Environnement

Une gestion durable de la pêche australe

Terres australes et antarctiques françaises

Sophie Périabe / 25 août 2010

La gestion de la pêche est une compétence propre aux Terres australes et antarctiques françaises (TAAF).
Les TAAF gèrent essentiellement trois pêcheries : la légine localisée dans les zones économiques exclusives (ZEE) de Kerguelen et de Crozet, la langouste dans la ZEE des îles Saint-Paul et Amsterdam, ainsi que le thon dans les îles Éparses.
Pour que ces espèces ne soient pas menacées, les TAAF ont mis en œuvre un concept de gestion des ressources halieutiques tenant compte de l’ensemble de l’écosystème.

Dans les eaux australes, six armements réunionnais exploitent sept palangriers et un navire usine langoustier : Armas Pêche, Les Armements Réunionnais, Cap Bourbon, Comata, Pêche
Avenir et Sapmer. Pour éviter la surexploitation et l’effondrement des stocks de poissons, les TAAF ont mis en place une gestion durable basée sur 4 piliers.
Tout d’abord, le muséum d’histoire naturelle suit, depuis plusieurs décennies, les populations halieutiques et bénéficie ainsi d’une expertise internationale incontestable. Dans le cadre de l’accord bilatéral signé le 24 novembre 2003 relatif à la coopération dans les zones maritimes adjacentes aux Terres Australes et Antarctiques Françaises à l’île Heard aux îles McDonald, la France et l’Australie mettent en œuvre de manière active le volet de "coopération scientifique". Les deux pays travaillent conjointement sur la recherche halieutique du plateau de Kerguelen dans son ensemble.
Par ailleurs, une réglementation stricte existe afin de protéger les ressources et leur environnement. Le préfet, administrateur supérieur définit, après avis du muséum d’histoire naturelle et des ministères concernés, des totaux admissibles de capture (TAC) qui sont ensuite répartis par navire. Plusieurs autres dispositions ont ainsi été adoptées.
La pêche à la légine, par exemple, n’est autorisée qu’à 500m de profondeur et qu’à certaines périodes pour éviter la capture de poisson juvénile et lutter contre la mortalité aviaire.
Un contrôleur de pêche est systématiquement embarqué à bord des navires pour veiller au respect de la réglementation.
Quinze contrôleurs de pêche se sont ainsi succédés sur les différents navires au cours de la saison de pêche 2009-2010. Aucune infraction notoire aux règles de pêche dans les ZEE n’a été relevée. La coopération entre les pêcheurs, les scientifiques et l’administration de ces pêcheries est basée sur un dialogue permanent concernant le respect des contraintes nationales et internationales en matière de protection de l’environnement et des ressources.

La coopération pour lutter contre la pêche illicite

Enfin, les TAAF luttent également contre la pêche illicite, pratique courante dans cette zone.
L’observation satellitaire des ZEE par le système « Radarsat » complète les patrouilles des bateaux de la marine nationale et du bateau de surveillance, l’Osiris.
Ces moyens permettent aujourd’hui de maintenir les activités illégales à l’extérieur des ZEE où il n’existe pratiquement pas de fonds de pêche
L’accord bilatéral entre la France et l’Australie permet aussi de renforcer la surveillance de la zone de pêche en totale coopération. Grâce à ce texte en effet, les bâtiments de patrouille de chacun des deux pays peuvent exercer une mission de police des pêches dans les eaux de leur voisin, et réciproquement. Cet exemple unique au monde permet d’optimiser les moyens du dispositif de surveillance et de réduire les délais d’approche des navires illicites.
Grâce à ce concept durable des ressources, les stocks de légine sont aujourd’hui stabilisés.

SP


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