Environnement

Randonnée dans le patrimoine mondial

Les “Pitons, cirques, remparts” à l’UNESCO

Témoignages.re / 7 août 2010

Pour ne pas déranger les tuit-tuit en période de nidification, le Grand Raid avait été détourné de la Roche-Écrite à la demande du Parc national de La Réunion en 2009. Alors que les “Pitons, cirques et remparts de La Réunion” ont été inscrits ce dimanche 1er août 2010 au Patrimoine mondial de l’UNESCO, la question du devenir des sentiers de randonnées situés à l’intérieur du bien classé se pose. Même si les randonneurs se réjouissent globalement de cette valorisation du coeur de l’île, certains craignent de se voir restreindre l’accès à ces fameux sites exceptionnels. Du côté du Parc national, le discours se veut rassurant. « Le classement au Patrimoine mondial n’entraîne pas de réglementation supplémentaire », indique l’organisme.

« C’est bien pour le prestige de La Réunion », admet Frédéric Janin, moniteur de descente à Rando Réunion, en faisant référence à l’inscription des « Pitons, cirques et remparts » de l’île au patrimoine mondial de l’UNESCO. Il espère tout de même que le Parc n’interdira pas l’accès aux petits sentiers, ni aux sites comme le Maïdo. « Depuis la création du Parc national, certaines pistes nous ont été interdites, à cause de l’érosion ou des espèces endémiques », souligne-t-il. Le moniteur de VTT s’inquiète de voir sortir de nouvelles réglementations.

Alors que le tourisme découlant du classement à l’UNESCO a été largement vanté comme étant une opportunité pour La Réunion et les Réunionnais, le jeune homme soulève le paradoxe. « D’un côté, nous voulons attirer les touristes avec le slogan "La Réunion, une terre de sensations" et de l’autre les autorités restreignent le terrain de jeu de ces amateurs de sensations ».

Le Parc national de La Réunion, gérant du bien classé, se veut quant à lui rassurant. « Le classement au Patrimoine mondial n’entraîne pas de réglementation supplémentaire », affirme l’organisme. Concrètement, le Parc continuera à faire respecter la réglementation en vigueur, relevant notamment du code de l’environnement.

Concernant les sentiers actuellement fermés, le Parc précise, qu’ils sont interdits d’accès « pour des raisons de sécurité ». « Le Département est propriétaire de 80 % des sols du Parc, et la gestion des sentiers est assurée par l’ONF », rappelle l’organisme.

Avec l’inscription au Patrimoine mondial, le Parc s’est par contre porté garant de « la préservation du bien dans l’état où il a été classé ». La structure est utilisée pour porter les réglementations nécessaires à cette préservation, mais « le Parc ne produit pas de réglementation, il l’applique », précise une représentante de la structure.

La prochaine charte du Parc et la « stratégie de lutte contre les espèces invasives » ont « favorisé notre inscription au Patrimoine mondial », déclare-t-on du côté du Parc national. Pour rappel, ces deux documents visent principalement à coordonner les acteurs, les projets et à sensibiliser la population, pour respecter l’environnement et protéger les espèces endémiques menacées par les plantes et animaux exotiques.

Les randonneurs se réjouissent de l’inscription du coeur du Parc au patrimoine mondial. « C’est une très bonne nouvelle pour nous, professionnels de la montagne », s’exclame Rudy Laurent, responsable d’une entreprise qui organise des randonnées. « Nous comptons mettre en place des circuits dans les sites classés », explique-t-elle. Même son de cloche du côté de l’association Grand Raid qui se dit « fière de ce classement ».

Interrogé sur d’éventuelles conséquences sur les tracés futur de l’épreuve mythique, Robert Chicaud, président de l’association, répond : « Je ne vois pas quelles conséquences contraignantes le Parc national pourrait nous imposer. Et quand bien même nous devrions changer le tracé, nous accepterions. La philosophie du Grand Raid est aussi de préserver la nature ». Et il poursuit : « Nous devrons être vigilants pour protéger ce site parce que désormais, de nombreux regards sont tournés vers La Réunion ».

Pour Philippe, amateur de randonnées et de trails, le classement à l’UNESCO va permettre de « sensibiliser d’avantage la population à l’environnement et inciter à découvrir l’île de l’intérieur ». Avec plusieurs Grand Raids à son actif, il a constaté que de nombreux sites étaient pollués. Philippe ne voit pas de contraintes dans la réglementation du Parc, ayant lui même « toujours fait attention à respecter ces paysages extraordinaires ».


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