Environnement

“Repenser le projet de Nouvelle Route Littorale à La Réunion”

Le Groupement citoyen pour une autre voie écrit à trois ministres

Témoignages.re / 17 septembre 2012

Le Groupement citoyen pour une autre voie — Contre la route (Nouvelle Route du Littorale (NRL)) a transmis le courrier ci-après à Cécile Duflot, ministre de l’Égalité des territoires et du Logement, Delphine Batho, Ministère de l’Écologie, du Développement durable et de l’Énergie et Victorin Lurel, ministre des Outre-mer. Au moment où une Conférence sur l’environnement vient de se terminer, il est crucial de “repenser le projet de Nouvelle Route Littorale à La Réunion”. Cette initiative “est contraire aux objectifs du Grenelle de l’environnement”. Aujourd’hui, la question de cette route irréaliste est en débat au Sénat. Voici le courrier, avec des inter-titres de "Témoignages".

« Nous avons pris connaissance de la tenue de la Conférence environnementale des 14 et 15 septembre, où vous serez alertés par l’association FNAUT sur des projets d’aménagement jugés par elle « contraires aux objectifs du Grenelle de l’environnement et néanmoins inscrits au Schéma National des Infrastructures de Transport ».

Nous apprécions beaucoup que la FNAUT dénonce parmi ces projets, le projet de « Nouvelle Route du Littoral », la NRL qui « saccagerait le littoral nord‐ouest de l’Ile de La Réunion ».

Notre groupe émanant de la société civile à La Réunion, milite en outre pour repenser « une autre voie entre La Possession et Saint-Denis » (enjeu historique vital toujours en suspend).

Déjà de nombreuses voix contre

De nombreuses voix se sont déjà élevées ici contre la NRL. D’ailleurs une pétition a réuni 800 opposants pendant l’enquête publique et une autre plus de 4.000 signatures sur AVAAZ.org à ce jour. Des partis politiques, des personnalités et associations se sont prononcés localement contre ce projet phare de la majorité régionale. Laquelle se trouve aujourd’hui bien isolée mais joue sur une opinion soucieuse de sécurité elle-même insuffisamment informée.

Nous nous retrouvons dans les objections que la FNAUT. Comme elle, nous jugeons aussi le projet de NRL :

• Surdimensionnée,

• D’un coût grossièrement sous‐estimé,

• D’un intérêt économique et écologique jamais démontré autrement que par des slogans : « une route moderne, gratuite et sécurisée ».

Impact environnemental et coût inflationniste

Nous préciserons en outre que son impact environnemental est plus que discutable pour la commission départementale compétente dont l’avis négatif fut outrepassé par la seule voie double du Préfet.

Nous pensons que ce projet routier s’expose dangereusement et inutilement au déferlement de l’océan en région cyclonique alors que d’autres tracés étaient possibles selon les préconisations des experts internationaux. Nous pensons aussi que les ressources de l’île notamment en eau et énergie seront exagérément ponctionnées. Les carrières de l’île s’avèrent déjà insuffisantes pour satisfaire l’appétit de ce projet « pharaonique » en matériaux et gravats pour béton et remblais (quatre années de consommation habituelle en remblai !). La Région envisage d’ailleurs jusqu’à les importer voire remplacer les digues par le prolongement encore plus coûteux du viaduc !

Cette surenchère technique et sécuritaire qu’impose une route en mer tropicale conduit à un coût inflationniste que la Région tente de masquer à la population. Elle prétend le contenir au niveau pourtant déjà record des accords de Matignon 2, à 1.6 milliard d’euros alors qu’on parle déjà de 2,5 milliards d’euros.

La population déjà éprouvée par une économie sinistrée, devra assumer sur plusieurs générations un choix aventureux dans une conjoncture économique nationale et mondiale des plus incertaines. Cela sans pour autant régler définitivement le problème historique de la liaison des côtes au vent et sous-le-vent de notre île et en compromettant les réponses aux besoins les plus urgents.

Suspendre la DUP

À l’occasion de cette Conférence environnementale des 14 et 15 septembre, nous souhaitons attirer l’attention des ministères concernés sur le fait que les études et choix actuels éloignent techniquement et financièrement le projet du scénario qui avait été soumis initialement à l’enquête publique. À la DUP devenue caduque viendraient s’ajouter d’autres vices de forme de la procédure juridique. La maturation de ce projet en mer ne peut que le conduire une impasse et à sa faillite.

Nous avons publiquement et solennellement demandé au Préfet de La Réunion de suspendre cette DUP afin de permettre son réexamen en vue de son annulation qui s’impose.

Dans ce but, j’ai donc l’honneur de vous confier par ailleurs un dossier sur le projet régional de nouvelle route littorale, dossier que nous avions remis au ministre des Outre‐mer ainsi qu’à tous les parlementaires de l’Ile et aux autorités locales compétentes. Il s’agit d’une compilation des contributions des uns et des autres qui se sont exprimé contre ce projet de NRL »

Bruny Payet

Groupement citoyen pour une autre voie

Ancien conseiller régional


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