Environnement

Tous les pays doivent montrer l’exemple

Lutte contre le réchauffement climatique

Sanjiv Dinama / 1er novembre 2009

Le président du Groupe d’experts intergouvernemental sur le changement climatique (Giec), Rajendra Pachauri, s’est dit vendredi dernier « raisonnablement confiant » sur un « succès » du Sommet de Copenhague sur le climat, en vue de la conclusion d’un traité en 2010. Plus de 85 chefs d’Etat ou de gouvernement devraient participer au Sommet de l’ONU sur le réchauffement climatique organisé du 7 au 18 décembre à Copenhague. Rappelons que l’augmentation de catastrophes naturelles liées au changement climatique pourrait coûter des milliards de dollars supplémentaires chaque année.

« J’ai une confiance raisonnable dans le fait que Copenhague sera un succès. J’espère un engagement qui constituerait une avancée en vue d’un accord solide à Mexico », où un nouveau Sommet sur le climat pourrait avoir lieu en 2010, a-t-il déclaré Rajendra Pachauri lors d’une conférence de presse à Madrid.

Plus de 85 chefs d’Etat ou de gouvernement devraient participer au Sommet de l’ONU sur le réchauffement climatique organisé du 7 au 18 décembre à Copenhague, selon l’entourage du Premier ministre danois, Lars Loekke Rasmussen.

Selon M. Rasmussen, invité à Port-of-Spain à un Sommet du Commonwealth largement consacré au réchauffement climatique, « la réponse aux invitations envoyées il y a deux semaines aux chefs d’Etat et de gouvernement a été jusqu’à présent incroyablement positive ».
« Un accord de poids — conclu au niveau des dirigeants — servira de feuille de route détaillée aux négociateurs pour définir rapidement un cadre légal. Plus l’accord sera solide, plus vite nous atteindrons notre objectif », a plaidé le Premier ministre danois devant les 53 membres du Commonwealth.

Avancée encourageante

M. Pachauri s’est en particulier félicité des objectifs chiffrés annoncés coup sur coup par les Etats-Unis et la Chine pour réduire leurs émissions de gaz à effets de serre.

L’annonce des Etats-Unis — 17% de réduction d’ici à 2020 par rapport à 2005, puis de 30% d’ici à 2025 et 42% d’ici à 2030 —, « est une avancée assurément très encourageante », même si elle n’est « pas à la hauteur de ce qu’aimeraient le monde entier », a-t-il estimé.

Le patron du Giec, dont l’organisme vise à éclairer la décision politique en matière de lutte contre le changement climatique, s’est toutefois montré prudent : « Ce qui a été dit (par Washington) n’a pas encore été ratifié par le Congrès » américain.
Après n’avoir « absolument rien fait pendant très, très longtemps », les Etats-Unis doivent « rattraper leur retard » et donner « l’exemple en tant que première économie mondiale », a-t-il ajouté.

Rajendra Pachauri s’est également « félicité que la Chine ait pris un engagement significatif ».
La Chine a annoncé jeudi pour la première fois un objectif de réduction de ses émissions de gaz à effet de serre par unité de PIB de 40 à 45% — par rapport à 2005 — en 2020, qui se traduirait concrètement par un ralentissement de l’augmentation de ses émissions.
« Je pense que c’est un important premier pas et qu’il est fort possible que la Chine fera aussi beaucoup plus si les pays développés avancent plus rapidement », a-t-il dit.

Il n’a pas exclu l’annonce à Copenhague d’engagements chiffrés d’autres pays en développement « comme le Brésil, le Mexique, et l’Inde, si les pays développés mettent de solides objectifs sur la table ».

L’Inde paraît être prête à embrayer. « La Chine nous a donné un signal de réveil », a ainsi affirmé vendredi dernier le ministre indien de l’Environnement, Jairam Ramesh, dans un entretien au quotidien “Hindustan Times”. « Nous devons maintenant bien réfléchir à notre stratégie sur le climat et chercher la flexibilité pour éviter d’être isolés à Copenhague », a-t-il ajouté.

L’Europe, le Japon et l’Australie : « de bons élèves avant Copenhague »

L’Europe, « qui a été très consistante », le Japon, ainsi que l’Australie, « qui fait des efforts importants », sont « clairement en haut de l’échelle », « de bons élèves avant Copenhague », a-t-il estimé.
« Nous allons probablement dans la bonne direction, bien que pas à la bonne vitesse », selon le responsable du Giec, qui a reçu en 2007 le Prix Nobel de la Paix pour son combat contre le changement climatique.
« Il n’y a pas de doute que nous sommes en train de perdre du temps et que plus nous en perdrons, plus l’impact du changement climatique sera fort », a-t-il ajouté, tout en reconnaissant l’énorme difficulté à trouver un accord mondial sur la question.

Rappelons que l’augmentation de catastrophes naturelles liées au changement climatique pourrait coûter des milliards de dollars supplémentaires chaque année, a réaffirmé jeudi dernier le géant allemand de la réassurance, Munich RE.

Les statistiques de la compagnie « montrent qu’au niveau mondial, le nombre moyen de catastrophes graves liées à la météo, dont ouragans, inondations et sécheresses a été multiplié par trois depuis le début des années 1980 », affirme Munich RE dans un communiqué.

Le coût des catastrophes naturelles a atteint 1.600 milliards de dollars entre 1980 et 2008, dont 465 milliards pour des dégâts assurés.
Pour la seule période 2000-2008, les coûts totaux ont atteint 750 milliards de dollars, dont 280 milliards étaient couverts par des assurances, selon Munich RE.

Le secteur des transports, important émetteur de CO2 à La Réunion

Jusqu’à 28.000 milliards de dollars, soit 18.840 milliards d’euros, c’est ce que pourraient causer les dommages d’inondations dans plus d’une centaine de grandes villes côtières à la suite de la fonte des glaces en 2050, selon une étude publiée par le WWF et l’assureur Allianz. Si les politiques actuelles en matière de protection du climat ne changent pas, il est plus probable que nous enregistrions une hausse de 2 degrés en 2050, selon les experts. C’est la raison pour laquelle nous devons tout mettre en œuvre pour empêcher une hausse des températures supérieure à 2 degrés par rapport aux températures pré-industrielles.
Tous les pays doivent montrer l’exemple.

A La Réunion, le secteur des transports est émetteur de CO2, responsable du réchauffement climatique. La lutte contre le réchauffement climatique passe donc par un changement du modèle des transports. Le tram-train est plus que nécessaire afin de donner l’exemple afin de réduire les émissions de CO2.

Sanjiv Dinama


Kanalreunion.com