Environnement

Lutte contre le réchauffement de la terre, l’ONU cherche plus de financements

Témoignages.re / 29 août 2009

Des scientifiques attirent l’attention, à travers un rapport publié jeudi à Londres, sur le fait que les négociations de l’ONU dans le but de lutter contre le réchauffement de la terre semblent sous-estimer le coût financier de l’opération.

Dans ce nouveau rapport, le professeur Martin Parry, ancien co-président du Comité inter-gouvernemental sur le réchauffement de la terre, et ses collègues ont fait remarquer qu’il est possible que les coûts réels d’adaptation soient 2 à 3 fois plus importants que les estimations chiffrées avancées par la Convention-cadre de l’ONU sur les changements climatiques (CCNUCC).
Le rapport, publié par l’Institut international de l’environnement et du développement et l’Institut Grantham du changement climatique à Imperial College à Londres a ajouté que les coûts seraient même plus élevés lorsque les effets des changements climatiques sur l’activité humaine seront pris en compte.
Le rapport a mis en garde contre cette sous-estimation des coûts d’adaptation qui avait failli compromettre l’issue des négociations de la CCNUCC, et qui doit être sanctionné à Copenhague en décembre par un compromis visant à s’attaquer au problème du réchauffement de la terre.

Le coût de trois JO par an

« Le montant de la somme proposée à Copenhague constitue le facteur clé qui déterminera si un accord sur les changements climatiques sera oui ou non atteint », a souligné le Pr Parry, avant d’ajouter que d’autres estimations des coûts d’adaptation avancées dans le passé avaient mal jugé l’importance des sommes qu’il fallait mobiliser pour s’attaquer au mal.
La CCNUCC a estimé le coût annuel mondial de l’adaptation au changement climatique entre 40 et 170 milliards de dollars américains, ce qui correspond au coût de trois Jeux Olympiques par an.
Cependant, dans le rapport les auteurs préviennent que ces estimations avaient été faites à la hâte et n’avaient pas intégré les secteurs clés tels que l’énergie, la transformation de produits, le commerce de détail, les mines et le tourisme. « D’autres secteurs identifiés par la CCNUCC n’étaient que partiellement inclus. En analysant en profondeur les secteurs étudiés par la CCNUCC, nous avons estimé que les coûts d’adaptation étaient 2 à 3 fois plus élevés, et quand on y ajoute les secteurs qui n’avaient pas été pris en compte, le coût réel devient alors beaucoup plus élevé », a averti le Pr Parry.
En ce qui concerne le problème de l’eau, le rapport a cité les estimations de la CCNUCC qui s’élèvent à 11 milliards de dollars américains, en disant que le fait d’exclure les coûts d’adaptation aux inondations n’attribue aucun coût à l’opération qui consiste à transférer de l’eau de pays excédentaires à d’autres en situation de déficit.
Cette sous-estimation pourrait être considérable, selon le nouveau rapport, qui signale par ailleurs que les estimations de la CCNUCC sur la santé, d’un coût de 5 milliards de dollars américains, excluaient les pays développés et ne prenaient en compte que des maladies telles que le paludisme, la diarrhée et la malnutrition.

Une solidarité nécessaire

« Ceci ne pourrait couvrir que 30 à 50% du coût mondial total du fardeau de la maladie », martèle le rapport.
Selon le document, les estimations de la CCNUCC sur les infrastructures s’élevant entre 8 et 130 milliards de dollars américains supposent que les coûts bas des investissements sur les infrastructures continueront à caractériser le développement en Afrique et dans d’autres régions relativement pauvres du monde.
Le rapport indique qu’un tel investissement doit être revu à la hausse pour réduire la pauvreté et combattre la vulnérabilité sans cesse croissante au réchauffement de la terre.
« L’argent est le nerf de la guerre qui débloquera les négociations à Copenhague, mais si les gouvernements utilisent de faux chiffres, nous pourrions en arriver à trouver un compromis inadéquat qui ne couvrira pas les coûts d’adaptation au réchauffement de la terre », a mis en garde Camilla Toulmin, directeur de l’Institut international de l’environnement et du développement, co-auteur du rapport.


Kanalreunion.com