Environnement

Une campagne scientifique au service de l’avenir de la pêche australe

Les TAAF lancent POKER II

Sophie Périabe / 24 août 2010

Vendredi dernier, une équipe scientifique a embarqué à bord de l’Austral, destination le plateau de Kerguelen pour une mission de 30 à 45 jours. POKER II (POisson KERguelen) permettra d’évaluer la dynamique des populations et l’état des stocks en regard de la dernière campagne d’évaluation menée en 2006.

Basée sur le modèle de la première campagne POKER qui a été réalisée en septembre/octobre
2006 autour du plateau de Kerguelen, POKER II permettra de conforter les résultats de 2006 et d’évaluer les tendances récentes de toutes les populations de poissons présentes sur la partie nord du plateau de Kerguelen et notamment la légine australe. Cette évaluation a vocation à dégager une vision sur l’évolution à moyen terme de l’ensemble des ressources halieutiques présentes dans la Zone Economique Exclusive (ZEE) de Kerguelen en ouvrant la possibilité de fixer des quotas pluriannuels. Elle devra également permettre d’étudier les possibilités d’exploitation d’autres ressources halieutiques telles que le poisson des glaces et le colin austral.
Une équipe scientifique de 8 personnes (trois contrôleurs des pêches, deux assistants, un agent de la Réserve Naturelle des TAAF, un technicien ou chercheur en halieutique et un chef de mission) a embarqué vendredi à bord de l’Austral pour une mission de 30 à 45 jours.
Les TAAF assurent le pilotage et la coordination de cette opération ; elle représente un coût de 1,8 million et est financée par la revente de produits capturés, une subvention du ministère chargé des pêches et une contribution des différents partenaires et notamment les armements impliqués dans cette pêcherie.
POKER II est une opération importante face aux incertitudes concernant la dynamique des populations et l’état des stocks. L’objectif, à long terme, est de permettre aux TAAF de mieux gérer les ressources halieutiques présentes dans la ZEE de Kerguelen.
Une gestion durable de la pêche australe assurera la stabilisation des stocks de poissons pour que les générations futures puissent elles aussi bénéficier des ressources halieutiques.

 SP 


La pêche à la légine

La légine australe Dissostichus eleginoides est l’une des rares espèces de poissons capables de coloniser les eaux froides de l’océan Austral grâce à la présence dans son sang de composés antigels. Elle est abondante dans les Zones économiques exclusives (ZEE) de Kerguelen et
Crozet qui font partie du territoire des Terres australes et antarctiques françaises (TAAF).
Classée dans la famille des Nototheniidae (poissons des glaces), la légine australe est une espèce à forte valeur commerciale, une des plus chères au monde, appréciée pour sa chair blanche et fondante. C’est une espèce carnassière, qui peut atteindre plus de 2 mètres et plus de 80 kg.
La France possède le premier quota au monde (5800 tonnes). Cette pêcherie est la deuxième de France en valeur. Elle constitue le deuxième secteur exportateur de La Réunion et génère 250 emplois directs et plus d’un millier d’emplois indirects.
Elle est pratiquée par des armements français, tous basés à la Réunion, où la réglementation spécifique des TAAF impose de débarquer toutes leurs captures.
La pêche à la légine australe, dans les ZEE de Crozet et Kerguelen, est une pêcherie sélective qui est pratiquée par des palangriers à une profondeur de plus de 500 mètres (la légine vit par grande profondeur). La palangre est une ligne déroulée à l’arrière du navire de pêche, sur laquelle sont fixés, tous les 1,20 mètre, des hameçons reliés à un « avançon » (petite ligne de
60 cm).


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