Environnement

Non à la répression. Oui au dialogue pour une alternative

Les partisans d’une alternative à la NRL seront-ils traités comme les opposants à l’aéroport de Notre-Dame des Landes

Manuel Marchal / 11 janvier 2016

Un mois après l’adoption de l’Accord de Paris à la COP21, le gouvernement a répondu par la répression à une manifestation pour une alternative au projet de l’aéroport de Notre-Dame des Landes. Les prochaines mobilisations contre la NRL et les projets de méga-carrière à La Réunion subiront-elles le même sort ? Pourquoi ne pas s’inspirer de ce qui a été fait pour mettre fin à la construction d’un barrage à Sivens ?

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Une partie de la foule présente le 7 juin dernier pour s’opposer à l’ouverture d’une carrière à Bois-Blanc.

Soutenu par le gouvernement, le projet de l’aéroport de Notre-Dame des Landes est prévu pour remplacer celui de Nantes. Des élus locaux poussent également pour sa réalisation, notamment l’ancien Premier ministre Jean-Marc Ayrault.

La mobilisation pour une alternative à ce projet est lancée depuis plusieurs années. Le secteur retenu pour construire cette infrastructure est devenue une ZAD, zone à défendre. L’ampleur de la contestation a obligé le gouvernement à suspendre les travaux dans l’attente des jugements de tous les recours. Pendant la campagne électorale des régionales, la question de l’aéroport était au centre du débat pour réussir l’union face à la droite et l’extrême droite. Entre les deux tours, l’union de la gauche a été rendue possible parce que les socialistes se sont engagé à remettre en cause le projet. Cela voulait dire le lancement d’une part d’une étude sur la modernisation de l’aéroport de Nantes, pour rendre injustifiable la construction de celui de Notre-Dames des Landes. D’autre part, la liste d’union s’engageait à s’opposer aux premières expulsions prévues pour les besoins du chantier. Mais le 13 décembre, la droite a réussi à l’emporter. Le programme de l’union ne peut donc pas être appliqué.

Canon à eau et gaz lacrymogène

Contrairement au barrage de Sivens, le gouvernement a choisi de persister.

Les procédures d’expulsion continuent donc de suivre leur cours. Samedi, des opposants à l’aéroport de Notre-Dames des Landes ont donc lancé une nouvelle action, le blocage du périphérique de Nantes. Ils sont solidaires des agriculteurs qui risquent de tout perdre, et demandent l’arrêt des expulsions. Un mois après la tenue à Paris de la COP21 et l’adoption de l’accord de Paris, le gouvernement est donc mis au pied du mur.

Cette manifestation pacifique s’est terminée dans la répression. Alors que les manifestants commençaient à évacuer pour rétablir la situation, ils ont été attaqués à coups de canon à eau et de gaz lacrymogène.

La tournure de ces événements amène à s’interroger sur l’attitude du gouvernement. Les défenseurs de l’environnement devront-ils désormais s’attendre à la répression quand ils protestent contre un projet ?

170 camions par jour à Dioré

Cela est d’autant plus inquiétant pour La Réunion. Le projet de la nouvelle route en mer dite NRL a été lancé sans que soit réglée la question des matériaux. Le gouvernement est alors venu en aide à la Région Réunion en soutenant les démarches d’ouverture de plusieurs méga-carrières, et en autorisant l’importation de roches de Madagascar. À Bois-Blanc, la mobilisation a fait réfléchir le pouvoir. Mais d’autres dossiers attendent aux Orangers, près de Saint-Benoît, et à Dioré, dans la commune de Saint-André.

Concernant Dioré, les promoteurs du chantier se préparent à exploiter une méga-carrière. Il est prévu un rythme de 170 rotations de camions par jour. Pour contrer les protestations légitimes, les soutiens de la NRL vont jusqu’à tenter de faire croire qu’ils feront construire de nouvelles routes de liaison entre la 4 voies qui traversent Saint-André et le réseau routier communal.

Comme à Bois-Blanc, il faut s’attendre à une grande mobilisation afin de stopper le massacre de l’environnement de La Réunion pour construire une route en mer de 12 kilomètres qui ne règlera aucun problème.

Le gouvernement a montré qu’il soutient le projet de route en mer. Il a donné à la Région des dérogations pour passer outre le veto unanime du Conseil national de protection de la nature. Répondra-t-il par la répression aux manifestants comme à Nantes ?

Le maintien d’une telle posture irait totalement à l’encontre des engagements pris à Paris, sous présidence française, lors de la grande conférence internationale sur le climat. Face au changement climatique, la NRL est exactement à l’opposé de ce qu’il faut faire.


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