Environnement

Maïdo : la situation se stabilise

Hauts de Saint-Paul

Témoignages.re / 15 octobre 2010

L’incendie continuait de faire rage sur les falaises du Maïdo hier. Même si le vent se maintenait, la situation était favorable. Les flammes ont peu progressé hier matin, mais l’altitude, les dénivellations du terrain et l’absence de point d’eau à proximité rendaient difficile la tâche des soldats du feu qui s’organisaient en deux équipes distinctes. L’une s’occupait de la partie haute de la falaise, au niveau du Grand Bénare. L’autre groupe s’occupait du refroidissement de la zone basse où l’incendie est maîtrisé. Environ 315 personnes se relayaient désormais continuellement pour lutter contre cet incendie. Pour l’heure, 350 hectares de végétation endémique ont brûlé depuis le lundi 11 octobre.

Par ailleurs, les renforts tant attendus ont débarqué hier matin à l’aéroport. Une soixantaine de militaires venus du Sud de la France, spécialistes des feux de forêt, devaient être sur le terrain à partir de midi. Depuis mercredi et à la demande du préfet, l’armée locale a également été appelée en renfort. Une quarantaine d’hommes du RSMA et du 2ème RPIMA étaient déjà présents sur le terrain. Ils étaient chargés de creuser des sillons afin d’empêcher la propagation souterraine du feu.



Pour rappel, les sentiers permettant d’accéder aux routes forestières Tévelave, Timour, Maïdo, Tamarins, Cryptomérias, Grande Terre et Scierie sont interdits au public.

Lors d’une conférence de presse tenue hier, la députée-maire de Saint-Paul, Huguette Bello, a noté que la commune de Saint-Paul est couverte, dans sa partie supérieure, sur près de 5.500 ha, par le massif forestier des Hauts sous le vent. Ce massif qui est d’une superficie totale de 12.447 ha est « particulièrement sensible aux incendies, notamment en cette saison sèche, longue et marquée, qui s’étend généralement de août à décembre ».
En raison de sa position géographique, en raison du type de végétation qui est très inflammable et à cause des conditions climatiques propices durant la saison sèche, les feux sont des feux courants, qui se déplacent rapidement au vent. C’est ce qui se passe actuellement, dit-elle.

Rappelant des catastrophes écologiques, dues à des incendies, qu’a connu l’île, notamment en 1970 et en 1980, et afin d’éviter d’arriver à une telle ampleur, Huguette Bello a demandé au Préfet de faire appel à l’armée.
Elle a tenu à féliciter les personnes qui luttent pour empêcher la propagation des flammes vers les remparts qui surplombent Mafate et vers les forêts de tamarins, plus bas en altitude, également les pompiers qui viennent de toute l’île, les agents de l’ONF, gendarmes et militaires qui sont sur le pied de guerre et aussi ceux qui œuvrent dans les airs, reconnaissant que « leur tâche est difficile ».

La députée-maire a aussi rappelé que le risque incendie est élevé sur le massif forestier des Hauts sous le vent, recommandant « la plus grande prudence sur l’emploi du feu en forêt ». Les causes probables d’incendie sont « essentiellement d’origine humaine », dit-elle. En effet, les bivouacs sur des espaces non équipés et les feux sauvages allumés à même le sol sont probablement une des causes de la concentration importante des points d’éclosion. Ainsi, il est rappelé aux habitants de Saint-Paul et à l’ensemble des personnes fréquentant le massif forestier des Hauts sous le vent de veiller à ne pas allumer de feu. Un feu de camp ou un barbecue à même le sol mal éteints, une cigarette jetée mettent le feu au patrimoine mondial !
Huguette Bello conclut en appelant à la « responsabilité de chaque Réunionnais, de chaque visiteur ».


Mais où est le président du Parc national ?

Tout le monde a vu comment Daniel Gonthier, dirigeant d’Objectif Réunion-UMP et par ailleurs président du Parc national des Hauts, s’est affiché durant la session de l’UNESCO à Brasilia examinant la candidature “Piton Cirques et Remparts de La Réunion” au Patrimoine mondial. PCR comprend en effet la zone centrale du Parc national des Hauts.
Cette visibilité de Daniel Gonthier a été tellement remarquée que certains observateurs se sont interrogés sur la capacité de nuisance à la candidature réunionnaise d’une telle exubérance. Dès que l’UNESCO eut inscrit la zone centrale du Parc dans le Patrimoine mondial, Daniel Gonthier a dansé devant les caméras de télévision.
Aujourd’hui, la zone centrale du Parc national est dévastée par un gigantesque incendie. Tout le monde a remarqué que le président du Parc national est resté silencieux. Mais où est donc passé Daniel Gonthier ?
Il eut été intéressant de connaître tous les travaux engagés sous sa responsabilité pour empêcher les incendies de se propager dans ce qui fait aujourd’hui partie du Patrimoine mondial.


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