatique, mais très grave est la situation des agriculteurs. Cela faisait plus de 5 ans que La Réunion n’avait pas connu le passage d’un cyclone. La principale conséquence de cette période anormale, c’était la sécheresse. Le manque d’eau était partout, même à Salazie, comme le rappelle un communiqué de la Chambre d’agriculture. Depuis deux ans, cette sécheresse avait un impact non négligeable sur les récoltes, entrainant des pertes pour les planteurs. Mais la violence du cyclone a noyé de nombreuses exploitations, en particulier en maraîchage. Les planteurs « sont aujourd’hui victimes d’un véritable carnage avec des pertes en fruits et légumes de presque 100%. Il faudra plusieurs années avant que l’agriculture de Salazie retrouve sa vitesse de croisière » , affirme la Chambre d’agriculture.

Les planteurs vont connaître une baisse de leurs revenus, auront-ils droit à la solidarité nationale pour faire face aux conséquences d’une catastrophe naturelle ? Les fruits et légumes frais vont donc devenir rares, les prix vont flamber. Les consommateurs vont donc perdre du pouvoir d’achat. Cela sera surtout le cas pour ceux qui n’ont pas un salaire leur permettant de se payer la vie chère. Pour tous ces Réunionnais, les produits du maraîchage seront hors de portée. Pour éviter cela, l’État donnera-t-il enfin aux plus pauvres une prime de vie chère pour faire face à cette brutale chute de pouvoir d’achat ?

M.M.



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Messages






  • Comment reagir . Des mots de compassion. Des mots d’encouragements.
    Nous preferons des actes. Nous avons lance il y a quelques jours un appel a la solidarite pour nos compatriotes qui souffrent aujourd hui apres le passage de ce cyclone Dumile .
    Merci de nous communiquer l adresse d une association humanitaire. Nous prendrons contact avec elle et nous ferons suivre nos solidarites.
    Meme a 10 000 kilometres nous sommes Reunionnaises et Reunionnais .
    Collectif Reunionnais en Metropole OUBLI PA NOU et association A.O.M.
    zordi OUBLI PA SAK le dan la MIZER.
    telephone 09 83 50 41 97 ou par email aimetecher974@gmail.com
    Merci.

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