Quel avenir

Alon batay ansanm pou fé konèt é aplik in politik pou lo dévlopman dirab nout péi !

Ce mardi, début de l’édition 2014 de la Semaine du Développement Durable

LB / 1er avril 2014

Depuis quelques années, à La Réunion comme en France, des institutions et associations organisent des actions du 1er au 7 avril pour célébrer ce que l’on appelle la Semaine du Développement Durable. Ces actions ont pour objectif de faire connaître à la population quelques pistes à suivre pour aller vers un développement durable à La Réunion et dans le monde.

Malheureusement, comme un réel développement durable, responsable et solidaire, oblige les classes dominantes à remettre en cause tout le système actuel en place, celles-ci et leurs représentants politiques i fé pa in kont èk sa ! En dehors du PCR et d’autres forces démocratiques comme de leurs élu(e)s, tout est fait par les élites corrompues au pouvoir pour ne pas faire connaître l’ensemble des piliers d’un développement durable de La Réunion et surtout pour ne pas mener une politique dans ce sens.

C’est pourquoi nous profitons de l’ouverture de cette semaine pour rappeler au moins 6 piliers incontournables d’une telle politique, afin de sortir notre pays de l’impasse où l’enferme le système néo-colonial aux mains des profiteurs et des diviseurs. Une réalité aux effets dramatiques, dont on n’a pas fini de prendre conscience.

En effet, il n’y aura pas de développement durable à La Réunion…

- …sans une économie sociale et solidaire ; c’est à dire sans une libération de notre peuple du système capitaliste, qui par la loi du profit, de la compétitivité, de la finance… prive la majorité de la population du respect de ses droits fondamentaux (emploi, logement, formation…) et ne cesse d’accentuer les discriminations et autres injustices ici et partout ailleurs dans le monde.

= …sans une société équitable ; c’est à dire sans un juste partage des richesses et des revenus, sans une politique fiscale et bancaire juste, sans une politique des prix et du coût de la vie légitime ; cela passe donc aussi par l’éradication de l’extrême pauvreté et l’abolition de l’apartheid social institutionnalisé à La Réunion.

- …sans un respect de notre environnement ; c’est à dire notamment sans une élimination de toutes les formes de pollution dans les énergies (pétrole, charbon…), dans l’agriculture (engrais chimiques, pesticides), dans l’alimentation, dans les médicaments, dans les modes de déplacements etc, afin de préserver la santé et la biodiversité.

- …sans une valorisation de notre identité réunionnaise ; c’est à dire sans la reconnaissance, le respect, l’enrichissement continuel de l’identité culturelle spécifique du peuple réunionnais, avec notamment l’enseignement de la langue créole, la connaissance de listwar nout péi, nout nasyon, la promotion de la pensée créole réunionnaise ouverte sur le monde.

- …sans une gouvernance démocratique réunionnaise ; c’est à dire sans un pouvoir de décision par le peuple réunionnais lui-même — et notamment les plus pauvres du pays — sur tout ce qui le concerne ; car il ne peut pas y avoir de développement humain dans un pays sans démocratie.

- …sans un co-développement régional solidaire ; c’est à dire sans un partenariat équitable avec tous les peuples frères de l’Indianocéanie et ceux des pays autour de l’océan Indien, notre région ; ce qui n’empêche pas la mise en œuvre également d’un partenariat équitable avec la République française et l’Union européenne.

Voilà quelques pistes de réflexions à développer et d’actions à mener pour donner un sens réel et authentique à la célébration du développement durable de La Réunion. C’est un message à adresser également aux décideurs (politiques et autres) afin de voir ce qu’ils vont faire pour en tenir compte.
En tout cas, plus que jamais, alon batay ansanm pou fé konèt é aplik in politik pou lo dévlopman dirab nout péi !

L. B.


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