Environnement

Les espèces en voie d’apparition

Tout le long de l’année, l’IRT fait découvrir…

YVDE / 11 février 2010

Du battant des lames au sommet des montagnes, ce sont une douzaine d’espèces en voie d’apparition — les nouvelles endémiques de La Réunion — que nous fait découvrir l’Ile de La Réunion Tourisme (IRT) avec son calendrier qui célèbre l’Année mondiale de Biodiversité.

Dans la lettre de l’Ile de La Réunion Tourisme (IRT) de janvier 2010, son Président Pierre Vergès note qu’« après plusieurs mois de travail, le tourisme a repris des couleurs », car « notre île sait se vendre, notre île bouge, notre île est reconnue. Restons ambitieux et optimistes ». Il note également que, « pour 2010, la feuille de route est intense ».
Il réaffirme l’intérêt, pour La Réunion, de l’Année mondiale de la Biodiversité, « un des atouts exceptionnels de l’île ». Et c’est lancé pour l’IRT. En témoigne le calendrier de l’organisme présidé par Pierre Vergès, qui décline une douzaine d’espèces endémiques « en voie d’apparition ».
« Il est étonnant
, souligne l’IRT, qu’aujourd’hui encore, les bénévoles passionnés et les scientifiques professionnels trouvent et retrouvent régulièrement de nouvelles espèces. Une éruption volcanique fait surgir de nouveaux poissons, une technique originale de prospection fait apparaître de minuscules insectes, et les chercheurs éclairés baptisent de nouveaux arbres, oiseaux, fougères, orchidées, coquillages ou papillons ». Ainsi, le mois dernier était présenté le Symphysanodon pitondelafournaise, « un beau poisson de 15 cm, vivant en plein eau au-dessus des fonds vers 400 à 500 mètres ». Ce mois ci, l’IRT nous donne à voir le Sophora sp. qui, nous explique-t-on, « a des feuilles persistantes et fleurit en été, ce qui le distingue de l’autre Sophora plus connu sous le nom de “Petit tamarin des Hauts”.

De l’océan à la forêt…

Le mois prochain, notre intérêt se portera sur le Pisonia lanceolatan. Un arbre dont le tronc a plus d’un mètre de diamètre et que l’on vient de découvrir dans certaines ravines réunionnaises, alors qu’on le croyait strictement endémique à l’île Maurice.

En avril, nous replongeons dans l’océan pour découvrir Neocentropogon barrieri, « une petite rascasse de moins de 10 cm (qui) vit sur les fonds de 200 à 500 mètres où elle chasse à l’affût des crustacés et autres petits poissons ». Après avoir grimpé, au-dessus de 1.000 mètres d’altitude, en mai à la Plaine des Fougères de Sainte-Marie, c’est un petit insecte de 4 à 5 mm, le Syzygops lemgneni, qui retiendra notre attention en croisant une fougère arborescente.

Le mois de juin, nous rencontrerons la Chomis durvilei. « Découverte grâce aux coulées de laves de 2007, cette belle demoiselle de 9 cm se distingue de ses “cousines” du récif par ses grands yeux mieux adaptés à la faible lumière de son biotope à moins de 200 mètres dans les rochers ».

Pour rencontrer le Dombeya sp, en juillet, il faudra remonter un peu, dans toute l’île. Ce cousin du Dombeya cilalata « a un tronc plus important et une floraison hivernale très odorante ». Le mois suivant, en août, l’IRT nous offre un Dyophtorus sp. Un « petit coléoptère d’un peu plus de deux mm en cours de description ». Il a « été trouvé en 2008 dans du terreau à Takamaka au-dessus de 1.200 mètres d’altitude ».

Des mesures de protection…

Une magnifique petite crevette pistolet de 3 cm, Alpheus sp, a été repérée sur la côte Ouest dans un terrier. Nous sommes déjà en septembre. Et en octobre, c’est un bécasseau observé pour la première fois en janvier 2008 qui attire notre œil. Le Calidris nelanotos est un oiseau migrateur qui niche dans l’hémisphère Nord, au-delà du cercle polaire arctique.

Novembre, le temps est à la marche. C’est la bonne période pour aller à la rencontre du Dombeya sp. Ce “petit mahot”, souvent confondu avec le Dobeya ficulnea, possède un magnifique feuillage argenté et une floraison estivale. C’est un sous arbrisseau de moins de 4 mètres de haut qui se trouve autour de l’île entre 1.200 et 2.200 mètres d’altitude.

Et en décembre, nous retournons à la Plaine des Fougères à Sainte-Marie, mais un peu plus haut, vers 1.400 mètres d’altitude pour apercevoir le “camarade” du Syzygops lemgneni, que nous avons nommé le Cossonus, une « nouvelle espèce (qui) se rencontre dans le terreau forestier ».

Un calendrier original auquel ont contribué Jean-Michel Probst (Parc national de La Réunion), Jean-Bernard Pausé (Association “Les amis des plantes et de la nature”), Alain Diringer (Association “Images d’eau”), l’association “Fruits de la passion”, et Rémy Lemagnen (Société nationale des sciences naturelles et mathématiques de Cherbourg). C’est étonnant et quelque part rassurant. Mais, comme le soulignent les auteurs, « à l’heure où le réchauffement de la planète et l’extension des activités humaines font craindre le pire à nos écosystèmes, le fait qu’on n’en connaisse pas totalement l’inventaire rend plus évident la mise en œuvre des mesures de protection et le nécessaire changement des comportements ».

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