Environnement

La Réserve naturelle marine de La Réunion donne sa position

Réduction du risque requins

Témoignages.re / 11 août 2012

Suite à la manifestation qui s’est tenue devant ses locaux mardi dernier, la Direction de la Réserve naturelle marine de La Réunion a souhaité réagir dans un communiqué afin d’expliquer les principes qui ont été actés avec la délégation reçue de 6 personnes, qui représentait la Ligue de surf, l’association P.R.R. et la chasse sous-marine.

« Ces principes avaient déjà été communiqués dans les médias lors d’actions de communication de la Réserve naturelle marine de La Réunion, mais les manifestants souhaitaient avoir la confirmation du positionnement de notre structure :

• Pour la réduction du risque requins en mettant en place ou participant à des mesures de réduction du risque requins

Dès la mise en place d’un comité de réduction du risque requins, la Réserve naturelle marine de La Réunion a été partie prenante de cette instance.
Elle a participé à l’ensemble des ateliers mis en place en 2011 qui ont permis le lancement du programme scientifique CHARC. Elle a participé à la mise en œuvre scientifique du programme de marquage des requins. Le personnel de la Réserve naturelle marine de La Réunion était également présent sur les bateaux pour aider aux opérations de marquage des requins.
Enfin, la Réserve naturelle marine de La Réunion a donné l’autorisation à l’IRD et au CRESSM de mettre en place les récepteurs des stations de suivi des requins marqués sur les dispositifs d’amarrage qui lui appartiennent.
Par ailleurs, le Conseil scientifique de la Réserve naturelle marine de La Réunion a émis un avis favorable aux mesures expérimentales de réduction du risque requins mises en place par la Mairie de Saint-Paul, en particulier les filets de sécurisation.
En 2012, elle a accompagné la Ligue de surf dans le protocole de surveillance des spots de surf qui a permis la mise en place des 25 vigies requins.
Elle a accompagné également la Mairie de Saint-Leu dans la mise en place d’un protocole de surveillance et de réduction du risque requins.
Elle a été interrogée dans le cadre des entretiens réalisés par le bureau d’études Biotope qui conduit l’étude socio-économique qui permettra de comparer plusieurs systèmes de réduction du risque requins mis en place dans les autres pays concernés par la même problématique.
La Réserve naturelle marine de La Réunion participera ou demandera à participer aux réunions de travail qui permettent de définir les mesures de protection du risque requins puisque cette problématique est intégrée dans le plan de gestion de la Réserve naturelle marine de La Réunion, qui est la feuille de route à 5 ans de l’espace naturel.

• Pour les prélèvements préventifs de sécurisation de requins en utilisant des méthodes pêche adaptées et des lieux à déterminer

La réglementation actuelle de la Réserve naturelle marine de La Réunion permet déjà de pêcher le requin dans environ 80% de son territoire sous certaines modalités, en fonction des zones et des types de pêche :

- La pêche sous-marine est autorisée dans les zones de périmètre général qui représente 50% du territoire de la Réserve naturelle marine de La Réunion, en dehors des passes qui sont des zones de reproduction de poissons.

- La pêche professionnelle est autorisée sur le territoire de la Réserve naturelle marine de La Réunion à la palangre dans les zones de périmètre général et les zones 2B, à la traine dans les zones 2A. 49 pêcheurs professionnels ont une licence de pêche professionnelle leur permettant de pêcher sur le territoire de la Réserve naturelle marine de La Réunion.

- La pêche traditionnelle est autorisée pour les 800 pêcheurs traditionnels selon la réglementation en vigueur et définie par arrêté préfectoral.
Les espèces de requins-bouledogue et tigre ne sont pas des espèces protégées.
Cependant, les prélèvements ne devront pas être effectués à n’importe quel prix. Un contrôle et une surveillance sur les espèces pêchées, les lieux où se déroulerait cette pêche et les techniques de pêche employées doivent être réalisés. En effet, les prélèvements ne doivent pas être effectués en nombre massif, ce qui entrainerait un déséquilibre accru dans l’éco-système. Les espèces de requins récifaux de type requin gris, Carcharinus longimanus, à pointes blanches, à pointes noires, ne doivent pas être pêchées, car contrairement aux requins-bouledogues ou tigres, ce sont des espèces qui sont associées aux récifs.
Ces prélèvements n’amèneront en aucun cas un risque zéro sur les sites de spots de surf.

• Pour une orientation des suivis scientifiques centrée sur la frange littorale

Depuis le début des années 70, des études scientifiques sont réalisées sur le lagon de La Saline les bains et de l’Ermitage, qui sont les sites récifaux les plus étudiés.
Depuis 15 ans, un suivi de l’état de santé des récifs coralliens et des populations de poissons est effectué tous les ans. 14 stations sont suivies ainsi chaque année. Ces sites figurent parmi les plus étudiés dans le monde.
Dans le cadre du plan de gestion de la Réserve naturelle marine de La Réunion, il est prévu 59 actions de conservation qui seront menées dans les 5 années à venir.

• Pour un travail mené en collaboration de tous afin d’avoir une gestion globale du risque requins (gens de la mer , riverains, scientifiques, services de l’État…)

La Réserve naturelle marine de La Réunion fonctionne avec une instance de gouvernance participative et consultative : le comité consultatif qui réunit 44 structures réunies dans 4 collèges (services de l’État, collectivités locales, associations, citoyens et personnes scientifiques qualifiées). Ce comité se réunit une fois par an pour émettre un avis sur des dossiers tels que le plan de gestion de la Réserve naturelle marine de La Réunion.
Un travail collaboratif a déjà été amorcé avec certains acteurs et usagers de la mer puisque la Réserve naturelle marine de La Réunion a reçu à plusieurs reprises la Ligue de surf, le Groupement des plongeurs professionnels, le Comité régional de pêche professionnelle, des citoyens, mais également l’association PRR en 2012.

• Pour une présence humaine dans l’eau

La Réserve naturelle marine de La Réunion a participé à la mise en place des vigies de surveillance requins avec la Ligue de surf.
Elle autorise dans le cadre de la réglementation la pratique d’activités nautiques dans des zones déterminées telles que le surf (pic constaté de 79 surfeurs pour le spot de Trois-Bassins), le kayak, la plongée, le kite-surf, la baignade (pic de près de 800 baigneurs sur La Saline), le paddle… En dehors de la problématique du requin, certaines activités nautiques continuent à être pratiquées telle que la baignade dans le lagon, la plongée.
La Réserve naturelle marine de La Réunion réunit 80% des récifs coralliens de La Réunion. En 2007, elle a été créée pour protéger un patrimoine naturel de plus de 3.500 espèces. Sans Réserve naturelle marine, aucune activité nautique ne pourra perdurer. Aujourd’hui, la présence de la Réserve naturelle marine permet de développer des activités rattachées à son territoire. Elle permet la création d’activités et d’emplois. La Réserve permet enfin d’être également une barrière physique contre les risques d’inondation du littoral, donc joue un rôle primordial de protection des populations. En la supprimant ou la modifiant, ces activités ne pourront plus être pratiquées de manière pérenne et le risque d’inondation sera développé à long terme.

Le GIP – Réserve nationale marine de La Réunion


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