Environnement

Quand la quête du profit s’introduit dans des installations dangereuses

Après la pollution du Golfe du Mexique par du pétrole, les fuites radioactives d’une centrale nucléaire au Japon

Céline Tabou / 19 mars 2011

La Compagnie d’électricité de Tokyo, TEPCO, quatrième producteur mondial d’électricité a été pointé du doigt pour son manque de réactivité et son incapacité de prévoir ce que vit le Japon actuellement. Cette catastrophe n’est pas sans rappeler la nappe de pétrole qui s’est échappée du puits endommagé par une explosion survenue dans le golfe du Mexique.

La pollution du Golfe du Mexique à la suite de l’explosion d’une plate-forme de forage, et l’accident de la centrale nucléaire au Japon ont des points communs. Ces deux évènements ont montré que ces installations utilisant des énergies instables comme le nucléaire et le pétrole peuvent provoquer de graves dangers. D’autant plus lorsque ces entreprises sont introduites en bourse, et n’ont de cesse de faire du profit plutôt que du service.

Des sociétés irresponsables

La course aux bénéfices conduit généralement à une augmentation des risques, pour la vie humaine, l’environnement, mais aussi pour l’économie d’un pays. En effet, le Japon aura du mal à sortir de cette crise, notamment avec la fuite des investisseurs et une baisse des exportations. De même, aux États-Unis, avril 2010, la marée noire a détruit tout un écosystème qui devrait avoir des conséquences sur la santé de l’homme et l’économie des états limitrophes, Texas, Louisiane, Mississippi, Alabama et Floride, en ont pâti.

Dans le Golfe les ingénieurs ont dû inventer un système pour que les fuites soient colmatées, après une dizaine de mois. Connaissant les risques, la compagnie pétrolière BP aurait pu éviter l’accident si les résultats d’un test de résistance du puits avaient été correctement interprétés. En effet, la commission d’enquête du gouvernement américain a pointé du doigt la société. Cette dernière aurait dû prendre davantage de précautions, et l’explosion n’aurait sans doute jamais eu lieu. Mais priorité à la productivité et au business, BP n’a pas tenu compte du protocole à continuer d’utiliser ce puits endommagé.

La situation est la même au Japon. La compagnie d’électricité TEPCO n’a pas tenu compte de la vétusté des centrales, et a limité ses investissements par conséquent. Le manque de transparence dans le nucléaire japonais est dû à une quête de profit et de compétitivité considérable. En 2003, TEPCO avait été pris en flagrant délit de dissimulation car la compagnie avait falsifié ou ignoré à 29 reprises des rapports d’experts faisant état de défauts dans la structure de réacteurs.

La responsabilité des dirigeants

Face à ces catastrophes, une question se pose de savoir quelles seront les responsabilités prises par les dirigeants et notamment quel sort leur réservent les autorités ? L’an dernier, les miniers chiliens sont sortis du puits dans lequel ils étaient enfermés durant six mois, après que la mine se soit effondrée sur eux. Héros malgré eux, à cause du manque de scrupules des dirigeants.

Ces derniers plus prompts à faire travailler leur personnel dans des conditions extrêmes et sans précaution, ni prévention, ne se soucient guère des conséquences que cela pourrait avoir sur les individus, l’environnement mais aussi l’économie du pays. Car au-delà d’un problème national, ces directeurs d’entreprises de multinationales prennent de gros risques avec la population pour les bénéfices de l’économie de marché. Ne faudrait-il pas aller au-delà de l’aspect national, et intenter des procès contre ces dirigeants devant la Cour Pénal Internationale ?

Céline Tabou


Chine : les patrons des mines de charbon devront aller dans les puits

Conscient du nombre croissant d’accidents dans les mines de charbon, depuis son entrée à l’Organisation mondiale du commerce, le gouvernement chinois a décidé d’obliger les patrons des usines à descendre dans les mines. Cette règle de l’organisme de surveillance de la sécurité au travail veut que les patrons, qui « jouent avec la vie des mineurs, continuent à les faire travailler pour que leur entreprise fasse de gros bénéfices, sans se préoccuper beaucoup de la sécurité » rédigent et rendent publics leurs rapports de travail. Les patrons absents auront une amende pouvant aller de 30 à 80% de leur salaire annuel si jamais un accident arrive.


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