Environnement

L’érosion gagne le littoral atlantique

Aménagement

C.T. / 25 janvier 2014

Depuis plusieurs années, la côte atlantique est confronté à d’important phénomène climatique, comme les assauts de l’océan créant de l’érosion. La côte française est désormais vulnérable en raison de l’élévation du niveau de la mer due aux changements climatiques.

En plus du niveau de la mer en augmentation, des phénomènes d’érosion sont perceptibles sur les côtes et des submersions marines, a expliqué Patrick Bazin, responsable du département de la gestion des sites du Conservatoire du littoral, au quotidien Le Monde.

1.720 km de côte reculent

Selon les statistiques du Commissariat général au développement durable (CGDD), un quart du trait de côte métropolitain, soit 1.720 km, recule du fait de l’érosion marine, alors que moins d’un dixième « s’engraisse » en gagnant des terres sur la mer. « L’érosion est un phénomène naturel millénaire qui s’est aggravé ces dernières décennies en raison des activités humaines », a expliqué Sébastien Colas, de l’Observatoire du littoral et de la mer.
« Les constructions sur le littoral, comme les ports, digues ou épis, bloquent les mouvements des sédiments mobiles portés par les courants marins, tandis que les barrages sur les fleuves empêchent les sédiments d’arriver en mer. Au final, la mer gagne sur les plages de sable et sur les falaises calcaires » a ajouté ce dernier.

La région la plus touchée est l’Aquitaine, car la côte sableuse longue de 238 km, recule ainsi en moyenne de 1 à 3 mètres par an (m/an), avec des pointes de 6 à 10 m/an, d’après les chiffres du groupement d’intérêt public (GIP) Littoral aquitain. Cet organisme qui regroupe les collectivités territoriales et l’Etat, a mit en évidence que la situation ne va pas s’arranger avec les années. D’après les données analysées, l’évolution de l’aléa d’érosion indique que, à l’horizon 2020, 79 km de la côte sableuse seront touchés par un aléa moyen, c’est à dire un recul de moins de 2 m/an et 34 km par un aléa fort, soit plus de 2 m/an.

Intensification de l’érosion

Le GIP a indiqué qu’en 2040, « 150 km seront touchés par un aléa moyen à fort, soit 2.233 hectares, principalement des espaces naturels et forestiers, mais aussi des zones d’activités, de loisirs, et des habitations ». Pour Sylvain Mondon, de l’Observatoire national sur les effets du réchauffement climatique (ONERC), « le réchauffement climatique a comme conséquence notamment la hausse du niveau marin puisque, au XXe siècle, le niveau de la mer s’est élevé d’environ 20 cm. Dans tous les cas, l’érosion qu’elle soit aggravée ou atténuée, sera modifiée par l’évolution du niveau marin au cours des prochaines décennies ».

L’érosion a pour conséquence des risques de submersion, car « avant, quand les tempêtes touchaient la côte, elles inondaient surtout des marais ou des zones agricoles », a expliqué Patrick Bazin. Désormais, « l’urbanisation en dur s’est accélérée sur le littoral avec son attrait grandissant, ce qui a accru les risques d’inondations des habitations et des équipements ». Pour le Commissariat général au développement durable, « 153.000 logements étaient à moins de 250 mètres de côtes en recul en 2006 (en augmentation de 7% depuis 1999) et 800 000 personnes habitaient en zone basse, essentiellement dans le Nord-Pas-de-Calais », a relevé Le Monde.

Pour faire face à ces phénomènes, le ministère de l’écologie avait lancé un appel à projets, fin décembre 2012, afin de mettre en place une stratégie nationale de gestion du trait de côte, pouvant mener à des démarches pilotes de relocalisation des activités et des biens menacés par les risques littoraux. Les projets des collectivités devraient être financée à hauteur de 600.000 euros sur deux ans. Face aux changements climatiques et à leurs conséquences, des projets sont mit en place afin d’adapter le territoire et d’anticiper les catastrophes naturelles à venir.

 SaiLin 


Kanalreunion.com