Environnement

Hansa Brandenburg : vers une catastrophe écologique ?

Pollution dans l’océan Indien

Témoignages.re / 30 septembre 2013

La démolition d’un porte containers pose question. Le Hansa Brandenburg avait été ravagé par un incendie aux causes inconnues le 15 juillet dernier au large de Maurice, entre Singapour et Durban. Dans un communiqué, Robin des Bois tire la sonnette d’alarme.

Le 15 juillet 2013, un incendie se déclare à bord du Hansa Brandenburg (OMI 9236236), porte-conteneurs de 176 m de longueur et d’une capacité de 1740 evp (conteneur équivalent vingt pieds) sous pavillon du Libéria. Le navire se rend de Singapour à Durban (Afrique du Sud) et se trouve à 200 milles nautiques (370 km) de l’Ile Maurice. Les 17 marins n’arrivent pas à éteindre le feu qui se propage et sont évacués par le Donau Trader un autre porte-conteneurs qui se détourne et les ramène sains et saufs à Port-Louis (Ile Maurice). Le navire en feu dérive pendant plusieurs jours jusqu’à ce que les sauveteurs de Five Oceans Salvage et Smit Salvage maîtrisent l’incendie dans la journée du 19 juillet ; il est pris en remorque et reçoit l’autorisation de gagner lui aussi Port-Louis en vue d’expertise et d’éventuelles réparations.

L’histoire se complique. L’origine du feu n’est pas connue ; il aurait pris dans un conteneur situé sous le pont, un peu à l’avant des locaux de navigation et d’habitation qui sont dévastés. Le Hansa Brandenburg est devenu un site pollué ; des analyses mettent en évidence de fortes concentrations en métaux lourds dans les résidus d’incendie (plomb, cadmium, chrome, zinc, arsenic...). Les autorités mauriciennes n’autorisent pas le déchargement des conteneurs brûlés et des résidus. A la mi-septembre, des sources annoncent la vente du porte-conteneurs pour démolition.

A la différence de NSB (Niederelbe Schiffahrtsgesellschaft mbH & Co KG) l’armateur allemand du porte-conteneurs MSC Flaminia, Leonhardt & Blumberg, l’armateur allemand du Hansa Brandenburg n’a pas pris la peine d’enlever les conteneurs brûlés, les résidus d’incendie et les eaux d’extinction avant de le vendre à la démolition par le biais d’un courtier qui selon ses usages l’enverra en Inde ou au Pakistan. L’épave est vendue en l’état, avec sa cargaison calcinée, ses matières dangereuses, ses eaux d’extinction contaminées et 1600 tonnes de fioul de propulsion ; son remorquage et sa démolition mettront gravement en danger l’environnement marin, la sécurité et la santé des démolisseurs.


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