Environnement

Les mouches bleues et la vigne marronne étudiées

Témoignages.re / 21 septembre 2010

Pour la cinquième fois depuis sa création en juillet 2009, le Comité de suivi du programme de lutte contre la vigne marronne s’est réuni le 15 septembre 2010. Les membres de la commission ont fait le point sur la lutte contre la vigne marronne. Ils ont examiné les effets jugés néfastes, notamment par les apiculteurs, de l’introduction de la mouche bleue comme moyen de lutte naturelle contre cette peste végétale.

Les apiculteurs accusent les mouches bleues ou tenthrèdes d’affamer les abeilles en en utilisant les mêmes ressources alimentaires. Ce qui entraine de fait une baisse de la productivité des abeilles. D’où la tenue d’une étude menée sur les baies roses ou faux poivriers par le CIRAD (Centre de coopération internationale en recherche agronomique pour le développement).
Les résultats de cette enquête ont été transmis au Comité de suivie de lutte contre la vigne marronne. Ils indiquent qu’« il n’y a pas d’interaction agressive entre les abeilles et les tenthrèdes pour l’accès à la ressource (alimentaire – NDLR), que la présence de tenthrèdes n’a pas d’effet significatif sur le rendement en graines du faux poivrier ». Selon la même enquête, la présence de la mouche bleue « n’a pas d’effet significatif sur la production de miel de faux poivrier ». L’étude s’est déroulée de mi-février à mi-avril 2010 sur 9 sites répartis dans l’Est, le Sud et le Sud-Ouest de l’île (dont deux sites témoins sans tenthrèdes, à Saint-Louis et Entre-Deux).
Le Comité a aussi été informé que lors du dernier recensement réalisé en juillet-août 2010, les mouches bleues sont présentes de Sainte-Marie à Petite-Ile avec deux points isolés dans les Hauts de Saint-Denis et de Saint-Pierre. Le CIRAD a aussi noté que la réduction des massifs de vigne maronne grâce à l’action des tenthrèdes peut être évaluée à environ 780 hectares principalement dans la zone Est.
Par ailleurs, une mission d’expertise sera menée à La Réunion du 18 au 26 octobre par l’Agence nationale de sécurité sanitaire (ANSES) et Institut technique et scientifique de l’apiculture et de la pollinisation (ITSAP). Le but est d’évaluer les conditions sanitaires et environnementales de la filière apicole sur l’île. Dans le même temps, un "Guide méthodologique d’évaluation économique des programmes de lutte contre une espèce invasive" sera réalisé par l’Université de La Réunion sous l’égide du Conseil scientifique régional de protection de la nature.
Créé à la demande de la Préfecture, le Comité de suivi du programme de lutte contre la vigne marronne est co-présidé par le directeur de la DAF (Direction de l’agriculture et de la forêt) et le directeur de la DIREN (Direction régionale de l’environnement). Il regroupe les principaux acteurs concernés par la lutte biologique contre la vigne marronne : services de l’Etat, services du Conseil régional et du Conseil général, milieux associatifs, organisations et syndicats socioprofessionnels (notamment organisations apicoles), Chambre d’agriculture, établissements publics (ONF et Parc national), expertise scientifique (CIRAD, Université, Conseil scientifique régional du patrimoine naturel).
Le Comité de suivi a pour mission « d’assurer les échanges d’information, de connaissance et d’expérience, d’identifier les difficultés, de lancer et suivre les études nécessaires et de proposer des réponses partagées ».


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