Environnement

Un arbre passe au scanner

Environnement : expertise de l’ONF

Témoignages.re / 9 mars 2012

La Direction régionale de l’ONF (Office national des forêts) accueille de nouveau Joël Roux, expert senior du réseau arbre conseil. Le but de son séjour : informer sur le savoir-faire des équipes ONF en matière de diagnostic et d’expertise phytosanitaire, biomécanique et de sécurité. Joël Roux a profité de son passage sur l’île pour faire une démonstration hier d’un outil novateur pour le forestier, le tomographe, un scanner portatif pour arbres.

Avenue de la Victoire à Saint-Denis hier. Le tronc d’un bois noir, âgé d’environ 15 ans, est entouré de 10 capteurs reliés à des petits clous, sur lesquels un expert de l’ONF tape pour générer une impulsion de type sonore. Les capteurs, reliés à un ordinateur, permettent de dessiner une cartographie numérique qui détermine les zones altérées de l’arbre en fonction d’un code de couleurs. 


L’expert de l’ONF, Joël Roux, diagnostique en fait l’état interne du végétal à l’aide du tomographe. Cet appareil permet de détecter des foyers de pourriture et de cavités dans les arbres sur pied, et son utilisation n’occasionne qu’un très léger traumatisme pour l’arbre, « alors que jusqu’à maintenant, le diagnostic se faisait en perçant l’arbre directement, ce qui est dommageable à moyen terme », précise-t-il.



Le diagnostic de cet arbre est établi « dans un objectif de sécurisation », souligne l’expert senior. En effet, il s’agit de définir si l’arbre représente un éventuel risque pour la population, s’il est possible qu’il tombe sur des voitures ou sur des gens. « Notre rôle est d’analyser l’état interne de l’arbre, puis de faire des préconisations en fonction de ce qu’on a relevé. Ce sont ensuite aux organismes qui font appel à nous de prendre les décisions », ajoute Joël Roux. En fonction de l’altération du bois et des creux qui se sont formés, l’expert conseille ainsi une diminution de l’arbre ou un abattage. 



Les collectivités, gestionnaires d’espaces publics ou propriétaires privés, peuvent faire appel aux services de l’ONF pour le diagnostic d’arbres afin d’en connaître l’état de santé et de dangerosité. Trois personnes ont en effet été formées pour seconder les experts dans le cadre de leur pratique quotidienne. Le tomographe ne restera cependant pas à La Réunion, mais pourra revenir de temps à autre. « Au niveau national, on a acquis 4 appareils de ce type, et son coût est plutôt élevé. Ils sont amenés à ne pas rester au même endroit », note Joël Roux. Les diagnostics peuvent aussi être effectués par un autre appareil, le résistographe. 



Samia Omarjee pour www.ipreunion.com


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