Environnement

KER-Europe Écologie pour la prise en compte des spécificités réunionnaises

Plan départemental d’élimination des déchets

Témoignages.re / 9 décembre 2010

Après le 25 novembre dernier, une nouvelle conférence était organisée mardi 7 décembre par Europe-Écologie-Les Verts pour présenter une contribution à l’enquête publique sur le Plan départemental d’élimination des déchets ménagers et assimilés (P2DMA). Différence par rapport à la première conférence, elle était cette fois organisée par les membres de la Koopérative ékologie Réunion (KER), parmi lesquels Rahiba Dubois, Jean-Pierre Marchau et Christophe Pomez.

« Il n’y a pas de dissidence », souligne Rahiba Dubois, membre de KER et d’Europe Écologie–Les Verts pour justifier cette 2ème conférence de presse. L’élue saint-pauloise assure que le mot d’ordre au sein du nouveau parti écologiste est « rassemblement ». « Des discussions sont en cours », indiquent les représentants de KER Europe Écologie–Les Verts. « Nous regrettons juste que nous n’ayons pas été invités à la première conférence de presse », poursuit Christophe Pomez. D’où cette seconde conférence de presse durant laquelle les membres du parti écologiste ont présenté une contribution « différente » à l’enquête publique sur le Plan départemental d’élimination des déchets.

Tout d’abord, Jean-Pierre Marchau a souligné qu’il « faut inventer un système de gestion des déchets qui prenne en compte les spécificités locales », à savoir l’insularité et le contexte social. « On ne peut pas importer sur l’île le système allemand par exemple où 1% des déchets est enfoui contre 84% à La Réunion », explique-t-il. Les membres de KER-Europe Écologie les Verts préconisent donc la « collecte séparative des bio déchets » pour permettre « de réduire la masse des déchets et de préserver la possibilité de construire une économie du déchet ».

Ils se disent donc défavorables à l’incinération, idée déjà écartée par le Département, et au Tri mécano biologique (TMB), qui est inclus dans le projet de P2DMA actuel. « Ni l’incinération, ni l’enfouissement ne sont des solutions durables. Le Conseil général doit remettre en cause la filière des TMB sous peine d’être confronté à d’insurmontables problèmes d’écoulement des composts et à des coûts croissants », expliquent les représentants écologistes. Ils insistent également sur la nécessité de prendre en compte le contexte local. « La culture du tri n’est pas encore ancrée à La Réunion. Le TMB déresponsabilise les Réunionnais car ils n’ont pas à trier. Ce n’est pas une bonne idée », précisent-ils.

Par ailleurs, contrairement aux autres membres d’Europe Ecologie–Les Verts, ceux de KER sont plus prudents concernant la mise en place d’une taxe incitative sur les ordures ménagères. Le 25 novembre dernier, Jean Erpeldinger s’était dit favorable à une taxation selon le poids ou le volume de déchets produits. « Plus tu produis de déchets, plus tu dois payer », expliquait-il. « C’est un système à double tranchant », nuance Christophe Pomez. « Il faut bien réfléchir avant de mettre ce système. Il peut conduire à certaines dérives comme pousser les gens à jeter leurs déchets dans les ravines ou dans les poubelles de leur lieu de travail », signale l’élu écologiste.

Enfin, comme dans la première contribution, les membres de KER, Europe Ecologie–Les Verts préconisent « l’éducation de la population sur la nécessité de produire moins de déchets et de trier davantage ». Ces propositions ont été déposées au Conseil général mardi 7 décembre.


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