Environnement

La moitié des sites du Patrimoine mondial menacés par des activités industrielles

Le WWF lance l’alerte

Témoignages.re / 7 avril 2016

Selon le dernier rapport du WWF, 114 des 229 sites naturels et mixtes inscrits au Patrimoine mondial sont menacés par des activités industrielles néfastes. Concessions pétrolière, minière ou gazière, surpêche, exploitation forestière illégale, surexploitation des ressources en eau, infrastructures de transport ou de tourisme : les menaces sont nombreuses.

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La Grande barrière de corail en Australie fait partie des sites menacés. © Xanthe Rivett/ CAFNEC / WWF-Aus

Reconnus par l’UNESCO pour leur valeur universelle exceptionnelle, c’est-à-dire leur beauté naturelle, leur biodiversité, leurs caractéristiques géologiques ou écologiques, ces sites incarnent la notion d’aire protégée par excellence. Il n’existe pas de plus niveau de protection de l’environnement.

En sauvegardant de vastes aires d’habitat, plus de 279 millions d’hectares au total, les sites contribuent également au développement économique et social. S’ils sont gérés soutenablement, ils assurent aux communautés locales des moyens de subsistance pérennes et renforcent la résilience aux catastrophes naturelles et climatiques. Plus de onze millions de personnes, l’équivalent de la population du Portugal, dépendent des 114 sites menacés pour subvenir à leurs besoins, se loger, travailler.

Gouvernements et entreprises interpellées

Sur la base des recommandations du rapport, le WWF exhorte également les gouvernements nationaux à interdire toute activité industrielle pouvant avoir un impact sur la valeur universelle exceptionnelle des sites du Patrimoine mondial. Ils doivent notamment soumettre les multinationales aux normes les plus strictes en matière de responsabilité sociale des entreprises (RSE).

Le WWF appelle également le secteur privé à prendre ses responsabilités : les entreprises doivent s’engager à ne plus exercer d’activité susceptible de dégrader les sites du Patrimoine mondial et les investisseurs à cesser de financer tout projet ou toute entreprise impliquant une activité de ce type.

 « Nous devons prendre conscience du fait que ce ne sont pas seulement les Hommes qui protègent les sites du Patrimoine mondial mais aussi les sites qui protègent les Hommes. Ce que nous attendons des gouvernements et des entreprises, c’est qu’ils privilégient la création de valeur à long terme à une quête de profits à court terme et respectent le statut de ces lieux magiques. Il est indispensable de se détourner des activités industrielles néfastes pour s’orienter vers des alternatives durables qui nous permettront à la fois de valoriser et de préserver ces sites qui sont sources de bénéfices économiques et non-économiques pour les populations locales mais aussi et plus largement pour nous tous. », indique Marco Lambertini, directeur général du WWF International.

« Reconquérir notre capital naturel »

Pour Pascal Canfin, directeur général du WWF France, « Les sites inscrits au Patrimoine mondial occupent 0,5 % de la surface de la Terre. La beauté et la richesse des paysages naturels et de la biodiversité qu’ils abritent en font les joyaux de la couronne. Si nous ne sommes pas capables de protéger cette toute petite partie de notre planète, qui peut penser que nous serons capables de protéger le reste ? Le temps est venu de reconquérir notre capital naturel qui est la base de notre économie car il n’y a pas d’un côté les enjeux de la biodiversité et d’un autre les enjeux économiques. »

Les sites du Patrimoine mondial ont un rôle déterminant à jouer pour atteindre les Objectifs de développement durable (ODD) de l’Agenda 2030 pour le développement durable adopté en septembre 2015 par les États de l’ONU.


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