Environnement

Le coût de l’inaction : 7% du PIB mondial en 2050 ?

2010, année de la biodiversité

Témoignages.re / 7 janvier 2010

Nous venons d’entrer dans l’année internationale de la biodiversité. Pourquoi consacrer une année à ce qu’on appelle la “biodiversité” ? Réponses à quelques questions pour y voir un peu plus clair.

Qu’est-ce que la biodiversité ?

- La biodiversité ou diversité biologique désigne la diversité de la vie sur Terre. « Si les définitions du néologisme “biodiversité” sont nombreuses et variées, l’étendue de sa signification pour la société est immense. Il s’agit en fait de considérer la totalité des êtres vivants en interaction, y compris les micro-organismes et les services rendus par les écosystèmes. La biodiversité d’aujourd’hui résulte de milliards d’années d’évolution, formée par les processus naturels, subissant, de plus en plus et de façon considérablement accélérée depuis les cinq dernières décennies, l’influence de l’Homme »*. Au point que les scientifiques évoquent une sixième extinction des espèces en cours.

Pourquoi faut-il stopper la perte de la biodiversité ?

« La biodiversité et les écosystèmes au sein desquels elle s’exprime fournissent un grand nombre des biens et services qui soutiennent la vie humaine : la fourniture des aliments, les combustibles et les matériaux de construction ; la purification de l’air et de l’eau ; la stabilisation et la modération du climat de la planète ; la modération des inondations, des sécheresses, des températures extrêmes et des forces éoliennes ; la génération et le renouvellement de la fertilité des sols ; le maintien des ressources génétiques qui contribuent à la variété des cultures et à la sélection des animaux, des médicaments, et d’autres produits ; et des avantages culturels, récréatifs et esthétiques ». La biodiversité est une assurance-vie.

L’érosion de la diversité biologique a-t-elle un coût ?

- Une évaluation monétaire de la perte de biodiversité devrait être présentée à la 10ème conférence de la Convention sur la diversité biologique en fin d’année au Japon. Mais une première estimation a été révélée en 2008. « Se référant à la valeur des services éco-systémiques dont aurait pu bénéficier l’Homme si la biodiversité n’avait pas subi de pertes et s’était maintenue respectivement aux niveaux des années 2000 et 2010, les auteurs de l’évaluation estiment ce que représenterait la perte annuelle monétaire en 2050, du fait de la perte de ces services ; la dégradation des services écologiques pouvant représenter jusqu’à 7% du PIB mondial en 2050, ou encore 13.938 milliards d’euros par an ». Des estimations de la Banque mondiale affirment que le secteur de la pêche a subi une perte de richesse de 2.200 milliards de dollars entre 1974 et 2004 à cause de la surpêche.

Pourquoi sommes-nous concernés à La Réunion ?

- Au sein de l’archipel des Mascareignes, La Réunion est classée par l’Union mondiale pour la nature (UICN) parmi l’un des 34 points chauds de biodiversité au niveau mondial. Un point chaud contient au moins 1.500 espèces endémiques et a perdu au moins 70% de son habitat originel. La Réunion accueille des espèces endémiques uniques au monde.
L’île contribue à la richesse de la biodiversité française, laquelle représente plus d’un tiers des espèces recensées dans le monde.

Comment agir ?

- Les Nations Unies veulent donner un nouveau souffle à la lutte contre la perte de biodiversité et sensibiliser tous les publics. Une série de manifestations est prévue toute l’année. Un portail français de l’année internationale de la biodiversité propose un agenda et une labellisation des projets (www.biodiversite2010.fr). L’ONU a également un site d’information : www.cbd.int/2010.

E.P.

(*Sources : rapport du Centre d’analyse stratégique français : “Approche économique de la biodiversité et des services liés aux écosystèmes”, avril 2009)


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