Environnement

Deux pétrels n’ont pas survécu

Des oiseaux équipés de balise Argos

Témoignages.re / 26 avril 2010

Plus d’une semaine après leur envol au cap La Houssaye (Saint-Paul), deux jeunes pétrels de Barrau équipés de balise Argos n’ont pas survécu vendredi 23 avril. La Société d’études ornithologiques de La Réunion, en partenariat avec le laboratoire d’écologie marine de La Réunion, avait relâché 3 pétrels le jeudi 15 avril et un quatrième le jeudi 20. Ces balises Argos de quelques grammes fonctionnant à l’énergie solaire fixées sur les plumes des jeunes oiseaux permettent aux chercheurs du laboratoire d’écologie de suivre le déplacement, pour l’instant inconnu, effectué par ces jeunes oiseaux durant leurs premiers mois de vie en mer. Les deux oiseaux les plus résistants, Tiyab et Kayamb, se portent bien, quant à eux. Ils ont été localisés en mer à plus d’une centaine de kilomètres de La Réunion.

Ce vendredi 23 avril à 12h, Tiyab continuait de dériver vers l’Ouest : « Il n’a pas encore commencé sa migration », commente le laboratoire Ecomar. Aux dernières nouvelles, il se trouvait à environ 150 km de La Réunion.

Kayamb, quant à lui, après 1 semaine en mer, ce vendredi 23 avril à 12h, se trouvait à environ 70 km à l’Ouest de La Réunion. « Comme Tiyab, il n’est pas très actif et passe son temps posé sur l’eau à dériver... », expliquent les chercheurs.

« Une fois leur premier vol effectué, les jeunes se posent beaucoup en mer. Ils s’exercent à voler, se musclent aussi », note Patrick Pinet du laboratoire Ecomar. Il faut savoir que ces jeunes pétrels font leur apprentissage seuls. « Les parents ne les accompagnent pas. Ils sont nourris pendant 3 mois par les parents alors qu’ils sont nichés dans leur terrier à plus de 2.000 mètres d’altitude. Ensuite les adultes retournent en haute mer. Les jeunes quittent le nid par instinct. On ignore où les conduisent leurs capacités innées. Vont-ils rejoindre les zones de migration des adultes ou se disperser dans l’océan Indien ? », s’interroge Patrick Pinet.

Quant à Tikaf, ce vendredi à 12h, sa balise n’avait émis aucun signal depuis plus de 4 jours. « Nous pensons qu’il n’a pas survécu à ses premiers jours en mer. Ce passage à la phase marine est un vrai bouleversement pour les jeunes pétrels où ils doivent tout apprendre seuls... Tikaf n’a pas réussi à passer ce cap... », déplorent les scientifiques.

Il avait pourtant commencé sa migration dès le samedi 17 avril à 21h00. Il était localisé à 114 km dans le Nord-Ouest de La Réunion. Les dernières localisations (dimanche 18 avril à 6h du matin) montraient que Tikaf poursuivait sa route en direction du Banc des 90 miles, un haut lieu de la pêche au fond.

Tidalon, c’est le petit dernier de l’aventure. Il avait été lâché le 20 avril à 16h30, cinq jours après les trois premiers pétrels. « Malgré un envol parfait, Tidalon s’était posé à quelques centaines de mètres de son point de lâcher. Il avait été secouru par l’équipage du catamaran "La Di La Fé" qui l’avait croisé dans les parages puis recueilli par un bénévole de la SEOR », expliquent les chercheurs. Une nouvelle tentative de décollage avait eu lieu ce mercredi 21 avril.

« La deuxième tentative de Tidalon fut encore un échec. Un pêcheur du Port l’avait récupéré sur le rivage ce jeudi 22 avril et avait prévenu la SEOR. L’oiseau avait été amené au centre de soins, mais il n’a pas survécu. Comme pour Tikaf, Tidalon n’a pas réussi son premier envol. Nos premières données de tracking semblent hélas confirmer le fort taux de mortalité des jeunes oiseaux marins au moment de leur premier envol », commentent les ornithologues.

Les échouages de pétrels de Barau continuent. Une ligne directe vers la Société d’études ornithologiques de La Réunion, le 0262-20-46-65, est en service pour les personnes qui recueilleraient un pétrel échoué.

Par ailleurs, il est possible de suivre Kayamb et Tiyab sur le site internet du Parc national.


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