Environnement

« Le recyclage est le point de départ du renversement de la situation »

Christine Grondin, adjointe au maire de Trois-Bassins

Manuel Marchal / 8 avril 2010

La commune de Trois-Bassins est marquée par des indicateurs qui soulignent la gravité de la situation : un taux de chômage de 53%, 49% des demandeurs d’emploi sont des jeunes et parmi eux 80% n’ont pas de diplôme. 35% des familles n’ont pas de véhicule et restent donc à Trois-Bassins du fait d’un manque de transport. Comment dans ces conditions la commune peut-elle relever le défi de l’emploi ? Éclairage de Christine Grondin, candidate de l’Alliance aux régionales et adjointe au maire de Trois-Bassins.

Le 6 avril, Trois-Bassins a organisé un forum sur l’emploi dans le cadre du développement durable. D’où vient cette initiative ?

- Le taux de chômage est très important à Trois-Bassins, et c’est une commune enclavée. 35% des ménages n’ont pas de véhicules, les familles ont donc tendance à rester sur place, et les jeunes aussi.
Dans le cadre de la semaine du développement durable, nous avons donc voulu montrer qu’il existe des possibilités de créer des emplois sur place.
Nous avons ainsi deux Ateliers de chantier d’insertion (ACI) créent des emplois grâce au recyclage. Le premier transforme des palettes en meubles par exemple et emploie 15 personnes. Le second recycle du textile qui serait parti en centre d’enfouissement, ce sont 12 emplois.
Mardi 6 avril dernier, nous avons donc voulu montrer à la population le développement durable qui embauche, avec la construction et la vente de chauffe-eau solaire.

La population a-t-elle répondu présente ?

- Nous ne pensions pas avoir autant de monde. Rien qu’en nombre d’inscrits sur les stands, nous avons compté 400 personnes le matin, et 300 l’après-midi.
C’est sans doute la plus grosse action de ce type sur Trois-Bassins et elle a permis de déboucher sur la signature de 8 CDI, 6 dans la filière solaire, et 2 dans la menuiserie.

Comment expliquer cette réussite ?

- Beaucoup de ménages n’ont pas de véhicule, ils doivent donc prendre le bus pour aller faire leurs démarches à Saint-Paul. Quand vous prenez le bus, vous vous rendez compte du temps que cela prend pour aller vers un service. Alors, c’est pour cette raison que nous avons demandé aux services de venir à Trois-Bassins. Nous avons lancé les invitations vers les professionnels et ils ont répondu à l’appel. Le Pôle emploi est venu avec une équipe de 12 personnes par exemple.
Nous avons accueilli essentiellement un public venu de Trois-Bassins. Et le nombre important s’explique par le fait que les gens voient que nous faisons autre chose, nous cherchons des solutions pour nous en sortir à partir de ce qui existe à Trois-Bassins.

Quelles sont ces propositions ?

- Le recyclage est le point de départ du renversement de la situation. Nous avons un potentiel de 60 emplois possible, ce qui ferait de ce secteur le plus gros employeur. Actuellement, les personnes qui travaillent dans l’ACI sont en formation parallèlement à leur emploi, nous voulons pérenniser cette activité.
Mais cela s’inscrit dans un tout. Le but est que nous devenions une commune verte, et nous voulons aussi participer à la reconnaissance de La Réunion dans le Patrimoine mondial.
Nous avons aussi le projet du sentier de la Grande Ravine au Grand Bénare. Cela peut procurer du travail pour une trentaine de personnes.
Nous avons aussi lancé l’idée du jardin familial. Le but est d’apprendre à planter pour se nourrir de ce que l’on plante. Ainsi, ce serait au début une caissette par famille, ainsi que pour des structures comme Emmaüs car nous ne voulons pas entrer en concurrence avec les agriculteurs.
Nous voulons au contraire travailler avec eux pour qu’ils puissent chacun embaucher deux personnes.
Le développement durable, le recyclage, l’éco-tourisme, tout va démarrer par là.

Propos recueillis par M.M.


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