Environnement

Requins à La Réunion : le traitement des eaux usées a-t-il failli ?

L’impact de l’activité humaine sera étudié

Manuel Marchal / 25 avril 2015

Ce vendredi, la ministre des Outre-mer a rencontré des personnes concernées par la crise requins, puis a vu la nature des dispositifs de sécurité mis en œuvre. Enfin, elle a annoncé de nouvelles mesures. À court terme, une hausse du nombre de requins tigre et bouledogue pêchés et des moyens supplémentaires pour sécuriser les pratiques nautiques. À plus long terme une intensification de la recherche pour mieux connaître les causes d’une perturbation possible de l’environnement marin à La Réunion, hypothèse pouvant expliquer la fréquence plus importante des attaques depuis quelques années.

JPEG - 72.8 ko
George Pau-Langevin, ministre des Outre-mer et Nicolas Le Bianic, chargé de prévention Risque Requin à la préfecture

George Pau-Langevin a conclu son séjour à La Réunion par une séquence sur le risque requin. Elle a tout d’abord rencontré des personnes concernées à la sous-préfecture de Saint-Paul. Elle a ensuite pris la mer à Saint-Gilles pour constater les mesures prises pour assurer la sécurité des usagers de la mer. Enfin, accompagnée de Dominique Sorin, préfet de La Réunion, et de Nicolas Le Bianic, chargé de prévention Risque Requin à la préfecture, la ministre a annoncé de nouvelles mesures à la presse.

Subvention de 6 millions d’euros

Un sujet pris très au sérieux par le gouvernement, dit la ministre, qui rappelle l’obligation de protéger la population.

Elle a donc annoncé 8 initiatives. Parmi elles, figure notamment la hausse de la contribution financière de l’État : 1 million d’euros par an soit 6 millions sur la période du plan. George Pau-Langevin a aussi confirmé des dispositifs expérimentaux pour sécuriser la pratiques d’activités nautiques sur quelques sites. Elle a également annoncé une intensification de la pêche des requins tigre et requins bouledogue, y compris dans les zones de la réserve marine où la pêche d’autres poissons est autorisée. Aucun quota n’a été annoncé, les requins seront chassés par des pêcheurs professionnels qui seront rémunérés par l’État. Le nombre de requins pêchés est aujourd’hui d’environ 90 par an, il sera accru significativement tout en sachant que ce n’est pas en pêchant des requins que le danger disparaîtra.

Elle a aussi rappelé la ferme interdiction de la consommation du requin, sur recommandation de l’Autorité nationale de sécurité sanitaire.

George Pau-Langevin a aussi insisté sur l’importance de partager les messages de prévention : « même si on a mis de la sécurité et un système d’alerte, si les interdictions ne sont pas respectées, nous allons vers des difficultés ».

« Intensifier la recherche scientifique »

La ministre a en effet souligné l’importance de savoir pourquoi ce risque est-il arrivé à ce point. Il s’agit de vérifier s’il n’y a pas eu de rupture des équilibres dans le milieu marin. D’ores et déjà, il n’y a aucun lien démontré entre la présence de la réserve marine et les attaques, a affirmé George Pau-Langevin.

Il faut donc « intensifier la recherche scientifique », l’encourager pour savoir ce qui a changé dans l’environnement de La Réunion.

La ministre a constaté aussi que l’augmentation de la population s’est accompagnée d’une hausse du volume de rejet des eaux usées dans la mer. George Pau-Langevin a indiqué qu’un certain retard a été pris à La Réunion dans le traitement de ces déchets.
Elle a aussi fait part d’une croissance de la pollution après de fortes pluies et des orages, notamment parce que les ravines abritent des choses qui ne doivent pas y être entreposées. Et si des activités humaines à La Réunion produisaient de la nourriture qui attire les requins ? Cette question mérite d’être creusée.

Toutes ces actions visent à améliorer l’image de La Réunion. Mais plus largement, c’est le tourisme outre-mer qui fera l’objet en juin prochain d’un comité interministériel présidé par Laurent Fabius, ministre des Affaires étrangères.


Kanalreunion.com