Environnement

STEP Grand Prado : socle du Développement durable

Lutte pour le développement global solidaire et durable Station d’épuration pour les eaux usées de Saint-Denis et de Sainte-Marie

Témoignages.re / 14 novembre 2012

Dans le contexte de crise structurelle et conjoncturelle que traverse notre île, la Station d’épuration intercommunale du Grand Prado, dont la livraison industrielle est fixée au mois d’avril de l’année prochaine, interviendra comme une véritable équipe structurante porteuse de perspectives d’avenir pour les familles, les agriculteurs ainsi que la jeunesse. Un chantier dont la construction a déjà contribué à l’insertion par l’activité de 48 personnes. Une goutte d’eau certes dans l’océan du chômage, mais une contribution non négligeable de la CINOR à la lutte pour l’emploi. Un chantier dont les retombées en matière environnementale, de l’habitat, de la relance économique seront également importantes. Ce chantier d’envergure illustre en effet de manière éclatante l’attachement de la CINOR de continuer à défendre et servir au mieux l’intérêt général.

Octobre 2010-Septembre 2012 : Deux ans après le démarrage du chantier de cet équipement important — voulu comme une référence dans l’océan Indien sur la base d’un investissement toutes dépenses confondues en valeur finale de près de 100 millions d’euros — en y associant les travaux des réseaux associés —, où en est-on de la construction de cette STEP ? Un équipement qui, rappelons-le, se présente comme un futur outil au service du développement durable de notre île et lieu privilégié d’information et de sensibilisation à l’environnement, notamment sur le cycle de l’eau.
 A ce jour, l’avancement des travaux de cet impressionnant chantier est conforme au calendrier contractuel. Les travaux de génie civil (second œuvre), portant sur le bâtiment technique et ceux de la filière de traitement des eaux (bassins extérieurs d’eaux résiduels), ont été achevés à plus de 95%. S’agissant des travaux de génie civil de la filière boues, ils se poursuivent. On en est à 80% au niveau de l’avancement. Enfin, l’équipement de la filière eaux est avancé à près de 80%. 
S’agissant de la filière eaux, elle sera entièrement fonctionnelle dans les six prochains mois, alors que la réalisation de la filière boues de même que les aménagements extérieurs se poursuivront jusqu’en octobre 2013. 
Sur la base de ce tempo, cela permet d’entrevoir la mise en service industrielle de la station pour avril 2013. 
D’une capacité de 160.000 équivalents habitants (EH) à horizon 2013, extensible à 235.000 EH à l’horizon 2030 —, elle remplacera dès lors définitivement l’unité sous-dimensionnée du site de la Jamaïque à Saint-Denis. 
Ce projet majeur pour notre Communauté d’agglomérations s’inscrit au sein du plan d’action de mise aux normes des stations d’épuration françaises défini par le Ministère de l’Ecologie, de l’Energie, du Développement durable et de l’Aménagement du territoire pour satisfaire aux dispositions de la Directive européenne “Eaux résiduaires urbaines”, (DERU). Sur ce plan, force est de constater que les engagements pris en direction de l’Europe, résultant du contrat conclu le 17 juin 2010, sont tenus. Un projet qui, compte tenu de l’importance de l’opération, est classé « grand projet européen » au titre du programme opérationnel 2007-2013. Structurant, ce projet constitue l’un des plus importants projets de STEP concernant une agglomération de plus de 100.000 habitants restant à mettre en service sur le territoire.

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Le savoir-faire et la technologie pour un meilleur traitement de l’eau

Le projet du groupement d’entreprises Grand Prado 360° — dont le mandataire est Veolia Eau — a été retenu par le Conseil communautaire de la CINOR après examen de sa proposition globale et, notamment, pour sa capacité à proposer des alternatives techniques et technologiques dans divers domaines afin de répondre aux objectifs fixés par la collectivité. Dans le domaine de l’excellence, le pari est également tenu.

- Au niveau de la construction par exemple, ce savoir-faire s’est révélé utile pour la réalisation de l’usine (4.650 mètres carrés de surface construite). Si les techniques classiques de construction de bâtiment (comme par exemple l’utilisation de béton banché…) ont été déployées, il s’est révélé nécessaire de faire appel à des méthodes de réalisation d’ouvrages spéciaux, à l’image de la constitution des dômes des digesteurs (servant à la méthanisation) employés pour fabriquer le biogaz, puis produire de l’électricité.

- Un autre domaine remarquable sur le plan technologique est celui du traitement des odeurs : deux séries de 3 tours de lavage, d’un volume total de 180 mètres cubes, se chargeront de traiter l’ensemble de l’air vicié produit sur le site. D’une hauteur de près de 8 mètres, elles ont nécessité pour leur installation la mise en œuvre de transports adaptés. Ces tours permettront de rejeter dans le milieu environnement de l’air totalement désodorisé.

- Une attention particulière est également portée sur le dernier traitement avant le rejet des 20.000 à 30.000 mètres cubes journaliers d’eau épurée attendus dans le milieu naturel. Des lampes à ultra violet et des filtres rotatifs ont été disposés avant le canal de sortie, permettant de débarrasser les eaux des derniers germes et micro-organismes pouvant être encore présents dans les effluents à l’issu des traitements amont réalisés. Cette dernière étape constitue une ultime barrière de sécurité, permettant de rejeter une eau traitée, aux normes bactériologiques permettant de la qualifier « d’eau de baignade ».

- Enfin, soulignons l’installation, pour la première fois à La Réunion, d’un sécheur thermique sur le site du Prado, destiné à la production des granulés (pellets) à partir des boues d’épuration une fois méthanisées. Les boues, qui respecteront les critères réglementaires, seront riches en azote, phosphore et calcium. Ces éléments leur confèreront une valeur agronomique intéressante pour les sols et la fertilisation des cultures.

Ainsi, ce seront environ 4.000 tonnes de granulés qui pourront être recyclées sur les surfaces agricoles dès 2013, avec la participation de près de 260 agriculteurs.

Cette mise en place est accompagnée d’un partenariat avec le CIRAD, Ercane, le CTICS, ARTAS et la Chambre d’agriculture, afin de maîtriser et optimiser l’impact de cet apport fertilisant sur les cultures.

A travers l’insertion sociale de quelque 48 personnes, c’est toute la fierté de la CINOR

Les métiers et la nécessité de l’insertion sociale

Bien sûr, l’ensemble de ces technologies et techniques n’a pu se déployer sans le savoir-faire des hommes qui constituent les équipes intervenant dans les divers domaines de compétence.

Le terme de station d’épuration n’est pas seulement à associer à celui d’une unité de traitement de l’eau. Les métiers nécessaires pour constituer cette unité et la faire fonctionner sont multiples. Ils font appel à un savoir-faire particulier et, par conséquent, à la nécessité de faire appel à un personnel qualifié. Citons entre autres :

Métiers du bâtiment : gros œuvre : coffreur, maçon…, second œuvre : peinture, carrelage…

Métiers de l’équipement : soudeur, monteur, chaudronnier, plomberie…

Métiers de la maintenance : électricien, technicien en automatisme, électromécanicien…

Métiers de la chimie : laborantin, technicien d’analyses…

Métiers de l’ingénierie : metteur en route, ingénieur de maîtrise d’œuvre…

L’ensemble de ces métiers a été déployé sur le site du projet et a contribué à apporter une partie de la réponse en matière d’attente d’emploi et d’insertion sur le bassin Nord Est.

Ainsi, à ce jour, dans le cadre de la phase de construction de l’équipement, 48 personnes ont été concernées par l’axe d’insertion.

Cette clause a été introduite dans le cadre du contrat de concession par la CINOR avec pour objectif de permettre à un public ciblé de réaliser a minima 10.000 heures sur l’ensemble de la durée des travaux et dans tous les secteurs d’activité.

Le total des heures effectuées à ce jour, alors que le chantier est à environ 65% d’avancement général, montre que l’objectif contractuel sur ce volet a déjà été largement dépassé.

14.400 heures ont été réalisées à fin août 2012 au titre de l’insertion sur le chantier, signe de l’engagement de l’ensemble des entreprises intervenant sur le chantier et de leur prise en compte des problématiques sociales à La Réunion.


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