Environnement

Un état de catastrophe naturelle

Témoignages.re / 1er février 2011

Suite aux événements météorologiques de ces dernières 72 heures, la chambre d’Agriculture de La Réunion a adressé une lettre à Bruno Lemaire, ministre de l’Agriculture afin de lui faire part de l’urgence à mettre en oeuvre la procédure de catastrophe naturelle sur l’ensemble du Département.

« Depuis 72 heures, la Réunion fait face à un épisode pluvieux exceptionnel causant des dégâts sur l’agriculture réunionnaise particulièrement dans les régions Nord, Est et Ouest.
Une première estimation des pertes agricoles fait état de plus de 6,5 millions d’euros. Ces chiffres sont à prendre avec précaution puisqu’ils ne prennent pas en compte les pertes indirectes qui n’ont pu être évaluées (retenues colinaires,...). De plus si des mesures ne sont pas prises rapidement, nous risquons de connaître une pénurie de légumes dans les prochaines semaines.
Les cultures particulièrement sensibles aux aléas climatiques, comme le maraîchage, sont touchées à plus de 95% sur les régions de production traditionnelle (La Bretagne, La Possession, Les Hauts de l’Ouest).
Les cultures florales de plein champ ont été particulièrement touchées avec une perte quasi totale dans les zones de cultures traditionnelles. Plus de 21 hectares de productions florales de plein champs sont quasiment perdus pour la période de Pâques.
Les parcelles de letchis, d’ananas et de mangues qui sont actuellement en production (environ 1800 T) vont souffrir avec le retour du soleil et vont considérablement affecter la qualité des fruits qui ne seront plus commercialisables d’ici 15 jours.
La filière canne est plus problématique à évaluer : les jeunes cannes ont subi un ravinement ainsi qu’un lessivage des engrais. On estime aujourd’hui à 175 hectares (20% des surfaces replantées), les parcelles affectées par les pluies, soit un préjudice de 180 000 C.
Comme à chaque aléa climatique, les infrastructures ont particulièrement souffert de ces pluies : les chemins d’exploitation sont souvent fragiles et non consolidés. Depuis plusieurs années, le constat sur les chemins d’exploitation reste le même. Faute d’un programme de bétonnage des chemins, chaque coup de pluies nécessite un épandage de gravats jusqu’au prochain coup de pluies.
Un premier recensement fait état de 200 kilomètres affectés à des degrés divers, dont la remise en état nécessiterait plus de 220.000 euros.

Face à ce constat, la Chambre d’Agriculture sollicite de mettre en oeuvre la procédure de catastrophe naturelle sur l’ensemble du Département et d’étendre les compétences du comité d’expertise sècheresse aux dégâts des pluies ».


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