Environnement

Le chantier majeur de l’eau à La Réunion

Face à l’évolution de la ressource

Céline Tabou / 27 juillet 2012

L’état de la ressource en eau dans notre île interroge sur notre capacité à anticiper la gestion de ce bien précieux quand nous serons un million sur notre île.

L’Office de l’eau Réunion a dressé un bilan de l’état de la ressource en eau pour le mois de juin 2012. En dépit de bon résultat en mars et avril 2012, le niveau des rivières et nappes phréatiques a diminué. Les zones les plus touchées sont le Sud et le Sud-Ouest, contrairement aux autres zones où le niveau reste globalement supérieur ou égal aux normes saisonnières, ces deux dernières sont en déficit.
D’après l’Office de l’eau, les débits restent excédentaires dans l’Est avec entre plus de80% à La Plaine des Palmistes, plus de 25% à Sainte-Suzanne et la rivière des Roches, plus de 17% à Salazie et sur la rivière des Marsouins. Seul Bras Panon affiche de légers déficits avec moins de 7%. Dans le Nord et l’Ouest, les débits de la rivière Saint-Denis et de la ravine Saint-Gilles restent normaux pour la saison, soit plus de 4 et 2%.
Les débits du cours d’eau diminuent, ce qui indique selon le communiqué de presse de l’Office, que les "conditions hydrologiques de la ressource en eau" sont "très défavorables aux différents usages pour les mois à venir". En ce qui concerne, les eaux souterraines, "même si les niveaux piézométriques moyens sont en baisse, l’état des ressources reste excédentaire à l’exception du Sud/Sud-Ouest". Les préoccupations persistent dans le Sud et Sud-Ouest car "les ressources en eau souterraine sont déficitaires" et les niveaux moyens mensuels sont toujours inférieurs aux minimums historiques sur ces trois systèmes.
L’eau est devenue un enjeu fondamental dans l’optique de 2030, avec un million d’habitants de plus dans l’île. Pour pouvoir répondre aux besoins, des aménagements devront être réalisés à l’avenir sur tout le territoire pour contrer le risque de sécheresse. Pour cela, il est possible de réutiliser l’eau de pluie, avec entre autres, la retenue collinaire pour les agriculteurs. L’interconnexion des réseaux sur le modèle de l’électricité est un moyen d’aller vers une gestion plus économe. Ces solutions peuvent éviter de gaspiller comme nous l’avons vu trop souvent dans le passé. La centrale hydroélectrique de Sainte-Rose à quelques mètres au-dessus de la mer en est un exemple malheureux.

Céline Tabou

L’interconnexion des réseaux

Pour pouvoir favoriser la répartition des ressources en eau afin d’améliorer l’irrigation de la côte ouest de l’île, le Conseil général a investi 44 millions d’euros en décembre 2011. À l’avenir, la collectivité s’est engagé à la mise en service de l’ensemble du périmètre irrigué du littoral Ouest, sur l’interconnexion des réseaux hydro agricoles du Bras de La Plaine et Bras de Cilaos. Cette dernière permettra un écoulement plus facile de l’eau, ajouté au développement de retenues collinaires qui permettront de réutiliser l’eau de pluie.

Assainir pour satisfaire les besoins

Les nouveaux besoins dus au million d’habitants devront être assouvis à travers des investissements à réaliser pour garantir la qualité de l’eau et respecter les normes en matière d’assainissement. De puis des des années, la priorité a été donnée à l’adduction d’eau qui nécessite des financements conséquents, mais qui pour l’heure n’ont pas été mis à disposition. Selon la Diren, la mise en conformité réglementaire et la protection des milieux entraîneront des investissements considérables, soit plus de 800 millions d’euros à l’horizon 2020, afin de mettre en exergue l’assainissement.


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