Environnement

La Niña, responsable des pluies diluviennes en Australie

Inondations

Céline Tabou / 7 janvier 2011

Les inondations dans le Nord-Est de l’Australie affectent plus de 200.000 personnes, ont affecté une quarantaine de villes, sur un territoire grand comme la France et l’Allemagne réunies. Les services météorologiques australiens ont attribué cette catastrophe au phénomène climatique La Niña.

Selon les services météorologiques, ce phénomène climatique est réapparu en juillet 2010 dans le Pacifique, suite aux conditions météorologiques extrêmes. Le Queensland, zone la plus touchée par les intempéries, a connu l’année la plus humide depuis que les relevés existent.

La Niña se caractérise par une hausse des températures de la surface de la mer des secteurs central et oriental du Pacifique. Selon l’Organisation météorologique mondiale (OMM), le phénomène s’accompagne en général de fortes pluies en Indonésie, Malaisie et Australie, des périodes de sécheresse en Amérique du Sud, des tempêtes dans l’Atlantique tropical, des vagues de froid en Amérique du Nord et un temps pluvieux dans le Sud-Est de l’Afrique. L’OMM a indiqué en octobre que La Niña devrait durer encore six mois, annonçant des moussons plus intenses et plus d’ouragans.

L’eau continue à monter

Les autorités s’attendent à de nouvelles pluies et passages orageux dans les jours à venir. Depuis novembre, des inondations sans précédent ont isolé une quarantaine de villes, avec une hauteur des eaux pouvant atteindre 10 mètres. Tuant une dizaine de personnes, les eaux infestées de serpents rendent très dangereux le travail des secouristes.

Le Queensland est l’une des régions d’Australie a être touchée par les inondations, mais est aussi la principale ville productrice de charbon du pays. Les inondations ont déjà coûté 754 millions d’euros, et entraîné des retards de production à l’industrie minière locale, qui fournit la moitié des besoins mondiaux de coke de charbon nécessaire à l’industrie sidérurgique. Selon le ministre des Ressources de l’État, le secteur perd 100 millions de dollars par jour. « Nos mines sont à 75% arrêtées en raison des inondations, cela a un gros impact sur les marchés internationaux et sur la production mondiale d’acier », a déclaré la ministre à EuroNews. Ce dernier a ajouté que « cette catastrophe est sans précédent dans le Queensland par son étendue ».

Céline Tabou 


La nécessité d’anticiper les changements climatiques

Les récentes inondations en Australie ont montré que les conséquences des changements climatiques pouvaient toucher des zones auparavant peu concernées par les inondations. Comme l’a rappelé, à de nombreuses reprises, le président de l’ONERC, mettre en place une politique d’aménagement du territoire et de prévention permettrait d’éviter de telles catastrophes naturelles : inondations, glissements de terrain, coulées de boues meurtrières.
En effet, anticiper les risques naturels devrait écarter toute perte humaine, et limiter les dégâts matériels. Cependant, alors que l’année 2010 a été la plus meurtrière, car témoin de catastrophes naturelles jamais rencontrées depuis près de 50 ans dans certains pays comme le Pakistan, l’Inde, l’Amérique latine, et aujourd’hui l’Australie, il devient urgent de se concerter pour mettre en place une politique environnementale, afin non seulement de faire face aux risques naturels, mais aussi de réduire les émissions de gaz à effet de serre.


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