Environnement

Route des baleines de l’UNESCO : la route en mer à La Réunion plombe le dossier

Demande d’inscription au Patrimoine mondial

Témoignages.re / 17 mars 2015

Baleine à bec de Blainville, baleine à bec de Cuvier, baleine à bec de Longman, baleine à bosse, baleine franche sont autant d’espèces de baleines qui verront leurs sites de reproduction et de repos saccagés par les travaux de la nouvelle route en mer, dite nouvelle route du littoral de La Réunion. Voilà pourquoi la demande d’inscrire la route des baleines au patrimoine mondial de l’UNESCO est plombé d’avance par la Région Réunion. L’Alliance demande donc de renoncer au chantier de la nouvelle route en mer pour faire aboutir ce dossier.

La Commission permanente du Conseil régional réunie ce jour, a examiné un dossier visant à l’inscription d’une route des baleines au patrimoine mondial de l’UNESCO.

La Réunion est directement concernée par la zone géographique identifiée dans la région du sud-ouest de l’océan indien.

Le Conseil régional de La Réunion s’est positionné comme porteur de ce projet ambitieux.

Or, dans le même temps, pour construire la nouvelle route du littoral, la Région Réunion a demandé et obtenu de l’Etat des dérogations pour être autorisé à détruire, altérer, dégrader des sites de reproduction ou d’aires de repos d’espèces animales protégées dont précisément des baleines : baleine à bec de Blainville, baleine à bec de Cuvier, baleine à bec de Longman, baleine à bosse, baleine franche.

En demandant et obtenant ces dérogations, la Région est donc parfaitement consciente que la construction de la route en mer va porter atteinte à la vie d’espèces protégées, et notamment des baleines. En accordant à la Région ces dérogations, l’Etat autorise la Région à porter atteinte aux règles de protection de ces espèces.

Comment peut-on sérieusement et sincèrement plaider pour une démarche exemplaire de protection des baleines auprès de l’Unesco et dans le même temps demander à pouvoir les détruire, les altérer ou les dégrader pour construire une route en mer ?

Cette flagrante contradiction n’échappe à personne… Nous avons là une illustration du décalage entre la proclamation d’une démarche et la réalité.

Il est évident que le préalable au succès de la démarche engagée auprès de l’UNESCO est de renoncer à la route en mer.

Par ailleurs, lors de cette même commission permanente, la Région a voté les crédits annuels pour la « réserve naturelle marine ». La subvention de la Région accuse une baisse très importante, de l’ordre de 30 %, ce qui a pour effet de placer la « réserve naturelle marine » dans une situation délicate. Là encore, la décision de la Région n’apparaît pas cohérente avec l’enjeu de préservation des espaces marins et de la biodiversité.

Manifestement, les décisions de la Région ne sont pas au niveau de l’ambition proclamée d’exemplarité en matière de préservation de l’environnement.


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