Environnement

« La dynamique du changement est déjà irréversible »

Ban Ki-moon, secrétaire général de l’ONU

Témoignages.re / 20 juin 2012

Dans un éditorial publié dans plusieurs journaux dans le monde, dont "Der Spiegel" en Allemagne, Ban Ki-moon, Secrétaire général de l’ONU, explique que le modèle du « brûler et consommer est mort et enterré. Plusieurs initiatives prises dans des pays en développement montrent que des alternatives sont possibles.

Rio+20 est une étape d’un long chemin. Le fameux Sommet “Planète Terre” de 1992 a mis la question du développement durable sur le devant de la scène mondiale. Aujourd’hui, nous avons une conception plus large et plus nuancée de cet impératif vieux comme le monde : comment mieux équilibrer les besoins de développement d’une population mondiale de plus en plus nombreuse pour que tous puissent récolter les fruits de la prospérité et d’une forte croissance économique, et la nécessité de conserver les ressources les plus précieuses de la planète : la terre, l’air et l’eau. À Rio, plus d’une centaine de chefs d’État et de gouvernement se joindront à quelque 25.000 participants pour tracer la voie de l’avenir. Depuis trop longtemps, nous cherchons à atteindre la prospérité à force de brûler et de consommer. Ce modèle-là est mort et enterré. À Rio, il faut commencer à en inventer un nouveau, un modèle pour l’économie du XXIème siècle, qui brise le mythe selon lequel il faut choisir entre croissance et environnement. De plus en plus, nous comprenons que s’ils se dotent de politiques publiques avisées, les États peuvent assurer la croissance de leur économie, réduire la pauvreté, créer des emplois décents et accélérer le progrès social tout en respectant les ressources naturelles non renouvelables de la Terre.
Ainsi, à mon sens, la dynamique du changement est déjà irréversible. Les preuves abondent, sous nos yeux, dans des pays, grands et petits, riches et pauvres. L’Afrique du Sud, la Barbade, le Cambodge, l’Indonésie et la République de Corée, parmi tant d’autres, adoptent déjà des stratégies de croissance verte, qui utilisent mieux les ressources limitées, créent des emplois et favorisent le développement à faible émission de carbone. L’Arménie, l’Azerbaïdjan, l’Égypte, le Kenya, la Jordanie, la Malaisie, le Mexique, le Népal, le Sénégal et l’Ukraine emploient des technologies vertes dans divers secteurs, de l’agriculture au tourisme.
La Chine s’est engagée à produire, d’ici à 2020, 16% de son énergie à partir de ressources renouvelables, et prévoit d’investir, dans le cadre de son actuel plan quinquennal, plus de 450 milliards de dollars dans le recyclage des déchets et les technologies propres.
Au Brésil, le secteur de la gestion des déchets et du recyclage emploie plus de 500.000 personnes, dont la plupart vivent en marge de la société.
Au titre de sa nouvelle loi nationale pour la garantie de l’emploi rural, l’Inde a commencé à payer les citoyens pour qu’ils gèrent mieux les ressources naturelles, comme les forêts et l’eau douce.
Partout, les autorités nationales et les autorités locales adoptent des principes et des pratiques qui, mises ensemble, pourraient nous aider à passer de la perspective d’un désastre écologique et de la hausse des inégalités sociales à une nouvelle ère de croissance durable et équilibrée pour tous.


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