Environnement

« Pas de problème de santé publique ! »

Résultats de la première campagne d’évaluation de la qualité de l’air

Témoignages.re / 18 février 2010

Les résultats de la première campagne d’évaluation de la qualité de l’air dans l’environnement proche du site de la STAR ne font pas mention de danger sur la santé publique. Et en attendant les résultats définitifs de la seconde campagne de surveillance, Municipalité, STAR, ORA mettent en garde contre les conclusions hâtives tout en rappelant leur volonté commune de continuer à œuvrer pour l’amélioration du quotidien de la population directement touchée par ces émanations olfactives ô combien désagréables, mais ne présentant pas de danger au niveau sanitaire. Le point sur cette première campagne d’évaluation.

Les odeurs, certes nauséabondes, émanant du site d’enfouissement technique ne constituent pour autant des menaces directes et imminentes en matière de santé publique.
Cependant, conscients des gènes olfactives occasionnées, et subies par la population environnante, l’ensemble des partenaires continueront à prendre des mesures visant l’amélioration du quotidien des habitants.
Tel a été le message qu’ont souhaité délivrer mardi dernier la Municipalité, la STAR, l’ORA lors d’une conférence de presse organisée dans la salle du Conseil municipal de la Mairie de Sainte-Suzanne.
Un message clair où la volonté réelle et commune de continuer à œuvrer pour l’atténuation sans cesse et répétée de la pollution auditive a été réaffirmée.
En effet, à l’unisson de Yolande Pausé, Maire de la commune, Bruno Siéga, Directeur de l’Observatoire réunionnais de l’air, et Philippe Salmon, Directeur technique de la STAR, se sont employés à décrypter les résultats de l’évaluation de la qualité de l’air dans l’environnement proche du CVE (Centre de valorisation énergétique), géré par la STAR.
Organisée du 10 juillet au 3 août 2009 par l’Observatoire Réunionnais de l’Air.

An plis ke sa

Le point :

• Campagne de surveillance
La campagne de surveillance a porté sur cinq sites situés autour du CVE (Centre de Valorisation Energétique) dans la commune de Sainte-Suzanne.
À l’aide d’un analyseur automatique, les concentrations des différents polluants ont été relevées.
Parallèlement, l’ORA a mené une campagne de surveillance sur ces 5 points, à l’aide de tubes à échantillonnage passif. Les concentrations de SO2, de NO2, de H2S, d’acides (HF et HCl), de benzène (C6H6), de toluène (C7H8), de xylènes (C6H4(CH3)2) ainsi que du limonène (C10H16) ont été relevées.
Les concentrations des métaux lourds ont également été relevées à l’aide d’un partisol, suivi d’analyses physico-chimiques des échantillons en laboratoire.

• Sur les 5 sites surveillés à l’aide d’échantillonneurs passifs
Pour le dioxyde de soufre, le dioxyde d’azote et le benzène, les valeurs limites annuelles définies dans le décret n°2002-213 devraient être respectées, ceci en extrapolant sur une année civile.
Pour le limonène, le STEL, défini dans la fiche de données de sécurité Suisse du 20 mars 2009, a été respecté sur la période de mesure.
Pour les acides, les VLEP et les VME définies dans les fiches toxicologiques de l’INRS ont été respectées sur la période de mesure.
Pour le toluène, la recommandation de l’OMS (Organisation mondiale de la santé) a été respectée sur la période de mesure.

• Relevés effectués à l’aide d’un analyseur automatique
Les résultats des concentrations de polluants relevées à l’aide de l’analyseur automatique seront comparés à différentes références réglementaires, notamment aux références françaises du décret 2002-213 du 15 février 2002, des fiches toxicologiques de l’INRS (Institut national de recherche et de sécurité) et aux références internationales de l’OMS (Organisation mondiale de la santé).

Au vu d’une campagne de 3 à 4 jours de mesure sur chacun des sites et pour les 18 polluants surveillés, il apparaît les conclusions suivantes :

- Sur le site n°1 (enceinte de l’école Maya), pour le méthylmercaptan, la référence sur 8h a été dépassée.
- Sur le site n°2 (locaux de la STAR), pour le méthylmercaptan et l’éthylmercaptan, les références sur 8h ont été dépassées.

- Sur le site n°3 (enceinte de l’école Les Bauhinias), les normes réglementaires ont été respectées pour l’ensemble des 18 polluants relevés sur ce site, même si de fortes concentrations (maximum sur 8h) de méthylmercaptan et d’éthylmercaptan ont été observées.

- Sur le site n°4 (enceinte société de location des matériels de BTP), pour la méthylamine, la concentration maximale de la moyenne horaire a été dépassée ; pour le formaldéhyde et le méthylamine, les références quart horaire ont été dépassées ; et pour le formaldéhyde, la référence sur 8h a été dépassée.

- Sur le site n°5 (enceinte du SPANC), pour la méthylamine, la référence horaire a été légèrement dépassée.
Concernant les autres polluants relevés sur ces 5 sites, les normes réglementaires ont été respectées.

Les caractéristiques et origines probables des composés présentant un dépassement des références réglementaires sont les suivants :

• Caractéristiques des polluants
- Le méthylmercaptan est un gaz incolore, présentant une odeur caractéristique de “chou pourri”.

- l’éthylmercaptan est un gaz incolore, présentant une odeur caractéristique de “chou bouilli”.

- La méthylamine est un gaz incolore, à odeur caractéristique. C’est un composé organique incolore qui dérive de l’ammoniac. Elle est décrite comme une odeur de poisson, pour des concentrations > à 10 ppm.

- Le formaldéhyde ou formol se présente à température ambiante sous forme d’un gaz incolore à odeur âcre et suffocante. Le seuil minimum de perception de cette odeur caractéristique est de 0,05 ppm et elle est détectée par la plupart des personnes autour de 1 ppm.

• Sources des polluants
De manière générale, les pollutions olfactives, générées par l’ensemble des dérivés soufrés du type mercaptan et l’hydrogène sulfuré, se rencontrent dans de nombreuses activités humaines :

- L’industrie : effluents industriels notamment les industries liées à l’énergie, la chimie, au bois, au papier et à la viscose et à l’agro-alimentaire ;

- les déchets : industrie des sous-produits d’animaux, déchets ménagers, etc. et/ou

- les stations d’épuration.

• Sur les 5 sites surveillés à l’aide du partisol
L’ORA a aussi effectué une campagne de surveillance des métaux lourds dans la fraction PM10 sur les 5 sites.
Pour le plomb, l’objectif de qualité ainsi que la valeur limite annuelle devraient être respectés, en extrapolant la valeur mesurée sur une année civile.
Pour l’As, le Cd et le Ni, les valeurs cibles devraient être respectées, en extrapolant les valeurs mesurées sur une année civile.

Il est à souligner que les métaux lourds les plus souvent considérés comme dangereux pour l’Homme sont le plomb, le mercure, l’arsenic et le cadmium. D’autres métaux lourds, comme le cuivre, le zinc et le chrome, peuvent devenir toxiques à doses importantes.

Les principales sources de ces polluants sont notamment l’émission aérienne par combustion des végétaux, du pétrole, l’extraction de minerais, les processus industriels, les incinérateurs, l’élimination des déchets miniers et industriels, les industries agro-alimentaires.


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