Environnement

Premières propositions pour la gouvernance de la biodiversité

Serge Letchimy et Victorin Lurel ont rendu leur rapport

Témoignages.re / 18 juillet 2015

Les premières propositions sur la gouvernance de la biodiversité outre-mer ont été remises hier à Ségolène Royal par Serge Letchimy et Victorin Lurel. La Réunion serait intégrée à un bassin océan Indien allant de la zone intertropicale à l’Antarctique. Une telle diversité de milieux serait sans équivalent dans toute la République.

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La biodiversité, une des nombreuses richesses que les îles apportent à la République.

Serge Letchimy, député de la Martinique, et Victorin Lurel, député de la Guadeloupe, ont remis hier à la ministre de l’Écologie leur rapport sur l’extension de l’Agence française pour la biodiversité dans les outre-mer (AFB). Cette nouvelle institution doit valoriser les nombreuses richesses que les îles apportent à la République dans ce domaine clé. L’AFB est une instance qui deviendra un lieu de gouvernance en matière de biodiversité. La mission des deux présidents de conseil régional a permis de constater l’état variable de l’avancement de la préfiguration de l’AFB dans les différentes collectivités. Les travaux ont déjà bien avancé en Guadeloupe et en Martinique. La rencontre entre la délégation parlementaire et les acteurs locaux y ont rassemblé des élus de toutes les collectivités, les services de l’État, des centres de recherche et les associations de protection de l’environnement. À La Réunion, les débuts sont beaucoup plus timides. Serge Letchimy a vu d’une part Dominique Fournel et deux administratifs de la Région. D’autre part, l’élu martiniquais a échangé au Conseil départemental avec Mme Grondin et Daniel Gonthier, par ailleurs président du Parc national, accompagnés de trois fonctionnaires.

Le rapport préconise que les AFD assurent leur mission sur un bassin écosystémique.
Selon les propositions des deux parlementaires, La Réunion ferait partie du bassin écosystémique de l’océan Indien. Il regrouperait non seulement Mayotte et La Réunion, mais aussi les Terres australes et antarctiques françaises, soit Mayotte, les îles Éparses, La Réunion, les îles de l’océan Austral comme l’archipel des Kerguélen, sans oublier la Terre Adelie sur le continent Antarctique.

Le Pacifique est regroupé lui aussi dans un seul bassin constitué des archipels de la Polynésie, des Provinces de la Nouvelle-Calédonie et de Wallis et Futuna.
Quant à l’Atlantique, il est pour sa part divisé en trois entités : le bassin écosystémique de la Guyane, celui des Antilles et enfin de Saint-Pierre et Miquelon.

Chacun des bassins relèverait d’une Agence française de la biodiversité. Cela donne trois AFB dans l’Atlantique, une dans l’océan Indien et une dans le Pacifique.
Il est à noter que si l’océan Indien regroupe plus de la moitié de la population des collectivités d’outre-mer, il lui est proposé une seule agence contre trois pour l’Atlantique. Pour sa part, le vaste océan Pacifique doit lui aussi se contenter d’une seule agence.

La direction de ces agences serait d’abord attribuée par tirage au sort entre les représentants des différentes collectivités, puis la présidence sera tournante avec une succession donnée à la collectivité géographiquement la plus proche et « dans le sens des aiguilles d’une montre ». Les AFB de Saint-Pierre et Miquelon et de la Guyane ne sont pas concernées par la présidence tournante, car elles sont des collectivités territoriales uniques.


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