Environnement

Les eaux usées traitées pourront désormais être utilisées

Un nouveau pas vers le développement durable

Témoignages.re / 10 septembre 2010

"Actu environnement" révèle qu’il est désormais possible de réutiliser l’eau traitée par les stations d’épuration pour l’irrigation de cultures ou d’espaces verts. Cela rappelle que, dès le départ, la station d’épuration du Port-Possession était pensée pour cet usage qui évite de gaspiller des quantités importantes d’eau. Voici des extraits de cet article.

Très attendu, l’arrêté du 2 août 2010 fixe les prescriptions sanitaires et techniques applicables à l’utilisation d’eaux usées traitées à des fins d’irrigation de cultures ou d’espaces verts. (…).
Très répandue dans les pays où la ressource en eau fait le plus défaut, la réutilisation des eaux usées reste limitée en France (une quarantaine de projets développés à titre expérimental pour l’irrigation des cultures, l’arrosage des golfs et les forêts et prairies). (…) 



Sur le bassin méditerranéen, ces pratiques sont largement développées. La Tunisie réutiliserait 75% de ses eaux usées. (…) Chypre caresserait même l’objectif de réutiliser 100% des eaux usées traitées. 
Aux États-Unis, 63% et 13% des eaux usées traitées de Californie et de Floride sont recyclées pour l’agriculture. (…). La ville d’Irvine (Californie) a développé un double réseau, comme le Japon, qui réutilise ces eaux grises pour alimenter les toilettes, ou encore l’Allemagne ou la Corée du Sud. 
Dans les zones arides où la situation est extrême, ces eaux sont même réutilisées pour la production d’eau potable comme à Windhoek en Namibie et Chelmsford en Angleterre. 
(…)
« Cet arrêté était très attendu. Une foison de projets vont voir le jour désormais. À priori, les précautions ont été prises pour éviter tout risque sanitaire ou environnemental », explique Bruno Molle, chef de l’équipe de recherche du Laboratoire d’essais et de recherche des matériels d’irrigation (LARMI) à l’Institut de recherche en sciences et technologies pour l’environnement (CEMAGREF). 
La France bénéficie en effet de vingt ans de retour d’expérience de l’OMS sur le sujet. 



Souvenir, souvenir…

La municipalité du Port a été la première à proposer cette solution pour irriguer les innombrables espaces verts au moyen desquels elle a fait de la Plaine des Galets (« le désert de la soif » disait-on avant 1971) un immense jardin planté d’arbres et de pelouses entretenues (1). Dès la conception puis la construction de la station d’épuration Port-Possession, la question de la réutilisation des eaux usées traitées a été posée.
Le refus de tous les gouvernements fut constant : « consommons, consommons sans réserve et sans penser à l’avenir ».
En 1992, Jean-Pierre Sueur, alors secrétaire d’État en charge des Collectivités locales (2) (1991 et 1993), a visité la station d’épuration et a même vu comment, à partir des boues traitées, il était possible de créer une terre très riche en laquelle les plantes puisaient les éléments leur permettant de pousser avec une vigueur accrue… et le secrétaire d’État passa, comme tant d’autres, sans se soucier plus avant des demandes faites par les municipalités du Port et de La Possession quant à l’utilisation des eaux usées traitées (3).
Qu’on calcule un peu l’immense gaspillage résultant de la désinvolture de tous ces gouvernants en visite dans notre île !

Jean Saint-Marc

Notes
(1)
35 mètres carrés d’espaces verts par habitant (dans une commune industrielle et portuaire et disposant du plus petit territoire de toute l’île).
(2) Paul Vergès et tous les maires membres du SIVOMR avaient, lors de la visite de ce gouvernant, attiré son attention sur le sort des journaliers communaux. Mais, pas plus que ses prédécesseurs et que ses successeurs, ce secrétaire d’État n’a fait suivre ses promesses du moment de la moindre esquisse de début de solution.
(3) Dès cette époque, les eaux usées du Port et La Possession étaient pourtant traitées selon les normes préconisées par l’OMS (Organisation mondiale de la santé) qui souhaitait que de telles eaux, une fois traitées, soient utilisées pour l’irrigation afin de préserver la ressource.


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