Environnement

Les voix des victimes du changement climatique

Retour sur les interventions des chefs de délégation au Sommet de Rio

Témoignages.re / 30 juin 2012

Au cours de ces derniers mois, plusieurs pays ont été sous les feux des projecteurs à cause de catastrophes environnementales liées au climat. Il y eut la famine dans la Corne de l’Afrique à cause de la sécheresse notamment. Cette crise, elle est continue depuis plusieurs années au Bangladesh. Peuplé de plus de 100 millions d’habitants, ce pays a vu brutalement les saisons disparaître, et le niveau de l’océan monter. Des millions de paysans durent alors se réfugier dans les bidonvilles de la capitale Dacca. Les représentants de plusieurs de ces pays se sont exprimés à Rio, voici en substance leur message.

Hasan Mahmud, Ministre de l’Environnement et des Forêts du Bangladesh

Nécessité de nouveaux engagements pour poursuivre la réalisation des OMD

Hasan Mahmud a estimé que des progrès durables ne seront possibles que si on assure le développement durable, la croissance économique et la protection de l’environnement.
« Nous devons également mettre en valeur les ressources humaines », a-t-il aussi indiqué.
Au Bangladesh, le gouvernement œuvre pour éliminer la pauvreté tout en protégeant l’environnement.
« Nous avons fait des progrès significatifs », a-t-il dit, tout en expliquant les difficultés rencontrées sur cette voie du fait, notamment, de catastrophes naturelles.
Le ministre a demandé un engagement fort au niveau international pour atténuer les conséquences dévastatrices des changements climatiques.
Le ministre a aussi suggéré de donner accès aux pays en développement aux marchés internationaux.
Le texte du projet de document final de la Conférence Rio+20 n’a pas répondu à toutes les attentes, a noté le ministre, qui a souhaité que de nouveaux engagements soient pris après cette Conférence dans le but de poursuivre la réalisation des Objectifs du Millénaire pour le Développement (OMD).
Enfin, il s’est félicité de ce que le projet de document final donne une place aux objectifs du développement durable.
Il a estimé cependant que les questions des ressources en eau et des changements climatiques n’ont pas été suffisamment traitées à la Conférence Rio+20.


Elmi Dualeh (Somalie)

Pour un développement
« juste, équitable et inclusif »

Elmi Dualeh a demandé que le développement soit juste, équitable et inclusif.
La situation de la Somalie s’est détériorée ces deux dernières années, arrivant ainsi en queue de liste des pays les moins avancés selon l’Indice de développement humain du PNUD.
Le pays a souffert d’instabilité à cause de l’organisation terroriste Al Chabaab, qui est liée à Al-Qaida, et à cause de la piraterie au large des côtes somaliennes.
Le représentant a aussi parlé de la désertification et des effets de la sécheresse, qui entraînent la raréfaction de l’eau, la faim et l’exode des populations.
Le représentant a remercié ceux qui sont venus en aide à son pays pendant la sécheresse qui avait duré huit ans, notamment le Brésil.
Il a aussi apprécié tous ceux qui luttent contre la piraterie au large de ses côtes, ainsi que les forces de l’AMISOM, la Force de l’Union africaine en Somalie.
Tout n’est cependant pas perdu, car il y a « une lumière au bout du tunnel », a déclaré M. Dualeh, en évoquant la tenue, ces derniers jours, d’une réunion à Nairobi pour les signataires du processus visant à mettre fin à la période de transition en Somalie.
Les signataires ont convenu d’un projet de Constitution qui sera adopté et promulgué prochainement, ainsi que de la création de plusieurs comités importants pour mener à bien la fin de la période de transition d’ici au 20 août 2012.
Le représentant a conclu son intervention en demandant à toutes les personnes présentes de prier pour l’avenir de la Somalie.


Tesfai Ghereselasie Sebhatu, Ministre des Terres, de l’Eau et de l’Environnement de l’Érythrée

« 24.000 personnes perdent la vie chaque jour à cause de la malnutrition »

Tesfai Ghereselasie Sebhatu a relevé que près de 24.000 personnes perdaient la vie chaque jour à cause de la malnutrition.
Il a indiqué que le gouvernement érythréen faisait son possible pour éliminer la faim et éviter de dépendre de l’aide alimentaire étrangère, même s’il reste encore beaucoup à faire pour garantir la sécurité alimentaire dans le pays.
Le ministre a aussi souligné que le pays avait beaucoup progressé pour éliminer la pratique des mutilations génitales féminines qui sont désormais interdites.
En ce qui concerne l’éducation, il a assuré qu’elle était gratuite et a mentionné les progrès accomplis en matière d’égalité entre les sexes.
L’Érythrée a intégré sa gestion de l’environnement dans sa stratégie nationale pour le développement, a-t-il ajouté, avant de parler des efforts de reforestation.
Le pays, a-t-il expliqué, a planté 90 millions d’arbres et lancé des projets pour installer des structures d’eau potable.


Alfred Ladu-Gore, Ministre de l’Environnement du Soudan du Sud

« Préserver l’environnement pour connaître la prospérité »

lfred Ladu-Gorea rappelé que la guerre qui a frappé son pays avait non seulement fait de nombreux morts parmi la population, mais avait aussi décimé le bétail.
Certains pensent que nous allons faire faillite ou connaître le même sort que la Somalie, a-t-il dit, en invitant la communauté internationale à mieux s’informer de la situation dans laquelle se trouve son pays.
« Il est important, a-t-il souligné, de préserver l’environnement pour permettre à notre pays de connaître la prospérité ».
Il a rappelé que des forêts très denses, des montagnes et la savane, mais aussi des zones marécageuses très étendues composaient le paysage de son pays.
Notre population vit des ressources de ces zones, a-t-il indiqué, tout en attirant l’attention sur les difficultés pour son pays d’assurer à la fois le développement et la protection de l’environnement.
La contamination des sources d’eau souterraines par le pétrole, qui cause la perte d’un important bétail, est une autre grave préoccupation pour son pays, a indiqué M. Ladu-Gore.
Avant de conclure, le ministre a appuyé le renforcement du rôle du PNUE en le dotant de fonds qui lui permettraient de mener des projets d’envergure.


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