Environnement

Les TAAF : une ressource naturelle respectée

Pêche

Cinthia Fontaine / 3 mai 2012

Le groupe de travail Pêcherie qui regroupe les acteurs de la pêche dans les Terres australes et antarctiques françaises était réuni hier pour la première fois à La Réunion au siège des Terres australes et antarctiques françaises à Saint-Pierre.

Le groupe de travail Pêcherie réunit les armements, le monde scientifique à travers le Muséum national d’Histoire naturelle, les administrations nationales compétentes et les Terres australes et antarctiques françaises (TAAF). Créé en 2011, il a pour mission de comprendre plus efficacement les problématiques environnementales, économiques et scientifiques autour de la pêche dans les zones économiques des TAAF et de mieux éclairer les propositions émises par le Conseil consultatif des TAAF qui assiste le préfet dans ses décisions. Cette cinquième rencontre qui est une première à La Réunion est la 5ème, les 4 précédentes s’étant déroulées à Paris. Elle avait pour sujet l’analyse et l’évolution des prescriptions techniques encadrant la pêche à la légine, aux raies et aux grenadiers dans les ZEE de Kerguelen et Crozet ainsi que l’étude des modalités pratiques de mise en œuvre de la campagne "Poker 3" (campagne scientifique d’évaluation de la biomasse sur le plateau de Kerguelen) en 2013.

Une gestion rigoureuse dictée par les TAAF

Les TAAF appliquent un mode de gestion raisonnée des ressources halieutiques tenant compte de l’ensemble de l’écosystème qui permet d’assurer une exploitation durable de la ressource. Cette gestion est d’ailleurs considérée comme exemplaire tant au niveau national que international.
La méthode de gestion de la pêche australe s’appuie sur 4 piliers :

- Une expertise scientifique reconnue assurée par le Muséum national d’Histoire naturelle qui suit les populations halieutiques depuis plusieurs décennies et bénéficie d’une expertise internationale incontestable.

- Une réglementation forte au bénéfice de la protection de l’environnement. La fixation de totaux admissibles de capture (TAC) permet de fixer les quotas qui sont ensuite répartis par navire. En 2012, les TAC sont fixés à 5.800 tonnes pour la légine australe et 400 tonnes pour la langouste. Des règles de protection de l’environnement, telles que la fixation d’une taille de capture, l’obligation de pêche nocturne, la fermeture des zones à certaine période… établies par les TAAF complètent le dispositif.

- Des contrôleurs sont embarqués sur chaque navire pêchant en Terre australe. En plus de la mission de contrôle, des saisies scientifiques et d’observation de l’environnement, ils ont la capacité de jouer un rôle de police lors de constatation de pêche illicite.

- Un combat contre la pêche illicite qui, grâce à des mesures de répression prises dès 1995 (23 bateaux avaient été arraisonnés), une réponse judiciaire dissuasive, une surveillance satellite et maritime, une vigilance toujours accrue, a porté ses fruits.

Gestion raisonnée = préservation des ressources

Les TAAF mènent des campagnes d’évaluation des ressources halieutiques dans la zone des Kerguelen depuis 2006. La prochaine et 3ème campagne "Poker 3" est prévue pour 2013. Actuellement, le financement de cette campagne assuré par l’État, les armateurs et la revente de la ressource après comptage et études n’est pas entièrement bouclé. C’était d’ailleurs un des sujets de cette réunion, la recherche d’un financement plus pérenne étant pour l’heure à l’étude.
“Poker 2” avait confirmé la stabilisation du stock de légine australe ainsi que la possibilité d’une réouverture de la pêche au colin austral (quotas de 200T) et au poisson des glaces (quotas de 100 tonnes). La méconnaissance de ces marchés face à celui à haut rendement de la légine n’a pour l’instant pas convaincu les armateurs qui enverront cependant, en vue d’essai, un seul bateau armé en commun conjointement à la mission “Poker 3”.
Le colin austral intéresse pour l’instant les marchés de l’Europe de l’Est et le poisson des glaces les marchés asiatiques et de l’Europe de l’Est. Ce poisson avait d’ailleurs été sur-pêché par l’URSS, appauvrissant la ressource. Son retour est le signe que la gestion durable et raisonnée permet de maintenir à la fois les ressources et les prélèvements.
La SAPMER a offert, à l’occasion de cette réunion qui regroupe tous les acteurs du secteur en Terres australes, dont les six armateurs, deux modèles réduits de ses bateaux qui pêchent en Terres australes, un palangrier et un thonier senneur qui prendront désormais place au sein de l’exposition présentée au siège des TAAF.

CF

Les TAAF, fournisseurs d’emplois à La Réunion

Les Terres australes et antarctiques françaises sont formées par l’archipel de Crozet, l’archipel des Kerguelen, les îles Saint-Paul et Amsterdam, la terre Adélie et les îles Éparses : Glorieuses, Juan de Nova, Europa et Bassas da India dans le canal du Mozambique et Tromelin au Nord de La Réunion.

C’est la deuxième zone économique exclusive de France avec ses 2,3 millions de km carrés, et elles représentent 85% des ZEE françaises de l’océan Indien.

Trois pêcheries sont gérées par les TAAF, la légine australe, la langouste et le thon. Six armateurs, dont deux réunionnais pour sept bateaux spécialisés pour la légine et un pour la langouste, ont l’autorisation d’exploiter ces ressources.

Grâce à la pêche australe, La Réunion possède le premier port français à la grande pêche. Ce secteur est le 2ème à l’exportation après la canne avec un chiffre d’affaires de 50 millions d’euros. Il engendre environ 400 emplois directs et 1.200 indirects. Il permet de plus au Port de se développer, car il a un effet d’entrainement sur toute la filière pêche réunionnaise.


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