Environnement

La concertation pour aller vers l’adhésion la plus large

Plan départemental d’élimination des déchets ménagers et assimilés

Manuel Marchal / 22 juillet 2010

La stratégie sur 10 ans en matière d’élimination des déchets est actuellement et jusqu’en septembre en phase de concertation. Elle comporte une solution technique visant à recycler 50% des déchets et à éliminer les résidus par le procédé de la stabilisation avant enfouissement, et une nouvelle manière de gérer cette question en associant les partenaires dans le cadre d’un Comité de suivi et d’un Observatoire. Le projet de base enrichi et amendé par la concertation fixera alors les grandes orientations. C’est ensuite aux communautés d’agglomération de les mettre en œuvre tout en y ajoutant si elles le souhaitent d’autres expérimentations.

Compétent en matière de planification relative au traitement des déchets, le Conseil général a la responsabilité de présenter un Plan départemental d’élimination des déchets ménagers et assimilés (PDEDMA). L’objectif est donc de définir une stratégie à 10 ans sur cette question, en obtenant l’adhésion de tous sur des orientations. Ce sont ensuite les communautés d’agglomération, compétentes pour ce qui concerne le traitement des déchets, qui ont la responsabilité d’appliquer ces orientations.
Après la présentation par la Commission consultative PDEDMA en février dernier d’une proposition de solution dite "stabilisation avant enfouissement", les autorités sont amenées à donner leur avis. Celui du préfet appelle à la discussion, déclare Éric Fruteau, vice-président du Conseil général délégué à l’Environnement chargé de piloter ce dossier.
La phase de discussion avec les services de l’État ont d’ailleurs commencé, précise Éric Fruteau. Le projet présenté est en effet une base de travail que la concertation doit amender et enrichir, en tenant compte en particulier de la situation des sites de traitement et du contexte socio-économique.
C’est sur le résultat de cette concertation que se prononceront les élus du Conseil général au mois de septembre avant le lancement de l’enquête publique. En dernier ressort, ce sont les conseillers généraux qui signeront l’acte final de la naissance du Plan départemental d’élimination des déchets ménagers et assimilés au mois de décembre lors d’une séance plénière.

« Associer tout le monde »

Le projet de base est d’ores et déjà le résultat d’une première phase de concertation dans un Comité de pilotage réunissant les cinq communautés d’agglomération (CINOR, CIREST, TCO, CIVIS et CASUD), les services de l’État, la Région, le Conseil général, les Chambres consulaires. Il préconise pour les 10 ans à venir un objectif ambitieux : recycler à La Réunion 50% des déchets qui seront produits dans notre île en misant en particulier sur une réduction à la source, et donc en créant les conditions de l’émergence de nombreux emplois liés à la valorisation.
Éric Fruteau souligne l’importance d’« associer tout le monde pour l’élaboration d’un plan applicable par tous ». « Tous les partenaires se sont réunis autour de la table », ajoute-t-il en précisant que ce PDEDMA est un « plan de transition pour préparer 2020 ».
Ce plan offre en effet une vision sur 10 ans pour les objectifs chiffrés et les solutions techniques, mais voit aussi plus loin en anticipant l’après 2020 dans le domaine de la gouvernance. « Nous proposons d’installer un Comité de suivi et un Observatoire des déchets pour faire le lien entre les objectifs fixés et la réalité », indique le vice-président du Conseil général. L’Observatoire concernera notamment la Région, compétente en matière de l’élimination des déchets de l’industrie. Il aura pour mission d’assurer une mise à jour régulière des données. « C’est une innovation qui va dans le sens de la mutualisation des moyens », précise Éric Fruteau.

Le rôle des intercommunalités

Trouver une solution technique au problème des déchets est une des priorités de la mandature au Conseil général, rappelle l’élu. La base de travail reste la position majoritaire exprimée par le Comité de pilotage, à savoir un axe fort de prévention, une création de richesses et d’emploi à partir d’un taux de recyclage de 50%, et la stabilisation avant enfouissement comme procédé technique proposé.
Mais d’autres techniques peuvent également entrer en jeu, comme la production de biogaz, sur la base d’une volonté d’expérimentation à l’initiative des communautés d’agglomération. Rappelons qu’aucune d’entre elles n’a fait part de son adhésion à l’incinération. Or, ce sont ces communautés d’agglomération qui auront au final la responsabilité de mettre en pratique les orientations fixées par le Plan départemental d’élimination des déchets ménagers et assimilés voté par le Conseil général.

Manuel Marchal


Stabilisation avant enfouissement

Voici les principales caractéristiques de la technique préconisée pour traiter les déchets qui ne seront pas recyclés.


La stabilisation fait partie de la famille des traitements mécano-biologiques des déchets résiduels. Elle consiste à dégrader la matière organique contenue dans les déchets et présente plusieurs avantages, à savoir :
• une diminution des impacts environnementaux de l’enfouissement ; après dégradation organique du déchet, le produit résultant est plus stable,
• l’augmentation de la durée de vie des Centres d’Enfouissement par la réduction du volume, du poids.

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Voici la technique proposée pour le traitement des déchets : réduction du volume avant enfouissement.

Les trois axes prioritaires du projet PDEDMA

1- Prévention : réduction de 7% de la production des déchets ménagers
Il s’agit de prendre des mesures et des actions visant à réduire les quantités de déchets produits, leur nocivité, et à améliorer leur caractère valorisable.
Différentes actions peuvent y concourir : l’exemplarité de l’État et des collectivités, la promotion du compostage, l’action STOP PUB, la suppression des sacs plastiques sur les marchés forains, la promotion d’une consommation éco-citoyenne....
L’atteinte de cet objectif nécessite d’importants investissements et une très forte implication des Collectivités pour accompagner le changement de comportement des habitants.

2- Valorisation : recycler 50% des déchets produits
Il s’agit d’améliorer les performances de valorisation matière et organique.
L’atteinte de cet objectif repose sur une communication accrue (pour améliorer les performances), la mise en place d’outils de collecte (déchèteries), de tri (centre de tri, plate forme de compostage, plate forme de tri des encombrants) et surtout sur le développement de filières de valorisation.

3- Traitement des déchets résiduels : maîtriser les impacts du traitement des déchets résiduels, réduire les quantités à enfouir
Le Plan a prévu pour traiter les déchets résiduels les équipements suivants :
• 3 installations de traitement mécano-biologique par stabilisation permettant de récupération de certains matériaux en vue d’un recyclage et de stabiliser la matière organique avec production d’un stabilisant destiné au stockage en Installation de stockage de déchets non dangereux (ISDND),
• 2 Installations de stockage de déchets non dangereux (au minimum).


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