Environnement

La sécheresse sévit en France

Des milliers d’agriculteurs proches de la catastrophe

Céline Tabou / 10 mai 2011

Toute l’Europe du Nord est touchée par une sécheresse inhabituelle en cette période. Selon les météorologues, cette situation pourrait durer encore « quelques semaines, ou même quelques mois » en raison d’un « front de hautes pressions atmosphériques très persistant », a expliqué l’Organisation mondiale de la météorologie (OMM).

En France, le mois d’avril a été exceptionnellement doux avec des records d’ensoleillement battus dans certaines villes, comme Lyon. En plus de cette hausse des températures, d’environ 4°C au dessus des moyennes de la saison, la pluviométrie est au plus bas.
« En quatre mois, il n’est tombé que la moitié des précipitations habituelles. La sécheresse s’est accentuée en mars et en avril, entraînant jusqu’à 70% de déficit de pluies. Toute la France est touchée, à l’exception des rivages méditerranéens (Languedoc-Roussillon, Côte d’Azur et Corse) » a expliqué Dominique Raspaud, prévisionniste de Météo France.

Un «  comité sécheresse  » se réunira le 16 mai

La ministre de l’Écologie, Nathalie Kosciusko-Morizet, a souhaité qu’un comité soit organisé afin de faire le point sur la situation en France. « J’ai convoqué le comité sécheresse pour la mi-mai et à partir de là, il y aura une réunion toutes les six semaines, l’idée étant d’aider tous les usagers à anticiper la situation possible à l’été » en évoquant également les cultures et les barrages par exemple, a-t-elle annoncé sur la radio Europe 1.
Pour le moment, dix-sept départements ont annoncé des restrictions de l’usage de l’eau. Ces restrictions ont été confirmées par la ministre, « s’il ne pleut pas dans les semaines qui viennent, on aura un risque de sécheresse cet été, qui a été anticipé sur un certain nombre de départements sur lesquels il y a déjà des restrictions ».
Ce comité réunit des représentants de différentes directions comme la santé, l’alimentation, l’agriculture et la forêt ainsi que de celles de l’environnement et du logement et devrait aboutir à la production d’un plan national de préparation au changement climatique qui prévoit de réduire tous les usages de l’eau. Ce plan sera présenté en juin au gouvernement.

Premières victimes : les agriculteurs

Les céréaliers ont fait connaitre leur crainte, vis-à-vis de la restriction de l’usage de l’eau. Le secteur agricole connait déjà des heures difficiles depuis 2009, ces nouvelles pourraient entrainer des pertes considérables pour les éleveurs et agriculteurs.
« Du fait du manque de fourrage, on s’achemine vers une troisième année de crise. Une année complète de sécheresse serait une véritable catastrophe pour l’élevage. L’alimentation destinée aux animaux, plus rare, va nécessairement être plus chère, alors que les caisses des exploitations, elles, sont vides » a indiqué Dominique Barrau, secrétaire général du premier syndicat agricole français, la FNSEA au Point.fr.
À cela s’ajoute le changement climatique constaté depuis 30 ans, et particulièrement les incendies en Russie, et les inondations en Australie, qui ont réduit de 5,5% les rendements moyens mondiaux de blé et de 3,8% ceux du maïs. Les éleveurs voient leurs réserves de fourrage diminuer et ils craignent de manquer d’eau pour le bétail a expliqué Dominique Barrau. Toute la profession reste vigilante mais les inquiétudes persistent, « aujourd’hui, nous n’avons aucun indice météo qui nous rende positifs ».

Céline Tabou


Kanalreunion.com