Environnement

Le lézard vert et les invertébrés sûrement détruits

Incendie du Maïdo, une catastrophe environnementale

Témoignages.re / 2 novembre 2011

Selon un premier bilan établi par les agents du parc national, « tous les invertébrés vivant dans ces habitats naturels (dans le massif du Maïdo – ndlr) ont vraisemblablement été détruits » par l’incendie. Pour les oiseaux également, les pertes sont considérables. « Toutes les nichées de l’année des oiseaux verts, Tec-tec, papangues et autres passereaux ont été brûlées ». Très territoriaux, les adultes affolés continuent à survoler les paysages désolés à la recherche de leur nid. Les écosystèmes du massif du Maïdo abritaient jusqu’à présent de nombreuses espèces endémiques.

La journée de ce lundi, dit le parc, a été particulièrement difficile pour le lézard vert des hauts (phelsuma borbonica) dont une population très originale avait été récemment découverte au Maïdo, une altitude particulièrement élevée pour un reptile. « Un bilan plus précis sera effectué lors de l’opération de comptage prévue en décembre, mais d’ores et déjà on peut s’inquiéter de l’avenir de ce groupe », ne cache pas le parc.
Toujours selon ce premier bilan, la colonie de pétrels de Barau, espèce endémique et menacée au niveau mondial a jusqu’à présent été préservée. Les terriers creusés dans les falaises qui surplombent le cirque de Cilaos sont, pour le moment épargnés, par les feux. Par contre, les adultes qui vont chercher la nourriture en mer peuvent être victimes des incendies, car ils sont très attirés la nuit par les lueurs des flammes amplifiées par les nuages de fumée.
Le constat est tout aussi affligeant pour la flore. L’ouverture en urgence de pistes et de pare-feux est indispensable pour isoler les dernières zones de végétation encore intactes. Mais « ils s’inscrivent dans le paysage tel des saignées de terre nue. Ces impacts sont malheureusement irréversibles, à moins de lourdes actions de restauration » souligne le parc. « La connaissance parfaite du terrain et des espèces par les agents du Parc national permet de limiter les dégâts autant que possible. Mais ces tracés constituent des couloirs de colonisation rêvés pour les espèces exotiques envahissantes » ajoute-t-il.
Des agents du parc national sont présents chaque jour sur la zone (planèze des Bénares et Piton des Orangers) afin de guider les ouvertures de tous les pare-feux, pistes et layons et accompagner les pompiers qui ne connaissant pas le terrain. À partir des informations qu’ils transmettent régulièrement, un bilan est actualisé sur les pertes d’espèces déterminantes. « À ce jour, 26 espèces indigènes ou endémiques rares sont touchées, dont 16 sont considérées comme très menacées » recense le parc.
À noter que les médiateurs du parc affectés dans le cirque de Mafate assurent au mieux un relais avec la population. Ils les informent sur la situation des sentiers et recueillent toutes les informations sur d’éventuelles chutes de pierre. Le parc conclut en disant être « sensible à la situation des éleveurs qui ont vu leurs pâturages détruits par le feu. La perte de leur outil de travail est un coup dur porté au développement économique des hauts de l’ouest, mais aussi à ses paysages ruraux ».

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