Environnement

Un véhicule amphibie au secours de l’Étang

Saint-Paul

Cinthia Fontaine / 11 septembre 2010

La Réserve naturelle de l’Étang Saint-Paul est équipée depuis le 6 septembre d’un véhicule amphibie qui permettra d’éviter l’envahissement des canaux par des espèces végétales aquatiques.

D’un seul coup de pelle, le nouvel engin amphibie nettoie quelques mètres carrés de laitue et jacinthe d’eau, laissant enfin respirer les flots de l’Étang. Le véhicule muni de chenille pour la terre et de flotteur dans l’eau permet d’opérer sans remuer les fonds vaseux, évitant ainsi toute pollution par remise en suspension de toxines naturelles, du nickel étant présent dans la vase.
Actuellement, les 6 canaux principaux sont envahis par ses espèces végétales qui prolifèrent rapidement et asphyxient le milieu aquatique. Ce phénomène (euphorisation) est défavorable aux espèces aquatiques particulièrement les poissons et les invertébrés aquatiques. De plus, l’extraction des végétaux envahissants permet une meilleure circulation de l’eau dans les canaux permettant de mieux contrôler les niveaux d’eau et d’éviter l’engorgement en amont lors de fortes pluies ou de phénomènes cycloniques.
La pelle amphibie possède des propulseurs hydrauliques entraînés par un moteur thermique, elle est capable de s’adapter au niveau de l’eau comme de s’incliner pour remonter les berges.
L’engin a été acquis grâce au fonds du Département de La Réunion (90.000 euros) et la commune de Saint-Paul gestionnaire de la réserve (173.096 euros). Le prix comprend l’achat de l’engin, la formation du personnel et la maintenance pour 60 mois.

CF


Un espace d’exception

La Réserve naturelle de l’Étang Saint-Paul a été créée le 2 janvier 2008 afin de protéger les milieux naturels remarquables ou menacés qu’elle contient. Complexe marécageux s’étendant sur 447 hectares, elle compte :

- des espèces végétales, qui se répartissent en 13 associations distinctes, dont 39 espèces intéressantes, et 22 espèces particulièrement remarquables ;
- une avifaune riche de 26 espèces d’oiseaux, parmi lesquelles certaines sont endémiques, et 65% sont protégées. Par ailleurs, l’intérêt de la zone humide pour l’accueil d’espèces migratrices est très important (31% du total) ;
- une richesse entomologique importante, qui malgré un inventaire partiel, laisse déjà apparaître 231 espèces d’insectes.
Situé en partie aval d’un bassin versant estimé à 98 kilomètres carrés, c’est un secteur fortement soumis aux variations du niveau des eaux.
Ce biotope de zone humide est nécessaire au maintien d’équilibres biologiques originaux, et présente de grands intérêts qui sont à considérer dans le contexte réunionnais, notamment sur le plan de l’écologie mais aussi du tourisme et du patrimoine.

Source : http://www.reunion.ecologie.gouv.fr/rubrique.php3?id_rubrique=336


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