Environnement

Préserver les terres agricoles de la spéculation

La CGPER et le Schéma d’aménagement régional

Témoignages.re / 3 novembre 2010

La Chambre d’agriculture restera vigilante quant à l’application de la préservation des espaces réservés à l’agriculture, affirme la CGPER au sujet du SAR que la Région doit voter. Le syndicat souhaite que les logements neufs soient d’abord construits dans les villes et non sur des terres agricoles déclassées.

Dimanche, la CGPER a donné sa position sur les orientations du SAR annoncées par la Région. Le syndicat rappelle que la réussite du projet agricole et des objectifs de production précisément définis dans les cahiers de l’agriculture en 2006 nécessite un besoin d’une surface agricole utile de 50.000 hectares (dont 30.000 hectares pour la canne à sucre, 13.000 hectares pour l’élevage et 7.000 hectares pour le maraîchage, l’arboriculture fruitière et l’horticulture). La CGPER note que le SAR qui doit être approuvé par les conseillers régionaux affiche un besoin de 1.400 hectares d’extension urbaine (dont 100 hectares se situent dans les territoires ruraux) pour la construction de 180.000 logements nouveaux d’ici à 2030. « De nombreux bassins agricoles cultivés et irrigués sont inclus dans la zone préférentielle d’urbanisation, de même, des espaces cultivés sont inclus dans le cœur de l’espace urbain de référence », note la CGPER. « Or, les dents creuses ou réserves non bâties représentent plus de 10% de l’enveloppe de l’espace urbain de référence ». Pour le syndicat, ces « dents creuses » représentent des sites à privilégier pour la construction de nouveaux logements en densification.
« Les agriculteurs restent les principales victimes des documents d’urbanisme, et à chaque fois qu’un projet collectif est envisagé », rappelle le syndicat, « faut-il rappeler que ces agriculteurs ont acheté ces terres au prix fort à l’époque ? Ils ont pris 20 ans pour mettre en valeur leur terrain, parfois à la seule force des bras et d’une pioche, et on leur annonce qu’il faut dégager pour construire une route ».
« Le logement des agriculteurs reste une problématique à La Réunion »,
indique par ailleurs la CGPER. « A ce jour, on dénombre 1.800 agriculteurs qui ne résident pas sur leur exploitation faute de permis de construire, soit 25% des agriculteurs. En Métropole, moins de 10% des agriculteurs ne vivent pas sur leur exploitation ». De fait, nombreux sont les agriculteurs qui doivent habiter dans des immeubles loin de l’exploitation. Le matériel est donc laissé sans surveillance la nuit, ce qui n’est pas sans poser des problèmes de vols. À cela s’ajoute la difficulté pour les jeunes de quitter la maison des parents. Car une fois le remboursement des traites liées à l’installation, ces jeunes n’ont pas un revenu suffisant pour avoir un logement à leur nom, ce qui peut créer des tensions entre les générations. « La Chambre d’agriculture et la CGPER estiment qu’il ne faut plus avoir de tabous sur le logement des agriculteurs et demandent qu’une vraie concertation soit entreprise entre l’ensemble des acteurs concernés pour mettre en place un protocole sur le logement des agriculteurs qui définit les conditions et modalités d’application », indique le syndicat, qui constate que « cela avait été possible en 2008 pour le protocole sur le photovoltaïque ».


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