Environnement

La pêche aux requins commence

Saint-Leu – Saint-Gilles

Témoignages.re / 11 août 2012

Hier vendredi 10 août 2012, en début d’après-midi, les équipes de l’IRD (Institut de recherche pour le développement) ont pris la mer, à la recherche de requins. L’objectif est de réaliser de nouveaux marquages pour accélérer la connaissance du risque squale. Mais il s’agit aussi de débuter les opérations de pêche au requin, comme cela a été décidé en préfecture le lundi 6 août 2012. Pour cela, deux bateaux sont partis du port de Saint-Gilles et un de Saint-Leu en début d’après-midi.

Pour rappel, ce sont 23 requins qui ont été marqués depuis le début du programme CHARC (Connaissances de l’écologie et de l’habitat de deux espèces de requins côtiers sur la côte Ouest de La Réunion), dont 9 bouledogues et 14 tigres. Mercredi 8 août 2012, les bateaux étaient ressortis à la recherche de nouveaux spécimens, mais aucun requin n’avait été marqué. 

En ce qui concerne les prélèvements, rappelons qu’il a été décidé de mener des opérations de pêche au requin dans un volume limité afin de réévaluer le risque de ciguatera. Il s’agit de prélever 20 requins (10 bouledogues et 10 tigres). L’objectif des scientifiques est notamment de cibler un requin-bouledogue, de préférence une femelle de plus de deux mètres, annonçait “Le Quotidien” dans son édition d’hier.

(Source Imaz Press Réunion)

Commercialisation des squales - selon l’“Agence France Presse”

« Les Réunionnais ne veulent pas du requin mangeur d’hommes »

La préfecture a annoncé le lundi 6 août le prélèvement de 20 requins (bouledogues et tigres) à visée scientifique. L’objectif étant d’analyser leur toxicité en vue de leur commercialisation. Toutefois, cette pêche serait finalement peu intéressante pour les pêcheurs, les Réunionnais n’étant pas de gros consommateurs de requins. Ils « ne veulent pas du requin mangeur d’hommes », dit l’“AFP” (Agence France Presse). Sur l’île, seules trois espèces sont autorisées à la vente selon l’arrêté du 24 décembre 2009 : les requins à peau bleu, les pointes blanches du large et le mako. Pourtant, ce dernier est en voie de disparition et placé par WWF dans le top 10 des espèces les plus menacées.

« En dehors de quelques vieux pêcheurs, les Réunionnais ne mangent pas de requin et donc n’en achètent pas », déclare Johnny Nicole, un poissonnier de Saint-Pierre, dans un article de l’“AFP” publié ce mercredi 8 août 2012. Ce dernier y affirme aussi ne vendre que du mako, l’une des trois espèces de requin autorisées à la vente à La Réunion, mais classée dans le top 10 des espèces les plus menacées par WWF. 


Chamima Asvat, gérante d’une poissonnerie à Saint-Denis, également interrogée par l’“AFP”, elle, affirme que « seuls quelques anciens apprécient le requin ». « Ils ne jurent que par le mako dont ils aiment la chair ferme comme de la viande », dit-elle, avant de préciser qu’il « est excellent cuisiné avec du massalé ». Toutefois, ses clients préfèrent généralement acheter du thon ou de l’espadon, pourtant deux fois plus chers, note l’“AFP”.



Quant aux requins-bouledogues et tigres, de nombreux poissonniers estiment qu’ils ne rencontreront pas un grand succès dans les assiettes des Réunionnais, « en raison de leur réputation de tueurs », souligne l’“AFP”. Jean-René Enilorac, Président du Comité des pêches de La Réunion, reconnaît par ailleurs que la chair du bouledogue « n’attire pas beaucoup les consommateurs » et que l’animal ne « vaut pas la peine d’être pêché sans subvention », en raison d’un prix très bas à 1 ou 2 euros le kilo, poursuit l’“AFP”. 



De plus, le requin-bouledogue et le requin-tigre sont interdits à la commercialisation puisqu’ils sont vecteurs potentiels de ciguatera, sévère intoxication alimentaire due à la présence possible dans la chair du requin de l’une des plus puissantes toxines marines connues. 



C’est pourquoi la préfecture a décidé d’organiser des opérations de pêche dans un volume limité. Il s’agira de pêcher une dizaine de requins-bouledogues et une dizaine de requins-tigres afin d’écarter le risque ciguatera, en vue de leur commercialisation. C’est l’Arvam (Agence pour la recherche et la valorisation marines) qui sera chargée d’analyser les prises. 



Selon l’“AFP”, la seule étude sur la ciguatera date de plus de dix ans et avait montré qu’elle était responsable de 77% des intoxications d’origine marine entre 1986 et 2001.


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