Quel avenir

Comment lutter contre les mycotoxines qui contaminent la nourriture ?

25% des cultures vivrières touchées selon la FAO

Témoignages.re / 22 mai 2014

Du 5 au 6 juin 2014 se dérouleront à l’Université Montpellier 2, les Journées nationales Mycotoxines , initiées en 2010 à Montpellier par l’UMR Qualisud du Cirad, qui en portera l’organisation en 2014. Précisions du CIRAD :

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Gros plan sur une tomate touchée par la moisissure abritant des mycotoxines.

Les mycotoxines posent un problème récurrent de santé publique et induisent des pertes économiques importantes. Ces toxines, issues de moisissures, contaminent en effet de nombreuses denrées d’origine végétale, notamment les céréales mais aussi les fruits, noix, amandes, grains, fourrages ainsi que les aliments dérivés de ces matières premières et destinés à l’alimentation humaine et animale.

« Dans ce contexte il existe une réelle nécessité de communication entre les chercheurs français et européens sur la problématique », précise Didier Montet, chercheur au Cirad, « les contacts établis entre les laboratoires lors des quatre premières organisations ont conduit au montage de quatre projets ANR et de plusieurs projets internationaux ».

Des toxines à large spectre de diffusion

Parmi les produits et aliments d’origine végétale, les céréales et leurs produits dérivés (y compris les produits de fermentation tels que les bières), le café, le cacao, le vin présentent un facteur de risque important compte tenu de la fréquence de contamination et de leur consommation importante en Europe quel que soit le régime alimentaire.

La contamination peut intervenir au champ lorsque les moisissures toxinogènes envahissent leur substrat et produisent la ou les mycotoxine(s) sur les plantes. Elle peut également intervenir au cours du stockage lorsque les toxines sont produites après récolte.

25% des cultures vivrières attaquées

De nos jours, parmi plus de 300 mycotoxines différentes qui ont été isolées et caractérisées, une trentaine possèdent des propriétés toxiques présentant un réel risque pour la santé humaine et animale (ANSES, 2009).

D’après la FAO, 25% des cultures vivrières de la planète sont attaquées par des moisissures productrices de mycotoxines et les pertes totales de denrées alimentaires dues aux mycotoxines sont estimées à près de 1 000 millions de tonnes par an (FAO, 2008).

Les mycotoxines actuellement considérées comme importantes du point de vue agro-alimentaire et sanitaire sont les aflatoxines (pour les céréales et les noix), les ochratoxines (pour le vin, le café, le cacao), la patuline, les fumonisines, la zéaralènone et les trichothécènes et tout spécialement le déoxynivalénol (DON).

Dans un même groupe structural de toxines, la toxicité peut varier considérablement d’une toxine à une autre et le danger n’est pas toujours lié à la toxine elle-même, mais peut aussi provenir de ses métabolites.

Question de santé publique

La toxicité de ces différents métabolites secondaires a été largement étudiée chez l’homme et l’animal (IARC, 1997 ; ANSES, 2009) et ces études ont conduit à la mise en place d’une réglementation européenne.

120 chercheurs français et européens qui pourront échanger sur leurs travaux sont aussi attendus sur le site de l’Université Montpellier 2, dans les locaux de Polytech, les 5 et 6 juin 2014. Des partenaires irlandais qui font référence dans le domaine seront présents dont le Dr Katrina Campbell qui dirige une grande équipe à l’université Queen de Belfast, et qui est le responsable du réseau Safe Food international.

Un appel d’offre européen ( Horizon 2020) devrait paraître sur le thème en 2014 et ces rencontres seront l’occasion d’initier des projets collaboratifs de dimension internationale. La participation de sociétés privées et d’industriels est également attendue.


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