Environnement

Un moment d’échange et de partage

Semaine du Développement durable

Cinthia Fontaine / 6 avril 2012

Dans le cadre de la Semaine du Développement durable, le bureau d’étude Be Green engineering organisait hier, 5 avril, un Eco-meeting innovation. Cette journée d’information et d’échange sur les thèmes "Développement durable : philosophie ou réalité ?" et "Vers un nouveau modèle de croissance ?" s’est déroulée à l’Hôtel Lux.

Le programme de la journée offrait sept interventions sur des projets innovants en termes de développement durable suivi d’échange avec le public constitué autant de privés que d’institutionnels. Après le mot de bienvenue, M. Giraudeau, de Ceris ingénierie, a présenté le progiciel CUB2D, un projet européen de système expert d’analyse de la durabilité des projets de construction et d’urbanisation, permettant de modéliser de manière simultanée les impacts environnementaux, économiques, sociaux et la gestion des risques.
M. Gaudin, de Gaudin Ingénierie, a parlé de l’intérêt de l’étude en coût global sur une opération de construction. Elle vise à anticiper les contraintes de fonctionnement, d’exploitation, de maintenance et de déconstruction lors de la construction d’un ouvrage. Il s’agit d’un outil d’aide à la décision, qui permet de réduire les coûts du bâtiment et d’optimiser la valeur résiduelle.
M. Couapel, de DOM’EAU, a présenté son entreprise, spécialisée dans le traitement des eaux usées à La Réunion et dans la zone océan Indien, et sa dernière réalisation à l’export.
Mme Fournel et M. Tong-Yette, délégués de la Région, ont exposé les projets du Trans-Éco Express et la politique Développement durable du Conseil régional.
M. Vandomel, de Be Green, organisateur de la journée, a présenté la vidéo d’une opération particulière menée par la société et ses partenaires, suivie d’une intervention de M. Berudes, de Bioalgostral, présentant le procédé innovant pour produire du biocarburant à partir de microalgues. M. Noir, de GREEN by DESIGN du Groupe WSP (Afrique du Sud), a présenté deux exemples de constructions à l’international, le centre d’innovation de Vodafone à Midrand en Afrique du Sud et l’institut Wangari Maathai à Nairobi.
Mme Locate, architecte, a évoqué l’histoire et le développement des écoquartiers et les exemples réunionnais.
La journée avait pour but, dans le cadre de la SDD, de faire un état des lieux à La Réunion et dans l’océan Indien, de voir comment sont perçues les nouvelles contraintes liées au développement durable et à ce changement dans les mentalités. C’était pour Be Green l’occasion de créer une fenêtre d’échanges et de partage entre les acteurs du développement, car cela manque souvent dans ce milieu.

CF 

L’environnement au cœur du bâtiment

La journée était organisée par Be Green, bureau d’études pluridisciplinaire qui intervient dans le bâtiment, l’infrastructure et l’environnement. La société a été créée par Fabrice Vendomel, Réunionnais qui, après une quinzaine d’années de travail en France, a choisi de prendre son indépendance sur son île. Après un an d’existence, elle emploie une quinzaine de personnes à La Réunion et a créé un bureau à Nice. Le bureau d’études possède une adresse en Afrique du Sud où elle travaille en collaboration avec WSP. Il intervient de la conception à la réalisation dans tous types de bâtiments, autant pour la construction que pour la réhabilitation. Il travaille actuellement à La Réunion pour des bâtiments à vocation commerciale, différentes SEM ainsi qu’à la réhabilitation du Musée de Stella, et aussi à Maurice et Madagascar. « Sur chaque projet, l’environnement est au cœur. Dans le public, le message a parfois du mal à passer, le coût reste primordial, les mentalités évoluent doucement, mais dans le privé, la compréhension est plus grande, explique M. Vendomel. Ce qui manque le plus à La Réunion, ce sont des formations dans ces secteurs, mais il ne faut pas oublier que ces formations doivent se faire dans le cadre d’une exportation et importation des savoir-faire afin d’intégrer la zone océan Indien ».

L’innovation réunionnaise au cœur de l’océan Indien

Nos contraintes font nos atouts

DOM’EAU est spécialisée dans le traitement des eaux usées. L’entreprise a été créée il ya 20 ans, et depuis, elle a su exporter son savoir-faire. « Les contraintes réunionnaises nous ont obligés à nous adapter à certains impératifs, comme le manque de foncier ou le climat. L’étroitesse du marché réunionnais a fait que nous avons diversifié nos savoir-faire, à être bons partout. Ces contraintes qui peuvent être des handicaps sont devenues le moteur de notre développement », explique Gilles Couapel. La société a créé deux filiales à Maurice et à Madagascar. Elle est présente à Mayotte, aux Seychelles, aux Comores, en Afrique du Sud, au Maroc, mais aussi dans des territoires où l’installation est un défi, comme Europa, Tromelin et les TAAF.

Parmi ces grandes réalisations, on peut noter celle de l’usine sucrière de Sainte-Suzanne qui lui permet d’être énergétiquement autonome. Le méthane utilisé pour les fours est un produit du procédé de traitement des rejets.

Lors de l’Eco-meeting, M. Couapel a présenté une autre réalisation de la société, l’unité de traitement des rejets industriels de l’usine de Coca-Cola à Andraharo. DOM’EAU est maintenant une des 7 entreprises au monde à être agrémentée par le fabricant. Pour ce chantier, qui présentait un cahier des charges spécifique, l’innovation a payé. La difficulté de dégrader les rejets a imposé le choix d’un bioréacteur aérobie à biomasse avec des bactéries spécialisée. Les plus de DOM’EAU ont été entre autres le bassin vitrifié qui permet un montage rapide et a une très bonne résistance au climat tropical.

La Région Réunion en manque d’innovation

Dans le cadre de leurs interventions, les délégués de la Région ont présenté un bilan de la politique de Développement durable à la sauce Robert. Peu d’avancées en la matière… de l’innovation tellement réchauffée qu’elle galvaude le terme même. Pour le Trans-Éco-Express, la Région peut se glorifier d’avoir subventionné 132 bus à des entreprises privées ou ne dépendant en aucun cas de la Région qui n’a aucune compétence en matière de transport public routier. Après deux ans d’annonces publicitaires étalées dans les médias, elle peut aussi mettre en avant… une centaine de kilomètres de voie en site propre subventionné en grosse partie pour la CIVIS, donc dans le Sud…

Mais le plus navrant a été la présentation du Plan Réunion, île solaire, grande réussite de la Région Réunion… jusqu’il y a deux ans, à l’arrivée de Didier Robert. Le plan égrène les propositions de l’ancienne mandature, l’autonomie énergétique, mais en 2030, car validée en métropole par le Gerri, avec chauffe-solaire, aide à l’installation de centrales photovoltaïque privée… En même temps, quand les idées sont bonnes, il faut les garder ! L’évocation de transport par câble, d’énergie des mers, de géothermie a, elle, permis de clarifier à quel point la collectivité est dépassée par ces projets véritablement innovants.


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