Environnement

Surpêche : Greenpeace lance une expédition dans l’océan Indien

L’Esperanza face à Petit Navire

Témoignages.re / 19 avril 2016

Greenpeace lance son navire, l’Esperanza, dans une expédition au cœur de l’océan Indien contre la surpêche et le n° 1 du thon en boîte, Thai Union, le groupe thaïlandais propriétaire de Petit Navire.

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L’Esperanza en opération au large de Grand-Baie à Maurice (photo Greenpeace).

Alors que certains stocks de thon de l’océan Indien s’effondrent, tel que le thon albacore, Thai Union continue de contribuer à la surexploitation des océans, notamment par le prélèvement excessif de thons juvéniles et les prises accessoires d’espèces marines, telles que les requins. Cette expédition de six semaines va permettre à l’équipage de documenter les méthodes destructrices des bateaux.

90 % des espèces marines commerciales aujourd’hui surexploitées

La plupart des bateaux qui pêchent le thon tropical utilisent ce que l’on appelle des dispositifs de concentration de poissons (DCP). L’industrialisation de la pêche au thon tropical, celui qui se trouve dans nos boîtes de conserve, a entraîné la diminution de moitié de la plupart des stocks ! Aujourd’hui encore, ce sont des dizaines de milliers de DCP qui sont déployés en mer chaque année par les bateaux de pêche. De l’aveu même des entreprises de pêche, environ 20 % des DCP sont perdus chaque année, abandonnés par leurs propriétaires. Ils s’échouent et polluent des récifs coralliens dans lesquels ils s’emmêlent et forment de nouveaux pièges pour les animaux marins.

Le pillage des océans

Une boîte de thon sur cinq vendues dans le monde est produite par Thai Union ou l’une de ses filiales, parmi lesquelles Petit Navire. Le leader français est l’un des plus mauvais élèves de la classe des marques présentes sur le marché français.

L’équipage de l’Esperanza a pour mission d’enquêter sur les méthodes destructrices des bateaux qui approvisionnent Thai Union, mais aussi de s’interposer sans violence face à ces pratiques de pêche non sélectives qui nuisent à la vie marine.

« Des centaines de milliers de personnes dans le monde ont déjà demandé à Thai Union de redresser la barre de ces pratiques destructrices. Si la multinationale a pris quelques mesures allant dans la bonne direction, ses timides engagements demeurent une goutte d’eau dans l’océan », souligne François Chartier, chargé de campagne Océan pour Greenpeace France à bord de l’Esperanza en ce moment.

Les entreprises ont tort de croire qu’elles peuvent piller les ressources de l’océan en toute impunité. Aujourd’hui, les consommateurs veulent avoir la certitude que le prix qu’ils paient pour leur boîte de thon n’est pas celui de la destruction des océans. « Si Thai Union et sa filiale française Petit Navire continuent de nous mener en bateau et de nous vendre du thon issu d’une pêche non durable, notre mouvement devra leur faire changer de cap en continuant d’agir sur terre mais aussi directement en mer », ajoute François Chartier.


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