Quel avenir

Deux fois plus de personnes âgées dépendantes en 2030 à La Réunion

Présentation de l’Etude ARS OI, INSEE et Conseil Général

Témoignages.re / 2 juin 2014

C’est accompagnée de Nicolas DURAND, Directeur Général Adjoint de l’Agence de Santé océan Indien et de Valérie ROUX, Directrice régionale de l’Insee La Réunion-Mayotte que Nassimah DINDAR a présenté les résultats d’une étude commandée par la Collectivité sur « les personnes âgées dépendantes ». Ces dernières seront deux fois plus nombreuses à La Réunion en 2030.

En 2012, 13 300 Réunionnais âgés de 60 ans ou plus sont reconnus dépendants à La Réunion et bénéficient de l’allocation personnalisée d’autonomie (APA) ; ces personnes ont besoin d’aide pour effectuer les actes de la vie quotidienne comme s’habiller, se laver, se nourrir.

Le papy-boom ferait doubler la population dépendante en 2030

Entre 2010 et 2030, la population âgée d’au moins 60 ans devrait passer de 100 000 à 225 000 personnes, en raison de la croissance de la population et de l’arrivée aux âges élevés des générations plus nombreuses des années cinquante et soixante. La part des séniors dans la population doublerait, passant de 12% à 23% en 2030.
Quel que soit le scénario de projection, le nombre de personnes âgées dépendantes doublerait également en 2030. Selon le scénario central, il atteindrait 26 700 personnes (+ 4% par an), avec un gain d’espérance de vie de 2,3 ans d’ici 2030. Le taux de dépendance des personnes âgées de 60 ans ou plus resterait stable autour de 12% (8,7% pour les hommes et 14,3% pour les femmes). Celui de France métropolitaine, de 9% actuellement, devrait également se maintenir.
Quel que soit l’âge, la dépendance est plus forte pour les Réunionnais et intervient plus tôt, en raison de la moins bonne santé des Réunionnais. La mortalité prématurée (avant 65 ans) est notamment plus importante à La Réunion : 37% des décès contre 20% en métropole. Les affections de longue durée pour cause de diabète ou de maladie cardio-vasculaire sont également plus fréquentes. Par exemple, il faut attendre l’âge de 83 ans en métropole pour atteindre un taux de dépendance identique à celui des Réunionnais âgés de 75 ans. Enfin, un Réunionnais dépendant sur trois est aujourd’hui en état de dépendance lourde.

Neuf personnes dépendantes sur dix vivent à domicile

La dépendance est très majoritairement prise en charge à domicile. Ainsi, 12 200 Réunionnais dépendants vivent à domicile, soit neuf personnes dépendantes sur dix contre six sur dix en métropole. Même en cas de dépendance lourde, 83% des Réunionnais sont pris en charge à domicile, bien plus qu’en métropole (49%).
Les conditions de ce maintien à domicile semblent plus favorables à La Réunion, avec une solidarité familiale encore bien ancrée. Néanmoins, l’aspect financier peut aussi expliquer le maintien des personnes âgées dépendantes à domicile, avec une population réunionnaise, et des personnes âgées en particulier, fortement confrontées à la précarité. L’obligation alimentaire, qui consiste à faire participer les familles qui ont des revenus d’activité ou de patrimoine aux frais d’hébergement, peut constituer un frein à l’entrée en établissement d’une personne âgée.
Pour l’aide à domicile, les séniors peuvent choisir d’employer directement un salarié (gré à gré), qui peut être un membre de la famille. Elles peuvent aussi recourir aux services de professionnels d’une structure agréée prestataire, pour simplifier les démarches administratives. Entre 2009 et 2012, le recours à un prestataire agréé a doublé, passant de 15% à 29%, la part du gré à gré diminuant d’autant.

« Une société qui garde sa place aux personnes âgées »

Cette occasion a permis à la Présidente de rappeler que les personnes âgées en général et les personnes âgées dépendantes en particulier, devaient être reconnues comme des citoyens à part entière de la cité : « engager une politique en faveur des personnes âgées, c’est permettre à ces personnes, comme aux autres, d’avoir une place au sein de nos sociétés, mais pas une place à part.

Ces études sont des outils au service d’une politique humaniste. Nous devons nous interroger sur les besoins fondamentaux de notre société car certains de ces besoins sont satisfaits par nos gramounes. Ils contribuent à l’équilibre de nos sociétés. Nous ne pouvons plus raisonner sur des dispositifs. Nous devons raisonner sur la société que nous voulons construire, une société où chacun doit avoir sa place, quelque soit son âge, quelques soit sa particularité. Au Conseil Général, nous avons toujours défendu une société qui garde sa place aux personnes âgées. Aujourd’hui, cette étude nous donne raison. Nos vieux ont de l’avenir, donnons le leur ».


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