Environnement

La Région « massacre » l’environnement

L’Alliance souligne le décalage entre les faits et la communication de la Région Réunion

Céline Tabou / 17 septembre 2014

A l’occasion d’une conférence de presse, les conseillères régionales de l’Alliance, Catherine Gaud et Maya Cesari ont tenu à dénoncer « le syndrome 2010 » de Didier Robert en matière de développement durable.

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Catherine Gaud et Maya Césari.

Un syndrome dû à « la communication à outrance » de la Région visant à mettre en exergue son « exemplarité en matière de développement durable », alors que la majorité omet la politique menée par la précédente mandature. Au moment où, le monde axe ses politiques autour du développement durable, « jamais l’environnement n’aura été aussi menacé à La Réunion », a dénoncé Catherine Gaud.

Le « manque de politique volontariste » de la Région

Les deux conseillères ont pointé du doigt le « cynisme » du président du conseil régional, Didier Robert, qui a mis fin dès son arrivée à de nombreux projets en matière d’énergie renouvelables, comme la géothermie. Pour Catherine Gaud, il y a un réel « manque de politique volontariste sur les énergies renouvelables ». Pire « la Région n’arrête pas de faire de la communication depuis 2010. Plus c’est gros, plus ça passe ». Cette dernière a pointé du doigt le retard pris par La Réunion depuis 2010.
Rappelant les grandes lignes de la politique environnementales de la précédente mandature, Catherine Gaud a fustigé la majorité actuelle assurant « de qui se moque-t-on ? ». « On n’a pas cessé d’être préoccupé par le développement durable, on était en avance », et pourtant la nouvelle ministre de l’Ecologie, Ségolène Royal, a signé une « déclaration d’intention » permettant à la Martinique de développer les énergies renouvelables et de devenir « une île durable, territoire à énergie positive pour la croissance verte ».
Une déclaration d’intention qui afflige le groupe de l’Alliance, car ce dernier en avait signé une en 2006, lorsqu’il était à la tête de la Région. Pour les élues, « La Réunion a perdu sa position de leader » sur plusieurs dossiers comme la géothermie, l’énergie thermique des mers, mais aussi « la construction de panneau photovoltaïque le long de la route des Tamarins pour des bornes de recharge pour les voitures électriques ».

La Réunion à la traîne

Désormais « La Réunion ne s’inscrit plus dans une dynamique de développement durable », a assuré Catherine Gaud, d’autant plus quand la Guadeloupe va prochainement accueillir une conférence internationale sur la biodiversité et le changement climatique, précédemment organisée à La Réunion : « il va y avoir un travail concret qui va se poursuivre pendant que la Région est dans une logique de communication mensongère ».

Pour Catherine Gaud, le summum du « cynisme » est la décision de Didier Robert de relancer des études sur la géothermie. Point d’orgue de la contestation de deux élues, le communiqué de presse de la Région, suite à la rencontre entre Didier Robert et Ségolène Royal, indiquant « Ce texte fondateur initié par le Président Didier Robert lors de la Conférence Internationale sur le Climat et l’Énergie qui s’est tenue en juin à La Réunion vise à faire entendre la voix de La Réunion et des îles dans leur capacité à agir et à s’engager dans le sens d’un développement durable pour nos territoires ». Une phrase dénoncée par Catherine Gaud, qui ironise sur « le syndrome 2010 » de Didier Robert, car « il communique beaucoup et nie ce qui a été fait auparavant ».
Cette dernière met en avant l’abandon du tram train, qui est « un acte extrêmement grave » et « une audace de la part de la Région, car cela va contre le développement durable ». La conseillère régionale n’a pas fait l’économie de mot pour dénoncer la politique de Didier Robert : « massacre pour La Réunion », « compromet l’avenir de La Réunion ».

« Un choix archaïque »

Pour Maya Cesari, la NRL « tourne le dos au développement durable » et est « une erreur historique pour La Réunion ». « Nous ne sommes qu’au début, nous allons voir l’erreur et les difficultés que va rencontrer La Réunion avec cette nouvelle route », a expliqué cette dernière. Pour les deux élues Didier Robert « tue l’avenir d’un réseau ferré pour plusieurs années, voir plusieurs générations ».

D’autant plus que le budget alloué pour la NRL « bloque les capacités budgétaires de la Région » dans d’autre domaine, et notamment l’investissement. Maya Cesari a rappelé que le tram train devait être livré en 2017. L’élue a dénoncé le « choix archaïque de société » de la Région en construisant la NRL. D’autant plus qu’"on est complètement à l’encontre de l’évolution du monde », qui met l’accent sur l’énergie propre.
Autre point important pour l’Alliance, la destruction de l’environnement, à la fois en matière de matériaux et de protection des animaux. En effet, cette route est « un massacre pour l’environnement ». Tout d’abord, concernant les matériaux « il y a toujours un problème. On a besoin de 20 millions de tonnes de matériaux, dont 8 millions de roches massives qui sont rares à La Réunion », a expliqué Maya Cesari.

Le « cynisme de la Région »

Cette dernière a d’ailleurs évoqué les contentieux entre la Région et certains maires qui refusent de voir des carrières sur le territoire. « La population ne veut pas de carrière, car elle ne veut pas de la destruction de son environnement », a expliqué la conseillère régionale. « Ce n’est pas la dérogation du préfet qui va changer l’opinion de la population » a assuré l’élue.

Enfin concernant la protection des animaux, il est certain que les travaux auront un impact sur la vie des baleines. « Le cynisme de la Région est de demander l’inscription du chemin des baleines au patrimoine de l’Unesco, alors que leur chemin est fragile et sensible aux effets sonores », a expliqué Catherine Gaud.

Pour Maya Cesari, « on ne peut pas se prévaloir d’être intéressé par la menace sur les cétacés et vouloir faire une route qui va créer des pollutions sonores sur le trajet des baleines ». « On se moque vraiment du monde », a assuré cette dernière qui a évoqué la nécessité de développer l’aménagement du boulevard sud pour endiguer les embouteillages.

Des décisions en faveur du développement durable


Catherine Gaud a évoqué quelques dates de la mandature de Paul Verges, des décisions politiques en faveur du développement durable.

1999 : priorité à l’autonomie énergétique pour 2025 et création de l’ARER
2002 : lancement de l’agenda 21 et de la SR21
2003 : premier plan d’action de l’A21 et du PRERURE. Premier lycée HQE ?
2004 : premier panneaux photovoltaiques et mise en place du schéma éolien
2005 : adaptation du PR2D et augmentation du programme de chauffe eau solaire. Le GIEC se réunit à La Réunion ?
2006 : création de la coopération inter-île pour définir l’autonomie énergétique.

« On voit bien qu’il y avait une réelle politique volontariste en matière de développement durable » a assuré l’élue de l’Alliance.


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