Environnement

Les Etats insulaires d’Afrique face aux catastrophes naturelles

Cyclones, tsunamis et sècheresses…

Témoignages.re / 25 septembre 2012

Face à leurs vulnérabilités communes aux catastrophes naturelles et environnementales, des Petits Etats insulaires d’Afrique comme Madagascar, Maurice, les Comores et Zanzibar ont décidé de lutter ensemble. Voici un article paru hier dans “La Voix de l’Amérique” sur ce sujet, avec un intertitre de “Témoignages”.

« Des pays comme Madagascar, Maurice, les Comores et Zanzibar ont décidé de se tenir la main pour affronter ensemble les colères de Dame Nature telles que cyclones, tsunamis et sècheresses.
Comores, Madagascar, Maurice, Réunion, Seychelles, et Zanzibar : des îles africaines du Sud-Ouest de l’océan Indien qui ont en commun leurs vulnérabilités face aux aléas. Pour résister à ceux-ci, elles ont décidé de se tenir la main et d’affronter ensemble les défis climatiques afin de protéger environ 25 millions de personnes dans cette sous-région africaine.
Face aux catastrophes naturelles et aux dégâts financiers et économiques qui y sont associés, les Etats insulaires de l’Afrique australe sont en effet livrés à eux-mêmes. Souvent leur économie se contracte — à chaque passage d’un cyclone, à chaque sécheresse, à chaque inondation ou à chaque alerte au tsunami. Et en raison du changement climatique, ces aléas tendent à s’intensifier, rendant ces pays et leurs sociétés encore plus vulnérables. Pour rappel, il y a un risque de catastrophe en cas d’interaction entre des aléas et des facteurs de vulnérabilité physiques, sociaux, économiques ou environnementaux.
Dans l’optique d’élaborer un plan de protection financière pour ces pays, la Commission de l’Océan Indien (COI), dans le cadre de son projet ISLANDS (financé par l’Union européenne), organise du 26 au 28 septembre 2012, à Maurice, une réunion de la Plateforme régionale pour les mécanismes financiers de transfert des risques.
Cette réunion regroupera des responsables du gouvernement, du secteur privé et de la société civile des six pays bénéficiaires du projet ISLANDS de la COI, ainsi que des experts internationaux du développement durable et de la gestion des risques liés aux catastrophes naturelles et au changement climatique.

Une capacité limitée à réagir et à se remettre des catastrophes

Depuis plus de deux décennies, les Petits États insulaires en développement (PEID) sont reconnus sur le plan mondial comme étant particulièrement vulnérables aux catastrophes naturelles et environnementales en général, mais aussi pour leur capacité limitée à réagir et à se remettre des catastrophes.
Mais, en fait, cette fatalité peut être conjurée à bien des égards, si on s’inscrit dans ce qui se fait sur le plan international. Plusieurs études indiquent que la géographie et le climat n’ont pas d’impact « définitif » sur l’économie et le développement d’un pays ou d’une sous-région, à condition cependant que les risques liés aux catastrophes (dont les risques financiers) soient proprement compris, partagés et pris en compte.
Ainsi, une nouvelle approche s’est développée ces dernières années : les instruments et stratégies de transfert des risques. En raison des incertitudes entourant l’impact des catastrophes naturelles, il faut s’assurer contre les risques existants — et non pas contre les catastrophes qui peuvent ou non survenir.
Depuis plus de 20 ans donc, la communauté internationale reconnaît les vulnérabilités environnementales et économiques des PEID. Après le Sommet de la Terre de 1992 (Rio), le Programme d’action de la Barbade en 1994 et la Stratégie de Maurice (2005-2015) ont tour à tour encouragé des initiatives visant à rendre les PEID moins vulnérables face aux aléas et au changement climatique.
Adoptée par 129 pays et territoires, lors de la conférence mondiale tenue à Maurice en janvier 2005, la Stratégie de Maurice est la seule stratégie de développement global qui aborde les problèmes de développement uniques des PEID et énonce les principes de base et les actions spécifiques nécessaires aux niveaux national, régional et international pour soutenir le développement durable.

Pour une «  réduction des risques de catastrophes »

Dans une interview accordée à “La Voix de l’Amérique”, Nad Sivaramen, spécialiste des enjeux transnationaux en Afrique et coordinateur média de cette réunion de haut niveau auprès de la COI, précise que les objectifs de cette réunion sont de « rehausser le profil de la réduction des risques liés aux catastrophes dans le Sud-Ouest de l’océan Indien ; promouvoir l’intégration de la réduction des risques de catastrophes dans la planification et la pratique du développement durable ; et de discuter des mécanismes financiers de transfert des risques pour la sous-région afin d’accroître la résilience face aux aléas et au changement climatique ».

Pour étayer ses dires, Nad Sivaramen s’est référé à l’approche développée par Philippe Boullé, expert international en réduction des risques liés aux catastrophes naturelles. C’est une approche qui implique que les pertes économiques dues à la concrétisation d’un risque prévu ou imprévu doivent être « assurées », afin de ne pas affecter indûment les ressources de l’État et du secteur productif et, partant, ne pas freiner la stratégie de développement en cours. « Un tel mécanisme complète, mais ne remplace pas les mesures de prévention ».


Projet ISLANDS

Depuis août 2011, le projet ISLANDS, mis en œuvre par la COI et financé par l’Union européenne, développe des activités pour atténuer la vulnérabilité des PEID dans la région de l’Afrique australe et orientale et de l’océan Indien, comme le préconise la Stratégie de Maurice. Il est placé sous le leadership de Christophe Legrand.

La COI

Créée en 1982 et institutionnalisée par l’Accord général de Victoria en 1984, la Commission de l’Océan Indien est une organisation intergouvernementale de coopération régionale qui regroupe 5 Etats membres [Union des Comores, Madagascar, Maurice, Seychelles et Réunion], représentant 4 pays ACP et, pour la partie française, une Région Ultrapériphérique européenne. Pour la première fois, la COI est dirigée par un Mauricien, en l’occurrence Jean-Claude de L’Estrac, ancien Ministre des Affaires étrangères. »

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