Environnement

Pierres illégales pour la route en mer

Nouveau scandale pour un chantier à l’origine de troubles à l’ordre public

Manuel Marchal / 13 novembre 2014

Hier à La Possession, la maire a dénoncé l’exploitation de plusieurs carrières clandestines dans cette commune. Les galets extraits illégalement finissent ensuite dans la mer. Rappelons que la Région Réunion a lancé un chantier sans avoir la certitude d’avoir les matériaux disponibles. La route en mer est donc une nouvelle fois plombée, cette fois-ci par des fournisseurs sans scrupules qui n’hésitent pas à créer un trouble à l’ordre public pour procurer des marchandises à un marché payé par des fonds publics. Qu’attend donc la Région pour casser les contrats de ces fournisseurs ? Les sanctions seront-elles à la hauteur du saccage ? Quand sera enfin donné le coup d’arrêt à ce chantier inutile qui commence à troubler sérieusement l’ordre public ?

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Un gaspillage dénoncé en France.

Le chantier de la route en mer défraie une nouvelle fois la chronique. Cette fois, les Réunionnais apprennent que des pierres extraites illégalement y sont utilisées.
Rappelons que la Région Réunion a décidé de construire une route en mer sans avoir l’assurance d’avoir des matériaux pour la faire. Les carrières ne suffisent pas. Les tentatives pour en ouvrir de nouvelles font face à l’opposition résolue de nombreuses personnes, soutenues par leurs élus. Du coup, face à la pénurie, il a déjà fallu importer un premier chargement de galets.

Le retour de Joël Mongin

Pour satisfaire la demande en pierres, des patrons peu scrupuleux ont décidé d’utiliser des carrières illégales. Sur des terrains privés en zone protégée, ils arrivent, creusent, se servent et ensuite livrent leur chargement quelques kilomètres plus bas. Selon les informations diffusées hier dans les médias, le cours du galet sur le chantier de la Région est aux alentours de 30 euros la tonne.
La maire de La Possession avait organisé hier une opération médiatique pour dénoncer ces pratiques. En réaction, un des patrons concernés, Joël Mongin, a fait part de sa colère. Rappelons qu’en 2008, il avait été un meneur de l’opération de blocage des routes et blocus du Conseil régional pour combattre l’ancienne majorité de la Région Réunion. Quelques mois plus tard, il avait récidivé lors de la venue de François Fillon. Hier, Joël Mongin était cette fois pris la main dans le sac.

La pénurie créée le trouble

Autant dire que les promoteurs de la route en mer ont maintenant des indications sur la provenance de galets qu’ils achètent pour ensuite les jeter dans l’océan. Leur origine est illégale. L’affaire est désormais publique. Les responsables de ce chantier sont au pied du mur. Vont-ils encore acheter des matériaux à ces entreprises en connaissant leurs méthodes illégales ?
Le manque de pierres pour réaliser les ouvrages promis amène donc à la situation suivante : un trouble à l’ordre public. Il devient donc urgent de faire cesser ce trouble avant que la situation ne dégénère comme en France à Sivens ou à Notre-Dame des Landes. La sagesse impose donc de donner un coup d’arrêt à ce chantier.


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