Environnement

Les récifs coralliens source de revenus pour l’Outre-mer

Étude l’IFRECOR

Témoignages.re / 24 octobre 2013

Les récifs coralliens sont une richesse pour les collectivités d’outre-mer, c’est ce que révèle une étude de l’IFRECOR réalisée en Nouvelle-Calédonie. Explications.



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Le rôle joué par les récifs coralliens dans la protection des côtes face à la houle permet au territoire une économie de près de 170 millions d’euros.

Une récente étude de l’IFRECOR, l’Initiative Française pour les Récifs Coralliens, menée en Nouvelle-Calédonie démontre qu’au-delà de leur participation à la biodiversité marine, les récifs coralliens et les écosystèmes associés (herbiers et mangroves) sont devenus une source majeure de revenus économiques pour les territoires.

En Nouvelle-Calédonie, les récifs coralliens permettent ainsi de générer à eux seuls entre 80 et 100 millions d’euros de revenus par an, contre 600 millions d’euros pour le secteur minier (données ITSEE 2008). L’étude détaille précisément la contribution financière des récifs coralliens rattachée à chaque secteur économique ; protection du littoral, pêche, tourisme, bio-prospections, et enfin recherche et éducation.

Cette étude révèle aussi les économies que réalise le territoire en assurant leur préservation. On estime ainsi que le rôle joué par les récifs coralliens dans la protection des côtes face à la houle permet au territoire une économie de près de 170 millions d’euros. Cela démontre les bénéfices indirects des politiques environnementales et d’aménagement du territoire en faveur de la gestion durable de ce capital naturel exceptionnel.

Les économies réalisées tous les ans

La pêche : 50 à 70 millions d’euros

En Nouvelle-Calédonie, une famille sur trois pratique la pêche ; qu’elle soit de nature commerciale officielle, plus informelle comme la pêche récifo-lagonaire ou plus touristique comme la pêche de loisir pratiquée à bord d’embarquement à moteur. En plus de l’importance de la pêche comme source de protéines et revenus informels en milieu rural, l’économie néo-calédonienne tire d’importants bénéfices de la pêche récifo-lagonaire.

Les récifs agissent comme nutriments pour l’aquaculture, et sont producteurs des larves consommées par les principales espèces de thon, cibles de la pêche hauturière. Chaque année, la valeur financière totale de la pêche dans les écosystèmes coralliens en Nouvelle-Calédonie est estimée entre 50 et 70 millions d’euros.

Le tourisme et les loisirs : 24 à 28 millions d’euros

• Les récifs par leur beauté et leur rareté sont une attraction touristique majeure. La plongée, les sorties d’observation sous-marine, les sorties en bateau ou encore la plaisance sont les usages qui génèrent une réelle valeur aux Outre-Mer. Chaque année, les activités touristiques rapportent 24 à 28 millions d’euros à l’économie locale de la néo-calédonienne et créent 2,4% des emplois salariés du territoire.

Le tourisme lié au récif génère ainsi jusqu’à 1.650 emplois directs.

Une part importante de la richesse générée provient également des dépenses directement liées aux activités touristiques, c’est à dire l’hébergement, l’alimentation et le transport grâce aux 80.000 à 100.000 touristes annuels. D’ailleurs depuis l’inscription des lagons sur la liste des biens naturels classés au Patrimoine Mondial de l’Humanité, l’augmentation de l’activité touristique ne cesse d’accroître.

Les bio-prospections, la recherche et l’éducation : 3,5 à 8 millions d’euros

• Les organismes vivant dans les récifs sont souvent à l’origine de nouveaux médicaments, de compléments alimentaires ou encore de bases cosmétiques.

L’exploitation des nouvelles molécules valorisables induisent le versement de royalties et constitue ainsi une source de revenus pour les territoires d’Outre-Mer. Ce potentiel économique, pas encore exploité en Nouvelle-Calédonie, est estimé à 0,5 à 4,5 millions d’euros par an.

Enfin, un point d’honneur est mis pour la préservation de la biodiversité des écosystèmes coralliens afin de conserver tout le potentiel de découverte.

La protection du littoral : 115 à 220 millions d’euros

• Les écosystèmes coralliens participent à la préservation des littoraux. Véritables barrières naturelles, ils agissent comme des remparts contre les fortes houles océaniques et peuvent également atténuer l’impact des tsunamis. En réduisant l’ampleur des dégâts causés par ces phénomènes naturels, les récifs génèrent entre 115 et 220 millions d’euros d’économie chaque année en Nouvelle-Calédonie. Plus de 11.200 logements sont ainsi protégés chaque année.

La commune de Nouméa est la grande bénéficiaire de cette protection avec des économies pouvant atteindre 145 millions d’euros.

En Nouvelle-Calédonie, les récifs coralliens apportent chaque année jusqu’à 100 millions d’euros au PIB du territoire… Ils permettent également près de 170 millions d’euros d’économies par la protection qu’ils assurent face à l’érosion côtière.


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