Environnement

L’eau de plus en plus chère et rare au Bénin

L’eau : un enjeu essentiel du 21ème siècle

Témoignages.re / 13 octobre 2009

En dépit de l’augmentation du coût du mètre cube aux consommateurs depuis le 1er juillet dernier, l’eau courante se fait de plus en plus rare dans les robinets des abonnés de la Société nationale des eaux du Bénin (SONEB), structure chargée de fournir l’eau aux populations des villes béninoises.

La tranche sociale de 0 à 5m3 est maintenue à 198 FCFA, celle de 0 à 50 m3 est passée de 415 FCFA à 453 FCFA, suite à l’augmentation dans la même période du prix de l’électricité.

Le but final annoncé par la direction de la société est de pouvoir offrir un service de qualité aux abonnés et de répondre à l’un des objectifs du millénaire qui est l’accès à l’eau potable pour tous.

La SONEB a un besoin d’investissement qui s’élève à 100 milliards FCFA dont 60 milliards FCFA pour la ville de Cotonou. Ce montant permettra à la société de financer le développement de son réseau, de répondre à certaines contraintes technologiques.

De l’eau seulement la nuit

Trois mois après cette augmentation, les populations, qui s’attendaient à une amélioration des services et un accès permanent à l’eau, se plaignent de ce que les coupures soient devenues plus courantes et plus longues.

Dans la capitale économique du Bénin, les habitants de plusieurs quartiers n’ont l’eau que la nuit, au moment où tout le monde dort et la demande presque inexistante.

Fidjrossè, Akpakpa, Vèdoko et Cadjèhoun, pourtant des quartiers bien situés de la métropole béninoise font souvent les frais de ces coupures d’eau qui exposent les populations à de réels problèmes de santé.

Plus déplorable, les habitants de ces quartiers passent tous les week-end robinets ouverts, guettant la moindre goutte du liquide précieux.

Acheter des petits sachets d’eau

Les plus nantis se procurent des fontaines qui leur permettent de constituer des réserves, tandis que les démunis, eux, n’ont autre choix que d’attendre la moindre apparition du liquide pour lequel ils ont pourtant souscrit à un abonnement.

D’autres sont devenus des abonnés aux petits sachets d’eau communément appelée "pure water". "J’en utilise 5 sacs de 20 sachets par jour, ce qui me revient à 1.125 FCFA", confie dame Amélie qui ne peut plus utiliser l’eau du puits, depuis la naissance, il y a deux mois, d’un bébé dans sa famille.

"Pure water est devenue mon unique source, pour tous les usages, mais chose étonnante, la facture est plus élevée que d’habitude", poursuit-elle.

Ses voisins, moins nantis, eux, se servent de l’eau d’un puits abandonné dans une maison du quartier, qu’ils désinfectent avec de l’eau de Javel.

Un réel problème de santé

"On n’y peut rien devant les coupures intempestives d’eau courante", se résigne la mère de famille, une quinquagénaire qui explique qu’au début, ils se servaient de l’eau du puits uniquement pour leur lessive, mais se sont vus contraints de s’en servir pour tous les autres usages après cinq jours de coupure, n’ayant pas de quoi s’acheter de l’eau minérale pour toute la maisonnée.

"C’aurait été plus facile si nous étions dans une localité autre que Cotonou où il faut creuser profondément avant d’avoir accès à l’eau", se plaint Abassi Issifou, un père de famille, qui a dû se procurer des bidons de 50 litres qu’il dissimule dans la malle arrière de sa voiture pour s’approvisionner dans les zones où il en trouve en cas de pénurie dans son quartier.

L’administration publique n’échappe pas à cet état de choses qui pose un réel problème de santé. Dans plusieurs services de l’administration, les responsables bloquent carrément les infrastructures sanitaires pour empêcher certains agents indélicats de les salir.


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