Environnement

L’adaptation c’est arrêter de construire sur le littoral

La promenade des Roches noires engloutie par la mer

Manuel Marchal / 24 décembre 2012

Le 20 décembre dernier, une partie de la promenade des Roches noires à Saint-Gilles les Bains a été engloutie par l’océan. Le niveau de la mer monte, l’érosion emporte le sable et les infrastructures disparaissent. Depuis de très nombreuses années, le PCR appelle à la mobilisation pour s’adapter à cet impact du changement climatique.

Le 20 décembre dernier, un événement a une nouvelle fois rappelé la vulnérabilité de notre littoral à la force de l’océan. Une partie de la promenade de Saint-Gilles s’est effondrée dans la mer. C’est la conséquence de la disparition progressive de la plage à cet endroit. Les fondations du mur ont alors été en contact direct avec la mer. C’est tout d’abord l’escalier qui s’est détaché, puis une grande partie de la promenade a suivi jeudi, entrainant tous les équipements installés : lampadaire, bancs publics. Par mesure de sécurité, il n’est plus possible de s’approcher de la mer dans ce secteur, ce qui porte un coup dur à tout projet d’aménagement voulant valoriser cette partie du littoral.

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L’effet du changement climatique

Dans notre pays, ce n’est pas le seul phénomène spectaculaire de l’érosion des plages. À quelques kilomètres de Saint-Gilles, les racines des filaos de la plage de l’Hermitage sont mises à nu. À l’origine, elles se trouvaient dans le sable, elles n’y sont plus aujourd’hui, c’est la conséquence de l’érosion.

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Avec l’amplification des effets du changement climatique, ce phénomène va s’aggraver. Le niveau de la mer va monter. Les coraux seront encore plus fragiles qu’aujourd’hui à cause de l’acification des océans. Ils ne pourront plus remplir le rôle de protecteur des côtes comme aujourd’hui. Pendant ce temps, la force des vagues ne diminuera pas.

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Depuis de nombreuses années, le Parti communiste réunionnais appelle à organiser l’adaptation de notre pays à ce changement inéluctable. Force est de constater que la classe politique pour l’essentiel refuse d’entendre ou préfère regarder ailleurs. Mais cela n’est pas parce que l’on évite de parler d’un problème qu’il ne se produira pas.

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À ce jour, le plus bel exemple de refus de voir la réalité est le projet de Didier Robert de route en mer à six voies. Alors que se dégagent dans le monde de nombreuses convergences pour dire qu’il ne faut plus investir dans d’importantes infrastructures sur le littoral, la Région Réunion s’accroche à une époque qui n’existe plus. Elle persiste à communiquer sur un projet qui ne pourra jamais tenir face à la force de l’océan. Car la mer d’aujourd’hui, et a fortiori de demain, ce n’est pas la mer d’il y a 50 ans quand fut mise en service la première route du littoral.

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Il appartient donc à ces responsables politiques de se ressaisir et de regarder la réalité : le littoral est vulnérable. L’adaptation, c’est construire ailleurs que sur le littoral. L’urgence, c’est de protéger la population exposée au danger de la montée du niveau de la mer en attendant de trouver une solution durable pour son relogement.

Manuel Marchal


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